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On pourroit trouver étrange que dans raccommodement que fit monsieur le Prince de monsieur le Duc de la Force avec monsieur de Théobon, je ne rapporte pas les raisons de monsieur de la Force sur les difficultés qu'il fit d'acquiescer à ce que monsieur le Prince désiroit de lui. Ces raisons sont d'abord, que monsieur de Théobon s'étoit comme tout à fait détaché de monsieur de la Force et du parti de ceux de la Religion, étant sorti et ayant abandonné Sainte-Foi, et s'étant comme jeté entre les bras de monsieur le Prince, ayant auparavant envoyé de ses gens vers lui, et ensuite en ayant reçu de monsieur le Prince avec de fort belles promesses; et bien que monsieur de la Force eût connoissance de tout, il ne laissa pas de lui écrire et d'envoyer même un gentilhomme vers lui pour le convier d'assister au traité auquel il étoit sollicité par monsieur de la Ville-aux-Clercs,, ce que monsieur de Théobon refusa sous la créance qu'il avoit, ou que ce traité ne réussiroit point, ou qu'il feroit mieux sa condition tout seul avec monsieur le Prince que non pas avec monsieur de la Force; et finalement monsieur de la Force n'ayant jamais
de Bordeaux de Rochefort, Marquis de Théobon, avec Marie de Caumont, fille du Marquis de Castelmoron , huitième fils du Maréchal Duc de la Force.
voulu traiter ni pour lui ni pour sa Maison, mais se remettant toujours pour ee qui le touehoit lui et les siens, à la discrétion et à la volonté du Roi, il s'ensuivoit que le bienfait ou récompense que le Roi lui avoit voulu faire, n'avoit été donné qu'après que le traité fut conclu et le Roi reçu dans Sainte-Foi, ainsi donc monsieur de Théobon ne pouvoi t pas prétci : y avoir nulle part, attendu qu'il n'avoit tenu qu'à lui d'assister au traité, et que cela même eût obligé monsieur de la Force de tâcher de faire quelque chose pour lui , ce qu'il n'avoit cependant pas voulu faire ni pour lui ni pour ceux de sa Maison, n'ayant été assisté de personne au traité , voire même il s'étoit trouvé tellement abandonné que pour lors, il n'avoit nulle personne de condition auprès de lui, et qu'il pouvoit bien dire qu'il avoit porté le fardeau tout seul sur ses épaules. Et pourquoi donc les autres gentilshommes qui l'avoienl assisté en portant les armes avec lui, ne pourroientils pas montrer les mêmes prétentions que monsieur de Théobon qui d'ailleurs avoit déjà fait son traité sans en avoir donné connoissance à monsieur de la Force, outre celui qu'alors il négocioit encore avec monsieur le Prince ?