chapitre m
de passer. Monsieur de Castelnaut alloit devant lui, mi. et en arrivant proche de l'entrée de la prison, il trouva qu'ils éloient bien une douzaine qui avec un très-gros chrevron que tous tenoient, tâchoient d'enfoncer les portes ; les ayant abordés, il eut quelques paroles avec eux pour les détourner de leur dessein; mais eux obstinés et sans discontinuer leur travail disoient toujours qu'ils le vouloient avoir, et qu'il falloit pendre ce traître.
Sur cela , monsieur de la Force arriva à eux et leur ayant dit avec une hardiesse merveilleuse et capable de donner du respect : Hé! qxiest-ceci, Messieurs ? Soudain lui faisant la même réponse qu'à monsieur de Castelnaut et continuant toujours à battre la porte, ils voulurent repousser le sieur de la Force ; mais lui qui ne s'épouvantoit pas pour peu de choses leur dit encore : Mais , Messieurs , que voulez-vous faire ? quel dessein avez-vous? Leur réponse fut toujours qu'ils vouloient avoir cet homme.
Mais donnez-vous donc patience, leur dit-il, je vous le livrerai; mais s' il est traître, il n'est pas du tout seul, il faut quil ait des complices avec lui , et partant il est important que la trahison soit découverte afin d'empêcher V exécution de leur dessein et les faire punir; tandis que si vous faites mourir celui-ci avant de rien
découvrir, il sera impossible après.
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Mais nonobstant ce raisonnement, ils persistoient toujours dans leur projet et à le repousser, ne se voulant pas arrêter pour cela.
— Çà combien voulez-vous être? dit encore monsieur de la Force, et je vous le mettrai entre mains; mais c'est-à-dire que je veux que vous m'en répondiez afin que nous puissions découvrir la trahison.
C'est une chose merveilleuse combien la présence d'un homme qui parle avec hardiesse et autorité, a de puissance, car tout soudain après les discours que leur eut tenus le sieur de la Force, ce peuple si animé et si échauffé s'arrête tout court; et tandis qu'il leur répétoit à diverses fois : Là choisissez-vous une vingtaine et je vous le mettrai entre mains : finalement les uns après les autres commencent à se retirer et quittèrent ainsi monsieur de la Force qui peu après s'en retourna à son logis. Ce qui est encore remarquable, c'est que le lendemain ou deux jours après, ce bourgeois fut mis en liberté, s'élant trouvé innocent de ce qu'on le soupçonnoit,el sans la résolution aveclaquellelesieurde la Force y procéda, c'est sans doute qu'il étoit perdu. De là à quelques jours, le Comte d'Orval arriva à Caussade, revenant d'accompagner monsieur de Rohan, et passant proche de Sept- Fonda avec quelque nombre de cavalerie, ceux de ces quartiers-là