‹ Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, maréchal de France, et de ses deux fils, les marquis de Montpouillan et de Castelnaut, suivis de documents curieux et de correspondances inédites de Jeanne d'Albret, Henri III (volume 2)Chapitre 36 sur 233 · CHAPITRE n · texte numérisé non relu

CHAPITRE n

de la résolution qu'il croyoit que monsieur de la îœi. Force prendroit selon l'avis qu'il lui en avoit donné, et que si sa Majesté faisoit partir promptement de la cavalerie, sans doute elle pourroit l'attraper en chemin.

Boulou partant à la nuit, avec une grande diligence, arrive le matin à soleil levé à Coutras, parle au Roi, lequel ordonne tout soudain à monsieur le Maréchal de Saint-Géran de se mettre sur la piste de monsieur de la Force avec toute sa cavalerie, sur la créance qu'on avoit qu'il prendroit son chemin du côté de la Garonne, et le Maréchal se rendit le jour même à Miremont.

Monsieur de la Force avant son départ de Bergerac, n'eut loisir de mettre ordre à ses affaires qu'environ deux heures qui restoient pour aller au jour, et il monta à cheval encore assez irrésolu de ce qu'il deviendra et du chemin qu'il prendra, et fort en peine de ce qu'il avoit là madame de la Force, sa femme, la Marquise de la Force et celle de Castelnaut, ses helles-filles, la Comtesse d'Orval, sa fille, enfin presque toute sa famille hormis les sieurs d'Eymet et de Montpouillan, l'un dans Tonneins-dessus, et l'autre dans Nérac assiégé.

Tous partent néanmoins le malin même de Bergerac, et prennent même route du côté de Cugnac,

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maison de monsieur de Caslelnaut, et fort peu de gens, excepté leurs domestiques, les suivirent.

Est à noter que dans la ville de Bergerac, plusieurs paroissent infiniment étonnés, les voyant ainsi sortir et s'en aller, n'ayant nulle connoissance des pratiques du Baillif ; les uns les larmes aux yeux témoignent l'appréhension de leur malheur et de leur ruine; les autres d'un visage assez content témoignent d'être bien aises que monsieur de la Force s'en aille.

Mais comme ils furent au sortir du faubourg de la Madeleine environ à soleil levé, ils virent que Panissauh y arrivoit du côté de la rivière, où il ne fut pas sitôt abordé, qu'il commença à crier : Courage, enfants, vive Je Roi, rive le Roi! Ce que voyant le sieur de Castelnaut et jugeant de la trahison par ce discours, il voulut aller à lui, résolu de le tuer ou de se perdre ; car comme on avoit fait sortir tous les gens de guerre pour les congédier, remettant à la volonté de ceux qui étoient à cheval de suivre monsieur de la Force, ceux de Bergerac avoient pris les armes et séloient mis aux portes; mais monsieur de la Force empêcha monsieur de Castelnaut de suivie BOD dessein, et le fit revenir.

Il faut encore que je die ici que 1<" sieur de la Force, quelques jours mêmes a vaut de sortir de Ber-

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