CHAPITRE ID
de camp, il devoit commander les gens de guerre et 162K ordonner de ce qu'il y avoit à faire. Monsieur le Comte d'Orval de son côté, disoit qu'il étoit Gouverneur de la place, et que tous ceux qui étoient dedans dévoient le reconnoitre et lui obéir.
Cette contestation quoique irraisonnable, ne laissa pas que de faire du bruit, ce qui obligea les Consuls avec les autres habitants qui avoient été choisis et nommés par le Conseil de la ville, à s'assembler pour terminer ce différend; ils supplièrent monsieur de la Force de s'y vouloir trouver. D'après les raisons qu'il y déduisit, il fut jugé que le Comte d'Orval devoit avoir le principal commandement et ordonner tout ce qu'il y auroit à faire dans la ville, mais que lorsque les gens de guerre sortiroient à la campagne, que ce seroit le Comte de Bourgfranc, comme Maréchal de camp, qui les commanderoit; ce qui fut arrêté plutôt pour éviter le désordre que pour contenter le Comte de Bourgfranc, ne se voyant pas grande apparence d'ailleurs qu'on put tenir des gens à la campagne.
Il est temps que nous disions quelque chose de ce qui se passa en la Basse-Guyenne. D'abord monsieur de la Force n'ayant pas pris sa route du côté de Clairac et de Tonneins, comme le sieur de Panissault s'étoit persuadé, la diligence que fit mon-
»«i. sieur le Maréchal de Saint-Géran pour le joindre, lui fut inutile. Ensuite le Roi sur la parole que lui avoit donnée monsieur de Pardaillan, laissa Sainte- Foi entre les mains du sieur de Théobon, son gendre, et vint à Bergerac, où étant, toutes les villes de la Basse-Guyenne se soumirent à son obéissance et volonté, portées à cela par la persuasion de leurs Gouverneurs qui presque tous avoient fait leurs conditions et vendu leurs Gouvernements sous de belles promesses d'en avoir de grandes récompenses. Mais pour ce qui est de Bergerac, après que le Roi y eut fait quelque séjour l, il y laissa monsieur de Rambures avec son régiment, qui soudain après le départ de sa Majesté, commença à leur proposer de faire un réduit qui selon la grandeur qu'il fut dessiné et le travail et les fortifications qu'il y fit faire, pouvoit être appelé une grande citadelle. De là les habitants commencèrent à s'étonner, et se fussent volontiers plaints qu'on ne leur tenoit pas la parole qu'on leur avoit donnée; que tant s'en falloit qu'ils eussent pensé qu'on leur voulût faire une citadelle, qu'ils n'avoient pas même cru qu'on leur laissât de garnison; aussi leur disoit-on que ce n'étoit qu'en attendant que leurs fortifica-
1 Le Roi arriva à Bergerac le 13 juillet 1621, et il eu repartit le 17 du Uivmw moi*.