‹ Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, maréchal de France, et de ses deux fils, les marquis de Montpouillan et de Castelnaut, suivis de documents curieux et de correspondances inédites de Jeanne d'Albret, Henri III (volume 2)Chapitre 23 sur 233 · CHAPITRE II. J · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. J

passant par Bergerac pour s'y en aller , fut dans »««• l'assemblée du Synode, et ils conférèrent de toutes choses, mais particulièrement avec monsieur de la Force; jugeant bien ainsi que lui, combien cette division et mésintelligence que monsieur de Pardaillan causoit, porteroient un grand désavantage et beaucoup de désordre parmi ceux de la Religion , monsieur de Rohan voulut encore tâcher de le ramener et de l'engager à une réunion et bonne intelligence; et monsieur de la Force qui a toujours préféré le bien public à ses intérêts, pensant obliger monsieur de Pardaillan et le convier par là à revenir, lui fit offrir par monsieur de Rohan, qu'il lui laisseroit la province du Bas-Agenois pour y commander en chef.

Mais comme monsieur de Pardaillan apprit que monsieur de Rohan le venoit trouver, il s'absenta de Sainte-Foi , ce qui n'empêcha pas monsieur de Rohan de faire assembler la Jurade dudit lieu, pour les exhorter de se mettre en bon devoir et être bien unis et de bonne intelligence avec leurs voisins ; le sieur de Montpouillan étant allé avec lui , voulut dire que c'étoit le seul moyen de pouvoir subsister et se conserver : sur quoi monsieur de Théobon (qui étoit présent, et qui avec monsieur de Pardaillan, tenoit en quelque façon les habitants assuîv. 9

jettis, ce dont ils témoignoient ne pas être contents), appréhendant que leur venue et leurs discours n'apportassent quelque changement à l'autorité que lui et son beau père avoient usurpée, prit la parole, et n'osant s'attaquer à monsieur de Rohan, se piqua mal à propos contre monsieur de Montpouillan; mais le sieur de Rohan apaisa le tout, bien qu'il n'eût pas fallu presser ceux de Sainte- Foi pour dire à monsieur de Théobon de se retirer, trouvant mauvais ce qu'il avoit fait.

Ainsi monsieur de Rohan s'en retourna sans avoir rien fait et fort mal édifié; cependant avec monsieur de la Force, ils vont faire un tour à Glairac, où avant encore assemblé beaucoup de monde et des principaux, ils envoyèrent de nouveau prier le sieur de Pardaillan, et par quelques gentilshommes de ses parents, de s'y vouloir rendre pour tâcher encore à le ramener et le disposer à une bonne union; mais il leur fut impossible de le lui persuader, et n'y gagnèrent rien; c'étoit une humeur qui ne fléchissoit pas aisément, et de plus les puissants et mauvais esprits qu'il avoit près de lui, n'étaient pas pour lui conseiller quelque chose de bon, i t >c!oii que son devoir et sa conscience l'y obli-

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1 Nous avons supprimé ici la rencontre de M. de Vignoles par

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