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tions fussent démolies, quoiqu'on leur avoit fait i62U espérer aussi qu'on n'y toucheroit pas. Cependant il avoit été résolu de ruiner toutes celles des places de Guyenne, et pour cet effet furent envoyés des Commissaires partout, qui abattirent non-seulement ce qui étoit des bastions ou autres fortifications hors les murailles des villes, rançonnant même pour la conservation des maisons qui étoient dessus ou pour autres divers sujets, tant ceux du lieu que ceux du voisinage, sous ombre de venir contribuer auxdites démolitions; ils désarmoient aussi les habitants et leur prenoient toutes les munitions de guerre qu'ils pouvoient avoir.
Alors tous commencèrent à reconnoitre leur faute, mais le mal étoit sans remède. Ceux de Clairac qui, comme tous les autres, avoient envoyé leurs députés vers le Roi, apprenant la façon dont on avoit traité ceux de Bergerac, et qu'au lieu qu'on leur avoit promis que le Roi n'iroit pas dans ' leur ville et qu'il n'y mettroit point de garnison et qu'il les laisseroit dans l'état où ils étoient, voyant que le Roi se disposoit à venir, ayant plus de résolution que ceux de Bergerac et ne pouvant souffrir ni se soumettre à un si rude traitement, se résolurent à se défendre. Et ne faut pas douter que si ce peuple eût été bien conduit et que s'il n'eut pas
!■«• été trahi par les capitaines étrangers ( qu'ils avoient établis chez eux, les croyant fort expérimentés au fait de la guerre, lesquels étoient entre autres Auripech, Richomme, Sauvage et Boudou qu'on tient qui avoient été corrompus et gagnés avant de se jeter dedans), qu'ils n'eussent bien donné des affaires au Roi , leur terrain étant fort bon et leurs fortifications presque parfaites, et ils avoient le nombre d'hommes qui leur pouvoient être nécessaires pour leur défense, et les gens de ces quartiers-là étant bons travailleurs et estimés de longue main pour les meilleurs soldats de Guyenne.
20 juillet. Le Roi donc, sachant leur résolution, s'en vint loger à Tonneins-dessus , fait faire les approches où ceux de Clairac vinrent le recevoir tous en chemise et sans autres armes, à près d'une demi-lieue de la ville, où entre autres l'aîné Lenlillac se fit
u juillet, remarquer; ils tuèrent un grand nombre de gens parmi lesquels étoit le sieur de Termes qui fut grandement regretté, le tout à la faveur des vignes, et se battirent tant que le jour dura.
Les approches faites, on se loge, et fait-on trois batteries sur les montagnes voisines qui ont quelque commandement sur la ville. Le siège ne dura qu'environ quinze jours sans qu'il se pût dire que la batterie, quoiqu'elle eût été fort continuée, eût