‹ Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, maréchal de France, et de ses deux fils, les marquis de Montpouillan et de Castelnaut, suivis de documents curieux et de correspondances inédites de Jeanne d'Albret, Henri III (volume 2)Chapitre 56 sur 233 · chapitre ni · texte numérisé non relu

chapitre ni

que ce ne fût à la considération de monsieur de la 162> Force. Le sieur de Castelnaut ayant donc été appelé, leur dit que désirant de se trouver en toutes les occasions où il pourroit leur rendre service, qu'il ne vouloit s'engager à aucun lieu déterminé pour être plus libre d'aller à tous ceux où il seroit attaqué.

Mais quoiqu'il s'en voulût fort excuser, il lui fut impossible de s'en défendre, principalement monsieur de la Force lui témoignant qu'il le désiroit. Ainsi on lui propose d'avoir le commandement de Ville-Bourbon qui étoit le lieu le plus considérable et le mieux en état de se pouvoir défendre, nommément vu le nombre d'hommes qu'il y avoit, et gens de plus grande fatigue que les autres ; mais c'est ce que monsieur de Castelnaut ne voulut pas accepter, et se voyant contraint à prendre de l'emploi, il dit donc que si on lui donnoit le choix, qu'il vouloit prendre le lieu qu'on estimoit le plus foible qui étoit du côté de Montmirat ; il eut donc le commandement de ce quarlier-là et de Ville-Nouvelle. On donna à monsieur de Reniés celui du Moustier, et le Comte de Bourgfranc prit Ville- Bourbon pour en laisser le commandement ordinaire à un Béarnois nommé du Viguan, brave soldat, qui s'acquitta bien de son devoir, non-seu-

août.

JJJJ* lement en cette occasion mais en plusieurs autres qui s'offrirent après, et y servit très-bien messieurs de Monta uban ; les autres quartiers qu'on jugea moins importants et qui ne furent pas aussi attaqués, furent donnés à d'autres personnes.

Le régiment du Comte d'Orval qui étoit fort bon, fut mis aussi dans Montauban et dispersé en divers quartiers, comme toutes les autres compagnies de la ville. Le Lieutenant Colonel dudit régiment, nommé Veilles, et du voisinage de la ville, étoit un nomme qui avoit toujours faitfort l'échauffé et témoigné de désirer grandement la guerre ; néanmoins il avoit quelque jalousie et mécontentement de n'avoir été employé à quelque chose de plus, et en vouloit particulièrement non-seulement contre le Comte de Bourgfranc lequel il ne pouvoit supporter, mais aussi contre un autre gentilhomme, nommé Dade, qui avoit porté les armes en Hollande, et auquel on avoit donné la charge de Sergent de bataille, si bien qu'on fut fort étonné lorsqu'on trouva à dire ledit sieur de Veilles et qu'on eut appris qu'il étoit allé trouver le Roi, auquel il ne manqua pas de rapporter entièrement l'état de Montauban et les lieux qu'on croyoit être les plus foibles et où il rencontreroit le moins de résistance, do sorte que prenant leurs mesures là

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