‹ Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, maréchal de France, et de ses deux fils, les marquis de Montpouillan et de Castelnaut, suivis de documents curieux et de correspondances inédites de Jeanne d'Albret, Henri III (volume 2)Chapitre 28 sur 233 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

sieur de Panissault représente à monsieur de la mu Force qu'il ne se doit pas fier aux habitants de qui dépendoit la principale force , et que tandis qu'il s'amusera à défendre les bastions qui sont hors l'enceinte des murailles de la ville, que les habitants pour faire leur paix , lui fermeront la porte et le laisseront perdre avec toute sa famille. Et comme il étoit bien rusé et plein d'inventions, ce n'étoit que pour l'obliger à se retirer, et sous l'espérance qu'il en seroit après le maître et que toutes choses dépendroient de lui. En outre il fait en sorte de porter les habitants à donner une montre aux soldats étrangers, faisant semblant de les vouloir convier par ce moyen à mieux faire leur devoir, et travailler aux réparations et parachèvement des fortifications. Mais il faut croire que son dessein étoit d'en faire voir plutôt le petit nombre, car il ne s'en trouva d'étrangers qu'environ huit cents, tous du régiment du sieur de Castelnaut, et trois compagnies qui étoient du régiment du sieur de Montpouillan, car on n'y comprenoit pas ceux qui étoient de Bergerac ou du voisinage.

Nous oublions à dire que souvent monsieur de la Force avoit assemblé les habitants en Jurade à la Maison de Ville et même dans le temple, parce qu'ils se vouloient assurer qu'il ne les abandon-

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neroit pas et demeureroit avec eux, et vouloient qu'il leur en donnât sa foi et sa parole, à cause qu'on les avoit voulu persuader qu'il les quitteroit et ne s'engageroit pas dans un siège, ce que le sieur de la Force leur promit absolument et par même moyen aussi il vouloit être assuré de leurs intentions et volontés, afin de les disposer à se pourvoir des choses nécessaires pour leur défense et conservation. Et quoique souvent il leur eût promis de demeurer avec eux, à diverses fois encore, ils le lui firent jurer et promettre, témoignant aussi de leur côté et l'assurant avec une grande résolution que pourvu qu'il demeurât avec eux, qu'ils se feroient tous ensevelir sous leurs bastions plutôt que de se rendre et l'abandonner. En ce temps, la nouvelle arrive que le Roi est à Coutras; soudain plusieurs des habitants et des plus affectionnés prient le sieur de Castelnaut, leur Gouverneur, de vouloir bien faire assembler la Jurade et qu'ils désirent encore parler à monsieur de la Force ayant à lui représenter des choses qu'ils jugent nécessaires pour leur conservation. Le sieur de la Force s'en va à la Jurade, les assure encore de nouveau que s'ils continuent dans leur résolution de se vouloir bien défendre, qu'il mourra avec eux et qu'il ne faut pas douter que si le Roi

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