CHAPITRE IL
assistance et à qui il avoit donné de l'argent pour mi. faire des troupes , d'avoir à se rendre à Bergerac ; et par le rôle qu'il en avoit fait , cela se montoit à six mille hommes, et faisoit état qu'au moins il en auroit quatre mille. Tout cela lui manqua, répondant que la prompte reddition de Saint-Jean et de Pons et l'acheminement du Roi avoient donné telle épouvante , qu'ils ne pou voient faire marcher les soldats.
Ceux de la Garonne et Haut-Agénois , où est le plus grand nombre d'hommes, chacun vouloit garder ses places , ils s'occupoient même à celles qui n'étoient de nulle considération ni importance ; et ceux qui s'en étoient attribué le commandement, n'avoient d'autre dessein que de pilloter et lever quelques contributions durant la guerre. Les affaires n'étoient pas si bien établies que ceux qui avoient l'autorité dans la province, pussent remédier à tous ces inconvénients et désordres , et tout le Bas-Agénois ' étoit si fort pratiqué par monsieur de Pardaillan, et ceux d'entre eux qui se trouvoient encore de bonne volonté^ étoient tellement menacés qu'on ne put avoir personne. Le sieur de Par-
1 Dans une autre copie, au lieu du Bas-Agenois il se trouve : Sainte-Foi, Castillon, Montravel et Gensac Étoient tellement pratiqids, etc.
iwi. daillan continuant ses pratiques , ne laissa nulle ville de Guyenne vers laquelle il n'envoyât et surtout aux Gouverneurs de Monflanquin , Tonneinsdessous, Tournon, Puymirol et Clairac, donnant assurance à tous que le Roi ne demandoit qu'obéissance et n'en vouloit nullement à la Religion , mais à monsieur de la Force et à sa Maison ; leur promettant encore de la part de sa Majesté de les faire jouir de toutes les offres qui leur avoient été faites.
Le sieur de Panissault qui de longue main étoit gagné et de la cabale de monsieur de Pardaillan, et qui voyoit la chance tournée , ne bougeoit cependant d'auprès de monsieur de la Force , faisant le bon valet et ayant par ce moyen plus de commodité de le trahir. Il avoit beaucoup d'amis dans Bergerac, ayant demeuré toute sa vie parmi eux, et qui déféroient beaucoup à ses opinions , il étoit en outre assisté des amis du lieutenant-général Charon, cette maison d'ancienneté ayant toujours été ennemie de monsieur de la Force, et qui avoit une puissante et forte cabale à cause d'une continuelle division que de tout temps il y avoit eu entre lui et les Baillifs de Bergerac, particulièrement avec l'un d'eux nommé Gast, au sujet de leurs charges et de l'élection des Maires et Consuls qui étoient à