‹ Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, maréchal de France, et de ses deux fils, les marquis de Montpouillan et de Castelnaut, suivis de documents curieux et de correspondances inédites de Jeanne d'Albret, Henri III (volume 2)Chapitre 53 sur 233 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Force, et s'arrête sur une éminence proche d'un ,62,« petit bois où il avoit fait venir une douzaine de tambours pour favoriser sa retraite au cas qu'il fût poussé et qu'il en eût besoin, sur la créance que les ennemis leur oyant battre la caisse s'imagineroient qu'il y avoit là une embuscade d'infanterie, ce qui les obligerait à s'arrêter et à ne pas passer outre.

Et comme de l'endroit où il étoit, le sieur de Castelnaut voyoit une grande quantité de feux de corps de garde, il envoie le capitaine Lentillac pour reconnoitre : lequel s'étant avancé ne manque pas de rencontrer un petit nombre de gens de cheval qui étoient en garde ou qui battoient l'estrade. Sur le qui vive, il se retire sans que les autres, qui le suivoient toujours, l'enfonçassent, jusqu'à ce qu'il fut proche du lieu où il avoit laissé le sieur de Castelnaut, lors il tourna à eux criant: Tue, tue ; il en blessa et tua quelques-uns et en prit un prisonnier. Monsieur de Castelnaut oyant les coups, s'avance avec sa cavalerie, et ayant rencontré ledit Lentillac , celui - ci lui crie : Poussez , Monsieur, poussez ! Ce que fit monsieur de Castelnaut, et il se trouva fort près de là au milieu de presque toute la cavalerie de monsieur le Duc de Mayenne qui étoit à cheval, et quantité de feux allumés tout au-

mi. tour, si bien qu'on n'apcrcevoit qu'escadrons de tous CÔlis.

La cavalerie de monsieur de Castelnaut se voyant ainsi engagée, tourne bride et se met à fuir, de sorte que monsieur de Castelnaut se trouve seul avec dix ou douze; comme il n'étoit là que pour donner l'alarme et non pour combattre et en trop petit nombre pour pouvoir y faire un long séjour, il se retire au pas, envoie après les fuyards pour les faire revenir, ce qui fut impossible, quoique monsieur d'Eymet, son frère, y allât pour les arrêter et un de messieurs de Montauban des plus apparents, croyant qu'étant connu d'eux que cela les obligerait à s'arrêter, mais ils n'y gagnèrent rien; tant il est malaisé quand 1 épouvante nous a une fois saisis, de nous rassurer. Et cela est admirable que de tous les escadron^, jamais pas un ne s'émut pour aller après monsieur de Castelnaut, quoique ce leur fût assez, facile à cause de la lueur des feux, d'avoir pu remarquer ce petit nombre d'hommes; il faut croire que ce qui Les en empêcha, ce fut sans doute qu'en même temps (pie le sieur de CaMelnaul «'■toit parti pour s'avancer après les premiers coupa • le |iM<>lri tires , les tambours qui avoient été lais- .iii Long du peiit bois se mirent tous ;i battre leurs caisses, de sorte que Les ennemis croyant qu'il

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