‹ Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, maréchal de France, et de ses deux fils, les marquis de Montpouillan et de Castelnaut, suivis de documents curieux et de correspondances inédites de Jeanne d'Albret, Henri III (volume 2)Chapitre 32 sur 233 · chapitre n · texte numérisé non relu

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lui alléguant que lui-même, ils lui avoient ouï dire qu'il falloit quatre mille hommes pour défendre cette place; qu'à grand'peine d'uns ou d'autres s'en trouveroit-il la moitié.

Le Baillif qui tous les jours se voyoit à une sienne métairie avec un gentilhomme du sieur de Pardaillan, et traitoit des moyens de faire en sorte que la ville se rendit, ajouta qu'il n'y avoit pas de poudres dans la ville, qu'il n'y en avoit pas cinquante quintaux. Sur quoi monsieur de la Force lui dit : Vous m'avez toujours assure qu'il y en avoit deux cents quintaux, et que les bourgeois en avoient bien encore autant. Et de cela il est vrai qu'il n'y en avoit guères à dire, mais le Baillif repartit que la réputation de la ville Tobligeoit à en parler de cette façon, et ajouta à tout cela qu'il lui sembloit, vu leur mauvais état, qu'il vaudroit mieux qu'ils obéissent et se soumissent à la clémence et miséricorde du Roi, que non pas, y étant contraints, de voir l'entière ruine de leurs personnes, de leurs familles et de leurs biens.

Le sieur de la Force ne put souffrir cette harangue, et leur dit encore : 77 n'est plus temps ; le Roi est à votre porte, si vous ne vous résolvez point à vous défendre, quelle condition espérez-vous avoir? Au reste, quoi'quon vous promette, on ne vous le tiendra

,62L pas, et au premier jour vous aurez ici une garnison et vne citadelle, et par conséquent V entière ruine de votre ville, au lieu que si vous vous résolvez à vous défendre, j'oserois gager ma vie que le Roi n'y viendra pas ; vous savez que si Pons eût tenu, que le Roi ne fût pas venu en ce pays ; ni même sans les assurances quont données messieurs de Pardaillan et Charon , que vous ne soutiendriez pas un siège, sans doute que le Roi ne se fût pas approché et qu'on eût recherché des moyens de paix; le Connétable de Luynes croyant en avoir assez fait que d'avoir' pris Saint-Jean, pour s'installer en sa charge et faire parler de lui. Pour vos fortifications, reposez-vous-en sur moi, il n'y a pas grand' chose à faire, et même ils ne me sauroient empêcher de les mettre en étal. Pour des hommes, nous en avons assez. Des munitions, je m'assure quil s'en trouvera bon nombre et que nous en aurons de reste, outre qu'il y a toujours moyen d'en faire.

Et il est vrai de dire qu'il y ayoit déjà un moulin dressé et qui travailloil à cela, comme aussi des fondeurs qui faisoient de l'artillerie.

Tant y a que le sieur de la Force les battit de tant de raisons, outre que ceux-ci savoient bien que le reste des bourgeois qui se trouvoient lois au travail , n'étoient pas de même volonté qu'eux, qu ils furent encore contraints de s'en •retourner,

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