CHAPITRE H
pouvoit y avoir là une embuscade , ne bougèrent. »«21- Cependant le Bejas qui avoit été battu de coups de canon et mis en état de ne pouvoir plus résister , s'étoit rendu à discrétion le jour avant. Il fut brûlé, les Consuls pendus avec une vingtaine d'autres, et lors toutes les villes voisines, hormis Saint-Antonin , se mettent sous l'obéissance de monsieur le Duc de Mayenne.
Il se passa encore une petite particularité : c'est que monsieur de Mayenne ayant repassé le Tarn du coté de Moissac, les sieurs de Castelnaut et d Eymet montent encore à cheval avec quelques-uns pour reconnoitre et ses troupes et sa route, et pour tâcher de faire quelque chose, si l'occasion s'en offroit. Ils parvinrent jusqu'à une éminence d'où ils virent marcher toutes les troupes dans une petite plaine; ils ne jugèrent pas à propos d'aller plus avant à cause de leur petit nombre, mais s'apercevant que deux cavaliers se séparoient du gros des troupes, ils poussent à eux, et les prennent prisonniers, e'éloit deux gentilshommes du voisinage lesquels ils conduisirent à Montauban , de quoi le peuple fut fort satisfait.
Cependant voilà que les nouvelles arrivent de tous côtés que Clairac s'est rendu , ce qui surprit et étonna un peu ceux de Montauban, s'étant ima-
1621. ginés que ce lieu-là donnèrent bien de l'occupation à l'armée du Roi pendant deux ou trois mois , la ville étant assez fortifiée et ayant suffisamment toutes les choses nécessaires à se pouvoir bien défendre. Cela les fit juger que meshuy c'étoit à eux à se préparer les moyens de résister; et les cruautés qu'ils apprirent qui avoient été exercées à Clairac, et comme quoi la foi qui leur avoit été donnée par la capitulation avoit été mal observée, tout cela fortifia davantage messieurs de Montauban en la résolution qu'ils avoient prise, et les encouragea à se bien défendre et à tout risquer plutôt que de se soumettre à ceux qui ne tenoient rien de ce qu'ils promettoient.
Il est nécessaire de représenter que durant le siège de Clairac, messieurs de Montauban ne laissèrent pas d'être grandement sollicités , tant par monsieur d'Esdiguièresque par monsieur de Sully avec tant de belles promesses et d'assurances de la part du Roi qu'ils n'en eussent pu souhaiter davantage. Monsieur de la Force ne le fut pas moins de son côté. Monsieur de Regagnac qui l'étoit venu trouver à Bergerac ne manqua pas de revenir encore à Montauban, mais l'exemple que les uns et les autres avoient devant leurs yeux, et particulièrement le sieur de la Force auquel on n'avoii
Août