‹ Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, maréchal de France, et de ses deux fils, les marquis de Montpouillan et de Castelnaut, suivis de documents curieux et de correspondances inédites de Jeanne d'Albret, Henri III (volume 2)Chapitre 52 sur 233 · CHAPITRE in · texte numérisé non relu

CHAPITRE in

avec son armée composée de quatre à cinq mille 1W1hommes, vient aux environs de Montauban et passe la rivière du Tarn au-dessus de Courberieu *, où il y avoit un petit fort à la pointe d'une montagne assez inaccessible; ce que ceux de Montauban ayant appris, ils sortent au nombre de trois cents hommes de pied et quelques quatre-vingts chevaux ; le Comte d'Orval conduisant la cavalerie et le Comte de Bourgfranc l'infanterie : ils se rendent pioche de Courberieu où il y a fort peu d'espace entre la rivière de Tarn et la montagne. Les coureurs du Duc de Mayenne ayant commencé à paroitre, quelques-uns de ceux de Montauban se débandent et les vont attaquer, entre autres le sieur Pechels qui fut tué, etd'Ariat2 pris prisonnier, et cela pour s'être trop avancés et sans considérer qu'ils s'engageoient mal à propos. On fait aussi avancer quelques enfants perdus de l'infanterie qui commencent l'escarmouche; mais messieurs de Vignoles et de Faudoas s'avancent avec environ trois cents chevaux et quelques bataillons de gens de pied. Les enfants perdus jugeant qu'ils n'étoient pas capables de résister à un si grand nombre, se

1 Corbarieu, village situé à deux lieues et demie de Montauban.

2 Conduit au château du Claux, il y mourut le lendemain de ses blessures.

"*'• retirent dans la montagne à la faveur des vignes et du fort, donnant ainsi le loisir au reste de se retirer avec un peu de diligence dans Montauban. Le fort de Courberieu ' fut abandonné la nuit et saisi incontinent par monsieur de Mayenne qui de là alla assiéger le Béjas 2, méchante bicoque, n'ayant que des murailles en terre sans autre défense et quelques paysans pour les garder, lesquels, vu leur mauvais état, se défendirent fort bien et lui tuèrent beaucoup de monde, jusqu'à cent (rente ou cent quarante hommes. Ils s'etoient même persuadés que si on pouvoit jeter une trentaine d'hommes dedans pour les secourir, qu'ils se conserveroient, ce qu'on ne leur voulut pas refuser , vu leur courage et leur résolution, et on ordonna quelques-uns du côté de Negrepelisse d'essayer de se jeter dedans ; le sieur de Castelnaut fut commandé avec quelque cavalerie et les gardes du Comte d'Orval, d'aller favoriser l'entrée de ce secours en donnant l'alarme de son côté. Il pouvoit avoir en tout quelque cent chevaux ; il s'achemine donc la nuit, donne ses coureurs à commander à Lentillac, capitaine des gardes de monsieur de la

1 C'était un ancien fort bâti par les Anglais.

2 Ancien nom d'Albias, petite ville sur l'Aveyron ( Tarn-et-Garonne).

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