CHAPITRE II
Il est encore nécessaire de représenter ici que 1WI-
16 juin.
tandis que le Roi tenoit assiégé Saint-Jean, le sieur de Hautefontaine j y fut tué; c etoit celui qui principalement agissoit et ordonnoit de toutes choses, et monsieur de Soubise ainsi que tous les autres Seigneurs qui étoient dedans la place , se reposant entièrement à sa bonne conduite, et il est à croire que s'il eût vécu, le Roi ne fût pas si facilement venu à bout de ce siège que de ceux qui étoient les principaux en icelui, et qui avoient le commandement à un quartier, et qui tous les jours étoient sollicités à se vouloir rendre avec mille belles promesses. Enfin les louis surent persuader, et ils commencèrent à traiter même au déçu de monsieur de Soubise; les choses en vinrent si avant que n'y voyant plus de remède, il fut contraint lui-même à ^J*10' consentir.
Rohan et la Force; la prise de Caumont, par la Force, et le siège de cette ville, par le Duc de Mayenne. M. de Castelnaut, qui n'avait assisté à aucun de ces événements, reproduisait presque textuellement le récit qu'en fait son père. Voir les Mémoires de la Force, tome II, depuis la page 133 jusqu'à la page 145.
1 Tallemant des Réaux dit qu'il était fils d'un bourgeois de Paris, Huguenot, nommé Durand, qui s'était retiré à Genève à cause de la persécution. Hautefontaine avait étudié les lettres, et ayant disputé à Leyde une chaire de philosophie à du Moulin, célèbre pasteur, vaincu par lui, il le battit. Il avait été gouverneur de Rohan et de Soubise, qui ne juraient que par lui. « C'estoit leur Jupiter Hamon, leur Oracle de Delphes, en un mot, ils n'entreprennoient rien illo incoxsulto. » {Mercure François, tome VII, p. 352.)
i62i. Et soudain après le Roi part et s'en va à Pons,
lequel le Marquis de la Caze qui en étoit Gouverneur, avoit quitté, pour n'avoir pas pu obtenir le commandement qu'il avoit désiré de ceux de l'Assemblée générale, qui y envoyèrent le Marquis de Chàteauneuf.
Celui-ci y étant, et ne trouvant pas la place en état de pouvoir se défendre et de résister au Roi 28 juin, qui venoit l'attaquer, fit aussi son traité et la rendit. Le bruit se répandit alors que sa Majesté s'en venoit droit en Guyenne avec toute son armée et sans s'arrêter; cela alarma beaucoup de monde. Il est à savoir encore que pendant ce temps-là monsieur de Boisse-Pardaillan avoit aussi envoyé le sieur de Malleret vers le Roi pour faire sa condition , et particulièrement pour l'obliger de venir en Guyenne et s'assurer qu'il n'y trouveroit pas de résistance , ayant gagné les principaux de la province et même des villes, en détournant les uns daller trouver monsieur de la Force, et les autres de le recevoir. Le sieur de Pardaillan faisoit encore dire à sa Majesté qu'elle ne devoit pas douter que ceux de Bergerac, les voyant approeber, ne se n'unissent même sous son obéissance , car pour cet effet il y avoit pratiqué et dispose'' beaucoup de monde, et qu'aussi tous les principaux de la No-