‹ Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, maréchal de France, et de ses deux fils, les marquis de Montpouillan et de Castelnaut, suivis de documents curieux et de correspondances inédites de Jeanne d'Albret, Henri III (volume 2)Chapitre 25 sur 233 · CHAPITRE U · texte numérisé non relu

CHAPITRE U

blesse qui avoient fait d'abord tant les échauffés, «m. s'étoient refroidis, et au lieu de mettre en campagne des gens de pied comme ils l'avoient promis , chacun se tenoit dans sa maison sans rien faire.

Et comme le Roi ne manquoit pas d'avoir des gens de tous côtés pour gagner tout le monde et les persuader, en ayant même envoyé vers monsieur de la Force , et tâchant à leur faire accroire qu'il n'en vouloit pas à la Religion, et qu'il ne désiroit rien innover parmi eux , mais qu'il vouloit les maintenir et faire jouir delà liberté des Édits; qu'il ne demandoit qu'obéissance, et que les villes seroient conservées dans leurs libertés et privilèges, cela fut cause en partie du refroidissement de plusieurs, et que presque toutes les villes députèrent vers sa Majesté, pour l'assurer que moyennant les conditions qui leur étoient offertes de sa part, qu'ils mettroient les armes bas, et seroient toujours prêts à le reconnoître et à lui obéir.

C'est ce qui avoit obligé monsieur de la Force, se voyant abandonné de la plupart, de faire solliciter le sieur de Panissault de se vouloir ranger auprès de lui; et pour l'y obliger lui fit offrir la Lieutenance Générale de la Basse-Guyenne. Lui qui étoit ambitieux, et jugeant même que cela ne lui pouvoit être qu'avantageux pour mieux venir à bout de ses

*«»»• desseins et lui en faciliter les moyens , ne manque pas d'accepter cette condition et d'aller trouver à Tonneins le sieur de la Force.

juillet. Et tandis que celui-ci éloit occupé vers la Garonne à cause du siège de j\érac , travaillant toujours à leur donner toute l'assistance qu'il lui seroit possible, ceux de Bergerac envoient vers lui pour le supplier de vouloir venir en toute diligence , lui donnant avis comme quoi la ville de Saint-Jean s'étoit rendue, et comme quoi le Roi y étoit entré, et que ceux de Pons faisoient aussi leur traité. Ce qui donna un grand étonnement partout, et obligea monsieur de la Force de s'en venir à Bergerac qui faisoit lors la tète, car les villes de Castillon et de Sainte-Foi avoient déjà fléchi aux persuasions du sieur de Pardaillan, et par les menées et divers voyages qu'avoient faits sur ce sujet, delà partdudit sieur de Pardaillan, les sieurs de Malleret et de Penchât, continuant toujours de donner les mêmes assurances au Roi, et qu'il ne trouveroit pas de résistance, et particulièrement de l'obéissance de tout le Bas-Agénois.

Cependant le travail des fortifications de Bergerac se redouble à la vue de monsieur de la Force. 11 demande aux personnes de qualité et a nombre de capitaines particuliers qui lui avoient promis

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