CHAPITRE ni
avoir donné nulle connoissance qu'il y fût le bien mm. venu, ni l'avoir assuré de leur protection, tellement qu'il ne pouvoit encore savoir ce qu'il devoit se promettre d'eux.
Mais voici ce que monsieur de Castelnaut lui dit: C'est qu'il avoit une particulière connoissance avec monsieur Béraud, Pasteur et natif de Montauban, où il avoit nombre de parents et des principaux, ce qui le rendoit puissant et lui acquéroit beaucoup de crédit; il ajouta que de longue main il y avoit correspondance entre eux, et il pria monsieur de la Force de trouver bon qu'il allât le voir. Le sieur de la Force lui dit qu'il y vouloit aller avec lui, ils s'y rendirent donc; mais quoique leur entretien fut long et après que monsieur de la Force lui eut rendu compte de toutes choses, le sieur Béraud leur promit bien son assistance , mais non pas avec les témoignages de bonne volonté que monsieur de Castelnaut avoit espérés.
Cette visite fit souvenir le sieur de la Force qu'il y avoit là un autre Pasteur, nommé monsieur Charnier, qui lui avoit de grandes obligations, ayant été jadis contraint de se rendre auprès du Roi Henri le Grand, car par de faux- donnés à entendre, on l' avoit rendu fort criminel auprès de sa Majesté, monsieur de la Force fit si bien, que quoique mon-
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A l'instant messieurs de la Force et de Castelnaut s'en vont au logis du sieur Charnier qui n'ayant vu ni l'un ni l'autre auparavant, eut avec eux à peu près le même entretien que celui avec monsieur Béiaud ; le sieur de la Force lui dit en outre qu'il voyoit bien que ceux de Alontauban le soupçon-» noient et avaient mauvaise opinion de lui , ce qui étoit le plus sensible déplaisir qui lui lut jamais arrivé. Monsieur Charnier l'a voit fort pressé et lui avoit fait beaucoup d'interrogations , demeurant fort satisfait des réponses et éclaircissements qu'il lui avoit donnés, et connoissant déjà sa réputation, il ne fit point de doute que ce ne fût la vérité même et lui dit tout d'un coup en haussant la voix : Laissez-moi faire, et ne vous mettez en peine de rien. Puis il l'accompagna jusqu'à son logis.
Ainsi monsieur de la Force avoit su si bien représenter comme quoi toutes choses s'étoient passées à son égard et se justifier des faussetés, calomnies et mauvais rapports qu'on avoit faits de lui, que les mieux censés , les principaux et les plus considérée, ne jugeant pas qu'il y eût d'apparence aux discours qui s'étoient tenus de lui , disoient qu'il ne falloit pas maltr.iiler et mécontenter ainsi