CHAPITRE ni
en rien endommagé leurs fortifications, le terrain ««•• étant si bon qu'il ne paroissoit presque pas qu'on y eût tiré, le travail de leurs tranchées n'étoit pas aussi fort avancé, tant les assiégés faisoient bien leur devoir pour toutes choses et se défendoient généreusement.
Mais ceux de Clairac qui reconnoissoient Peyrebrune de Saint-Orse en qualité de Gouverneur , lequel sétoit tellement laissé gagné au bon vin de ce lieu-là qu'il ne se désenivroit jamais, et Sauvage1 faisant la charge de Sergent-major, avec les autres traîtres savent si bien jouer leur personnage qu'ils obligèrent ce pauvre peuple à se remettre à 5 a0ùt. la discrétion du Roi qui par leur entremise, s'en étant rendu maître, en fit pendre plusieurs, entre autres Lafargue, Procureur en la Chambre de l'Édit de Nérac, et son fils qui étoit ministre, gentil personnage, et tous deux fort gens de bien. Les soldats commirent mille insolences, ils en firent noyer plusieurs , les autres furent massacrés, plusieurs femmes et filles violées, sans que les chefs y apportassent l'ordre qu'ils dévoient, et sans en faire nul châtiment ni justice, contrevenant en tout cela à leur capitulation et à la foi
1 Le capitaine Sauvage ; il ayait été lieutenant de la compagnie de Castelnaut.
qu'ils avoient donnée de garder la vie et l'honneur aux hommes et aux femmes, et même de leur conserver leurs biens.
Delà le Roi sans s'arrêter prit sa route du côté de Montauban, jugeant bien que la diligence ctoit le plus puissant moyen pour pouvoir mieux venir à bout de ses intentions, ôtant, en ce faisant, à ses ennemis ('-tonnés le temps de se pouvoir reconnoitre et de se mettre en état de se défendre.
Voilà donc la province de France où l'on croyoit ceux de la Religion les plus puissants, bientôt réduite dans L'obéissance du Roi. En mettant à part la première cause qui est la volonté de Dieu, nous dirons que la trahison et l'envie d'abord en a été le principal moyen, et ensuite la lâcheté de presque tous les Gouverneurs qui ont préféré à leur honneur et liberté un gain déshonnète, outre la brèche qu'ils ont faite à leur conscience, contrevenant a leurs promesses , à la foi et au serment qu ils avoient faits lors de la réception de leurs charges, et à mille protestations qu'ils avoient renouvelées même depuis, de dépendit' tant des résolutions générales que provinciales qui avoient été prisas sur ce sujet
Cependant voici qu'après la capitulation de Nérac, que monsieur le Duc de Mayenne s'avance