‹ Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, maréchal de France, et de ses deux fils, les marquis de Montpouillan et de Castelnaut, suivis de documents curieux et de correspondances inédites de Jeanne d'Albret, Henri III (volume 2)Chapitre 44 sur 233 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

des personnes de la condition et du mérite de mon- îwi. sieur de la Force, lequel ponvoit leur être utile; et il a voit cet avantage par-dessus force autres qu'il attiroit bientôt à soi les bonnes volontés de ceux mêmes qui ne le connoissoient point ; aussi étoitil malaisé qu'après lavoir vu, sa présence ayant quelque chose de majestueux et de vénérable, et qu'après avoir ouï ses raisons, on pût avoir mauvaise opinion de lui et on ne demeurât pas persuadé de la vérité, tant elle a de puissance !

Par ce moyen et avec les sollicitations et persuasions de monsieur Charnier qui ne firent pas peu d'effet, les Consuls vinrent trouver le sieur de la Force , l'assurant qu'il étoit le bienvenu en leur ville et qu'ils étoient fort aises de pouvoir être assistés dans leur besoin de ses bons avis et de son expérience et sage conduite. Dès le lendemain, ils lui firent changer de logis et le mirent chez monsieur d 'Alliez , où le Roi avoit coutume de loger lorsqu'il alloit à Montauban.

Et en effet, et c'est ce que je m'assure que messieurs de Montauban ne désavoueront pas , c'est principalement aux sages conseils, à l'expérience et bonne conduite de monsieur de la Force qu'ils doivent leur conservation, après l'assistance de Dieu, comme la suite de ce discours fera assez paroître,

i62i. et que s'ils n'eussent été assistés de lui et de ceux qu'il avoil auprès de lui , manquant de gens de commandement , ils se fussent trouvés bien en peine, et il eût été malaisé, voire même impossible , à cause des personnes qu'ils avoient parmi eux, (qu'ils considéroient et en qui ils avoient créance, mais qui n'étoient là que pour les trahir , si Dieu l'eût permis, que leur perte et leur ruine ne fussent inévitables.

Néanmoins monsieur de la Force toujours fort retenu en ses actions, laissa couler le temps et ne s'ingéra point dans leurs aflaires qu'autant qu'ils l'y convioient, et ainsi il commença à leur représenter ce qu'il jugeoit qu'ils dévoient faire pour leur bien et conservation, avec assurance et protestation de sa bonne volonté à les servir, étant résolu d'y employer jusqu'à sa vie.

Il est temps de revenir à monsieur le Marquis de la Force et à messieurs d'Eymet et de .Montpouillan, ses frères, non que nous puissions dire toutes les particularités quoique fort considérables qui leur arrivèrent, aussi n'est-ce pas notre dessein de nous étendre au delà de ce qui regarde la Basse- Guyenne.

Messieurs les Marquis de la Force et de Montpouillan prennent la résolution avec quelques-uns

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