‹ Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, maréchal de France, et de ses deux fils, les marquis de Montpouillan et de Castelnaut, suivis de documents curieux et de correspondances inédites de Jeanne d'Albret, Henri III (volume 2)Chapitre 55 sur 233 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

rien tenu de toutes les choses qui lui a voient été *«"■ promises en Béarn, leur fit bien juger qu'il n'y avoit nulle apparence qu'après qu'il se seroient soumis, qu'on leur tint rien de tout ce qu'on leur avoit promis ; ainsi ils rejetèrent absolument toutes les propositions qu'on leur faisoit , comme ne pouvant prendre nulle sorte d'assurance ni de confiance en icelles.

Et quand ils apprennent que le Roi s'en venoit à eux avec son armée, en diligence et sans perdre de temps, ils se préparent de leur côté à se mettre en état de le bien recevoir. Une des meilleures choses qu'ils font, c'est de voir les lieux qui seroient jugés les plus à propos pour placer leur artillerie et y faire les plates-formes nécessaires. Cette commission fut donnée à monsieur de Castelnaut qui d'abord ne pouvant juger là où elle seroit la plus utile, plaça les canons en divers endroits, en attendant qu'on eût plus de connoissance des lieux qu'on voudroit attaquer. Et quoique dans Montauban il y eût une assez bonne quantité de poudres, néanmoins il n'avoit pas laissé d'avoir des gens pour y travailler incessamment, ce qui fut bien nécessaire et servit fort utilement comme il se verra ci-après. Ils ne perdirent pas non plus de

temps à travailler à leurs dehors, monsieur de Rohan îv. 13

i82i. ieur ayant représenté qu'il étoit nécessaire pour leur défense qu'ils fissent deux cornes, l'une devant la porte de Villeneuve et l'autre du côté de Montmirat, la première étoit déjà fort avancée, mais à l'autre, on n'y avoit encore rien fait. 11 août. Voici que les nouvelles arrivent que le Roi est à Picquecos, qu'une partie de son armée passe l'Aveyron, etl'autre le Tarn conduite par monsieur le Duc de Mayenne ; il fut donc alors question de mettre un ordre pour commander les quartiers et ordonner les troupes qui dévoient les défendre.

La prudence avec laquelle monsieur de la Force avoit accoutumé d'agir en toutes ses actions, avec les témoignages qu'il avoit rendus de sa capacité et expérience dans toutes les occasions qui s'étoient offertes depuis qu'il étoit là , ne lui avoient pas acquis peu d'estime et de crédit parmi toute cette communauté, tellement qu'ils commeneoient à déférer beaucoup à ses avis et à se gouverner par iceux, quoique non sans grand déplaisir et jalousie du Comte de Bourgfranc, vu que ce ne lui étoit pas un petit obstacle à tous ses mauvais desseins. Il fut donc proposé à quelles personnes on donneroil le commandement des quartiers, et on voulut faire cet honneur à monsieur de Castclnaut de le préférer el lui donner le choix; et ne faut pasdouler

août*

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