CHAPITRE n
ban envoient deux députés vers le sieur de la Force 162*plutôt pour apprendre de lui l'état des affaires de Guyenne que pour lui offrir leur assistance et retraite en leur ville, car ils ne lui en dirent pas un mot, et tout cela par le conseil du Comte de Bourgfranc qui jugeoit bien d'ailleurs que sa présence effaceroit son lustre et diminueroit une partie de son autorité, car par sa cajolerie il s'étoit acquis du crédit et du pouvoir parmi eux, et ils l'avoient en bonne estime.
Cela toucha grandement au cœur monsieur de la Force et lui donna, si vous le voulez, un plus sensible déplaisir que celui d'avoir été contraint, de quitter Bergerac et de se séparer de sa femme et de ses enfants, jugeant bien que tout cela ne procédoit que des mauvais offices que lui avoit rendus le Comte de Bourgfranc et par conséquent de la mauvaise opinion qu'on avoit conçue de lui.
Il rendit raison aux députés, dont l'un s'appeloit
le sieur Dubois et l'autre , de tout ce qu'ils
lui demandèrent, et leur dit même son opinion des affaires du temps, mais ce fut sans leur donner connoissance aussi qu'il eût dessein d'aller à Montauban. Ceux qui pour lors étoient auprès de lui, lui ouïrent- dire en se plaignant de son malheur, que s'il savoit la moindre bicoque du monde qui eût envie
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,621' de se défendre, qu'il iroit se jeter dedans et au mépris de sa vie, témoigner qu'il éloit homme de bien et faire perdre la mauvaise opinion qu'il jugeoit quon avoit de lui.