‹ Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, maréchal de France, et de ses deux fils, les marquis de Montpouillan et de Castelnaut, suivis de documents curieux et de correspondances inédites de Jeanne d'Albret, Henri III (volume 2)Chapitre 48 sur 233 · CHAPITRE HI · texte numérisé non relu

CHAPITRE HI

se voulurent opposer à son passage. Il y eut un micombat entre eux dont l'avantage demeura au Comte d'Orval; quelques-uns ayant été tués et les autres contraints à se retirer, ils lui laissèrent le passage libre. Comme il étoit preque seul à Caussade, il envoya demander escorte à ceux de Montauban. Ce que monsieur de Castelnaut ayant appris, il s'y en alla avec environ soixante chevaux, la plupart étant de ceux qui avoient accompagné monsieur de la Force ou qui s'étoient rendus à Montauban à son occasion. Avec cela le Comte d'Orval se conduisit sans nul mauvais rencontre.

Bientôt après le Comte de Bourgfranc, ( à qui monsieur deRohan avoit donné la charge de Maréchal de camp pendant l'absence du Comte d'Orval qui étoit reconnu pour Gouverneur dans Montauban), avoit tâché de s'y établir et par la cajolerie dont il étoit assez capable et en savoit bien user, s'y étoit accrédité, jusques-là qu'il voulut disputer le commandement au Comte d'Orval, mais il étoit avec cela insupportable à cause de son excessive vanité, et tâchoit en toute occasion de le choquer, se sentant en quelque façon appuyé et favorisé par ceux de Montauban. Et ne faut pas douter que, (sans la grande prudence de monsieur de la Force qui savoit bien comme quoi il falloit ménager les esprits des peu-

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Et voici le sujet de leur différend : Il est à savoir que le bruit du siège de Clairac étant venu à Montauban, la résolution y fut prise de voir le nombre de bourgeois qui seroient propres à porter les armes, lesquels on enrôleroit, les mettant par compagnie et y établissant des capitaines et autres officiers pour les commander, à la nomination desquels le Comte de Bourgfranc eut bonne part, étant de bonne intelligence avec le premier Consul nommé Uupuy. 11 est à noter que c'étoit avant le retour de monsieur le Comte d'Orval; et pour mi< u\ les accoutumer à obéir à leurs chefs, on les faisoit entrer en garde par compagnie. De là le Comte <!<• Bourgfranc prit occasion, disant que, comme Maréchal

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