‹ Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, maréchal de France, et de ses deux fils, les marquis de Montpouillan et de Castelnaut, suivis de documents curieux et de correspondances inédites de Jeanne d'Albret, Henri III (volume 2)Chapitre 64 sur 233 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

son côté tâche-t-il d'y apporter tout le retardement *62'« et empêchement qu'il lui es( possible. Du côté de Montmirat, outre qu'on y avoit rempli deux barriques de terre l'une sur l'autre, on avoit jeté encore quelque peu de terre contre lesdites barriques pour en renforcer le terrain, étant obligés de prendre la terre de notre côté même, car il est à considérer que dans le commencement, il n'y eut jamais nulle sorte de fossés auxdites cornes; seules ment fit-on un fossé d'environ deux ou trois pieds de large et autant de creux, où un homme à qua-? tre pieds pouvoit passer sans être vu, afin de mieux découvrir de là ce qui se faisoit au dehors.

On jetoit aussi la nuit quelque corps de garde d'environ vingt à trente hommes pour empêcher d'avancer le travail des tranchées, et ce à la faveur des fossés de grands chemins; cela fit quelque effet durant plusieurs jours et tant qu'il y eut de la lune, mais aussi après cela, avec ce qu'il y avoit assez de difficultés de pouvoir disposer des gens à en vouloir être, et qu'il falloit d'ordinaire chercher quelqu'un de considération pour les conduire, ils n'étoient pas sitôt là que se donnant une fausse alarme, soudain ils tiroient leurs mousquets et à toutes jambes ils se retiroient dans l'enceinte des cornes, et il étoit du tout impossible après d'y pouvoir ra-

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i63i. mener ceux-là, et on avoit beaucoup de peine à y en pouvoir obliger d'autres, qui n'y étoientpas sitôt qu'ils faisoient même chose que les premiers; et finalement il ne fut plus possible de pouvoir continuer, quoique ces corps de garde incommodoient extrêmement et empêchoient grandement d'avancer le travail des tranchées, quoiqu'ils y fussent en sûreté et qu'il n'y avoit nulle apparence qu'on les osât pousser de peur de s'engager : aussi ceux qui l'auroient voulu tenter, eussent-ils été entièrement à la vue de nos remparts sur lesquels il y avoit dix mousquetaires qui tiroient incessamment durant la nuit aux lieux qu'ils jugeoient qu'on travailloit et où l'on entendoit le bruit ; si bien qu'il se trouva même une fois qu'un homme de commandement étant à découvert , et pour y faire travailler six pionniers , que lui ayant un genou en terre , il reçut une mousquetade en l'autre, de quoi il fut estropié toute sa vie , et les six pionniers furent tués.

Nous dirons encore ceci , que pendant quinze jours ou trois semaines , monsieur de Castelnaut ne bougea jamais desdites cornes, et ne se mit jamais sous nulle sorte de couvert , et s'il faut ainsi dire, n'employa pas même une heure à dormir; finalement et à cause qu'il y avoit quelques pliii* s,

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