‹ Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, maréchal de France, et de ses deux fils, les marquis de Montpouillan et de Castelnaut, suivis de documents curieux et de correspondances inédites de Jeanne d'Albret, Henri III (volume 2)Chapitre 69 sur 233 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

telnaut ne pouvant pas être partout, mais elles ne 1621« furent jamais attaquées. Monsieur de la Force ne manquoit pas aussi jamais une ou deux fois par jour d'aller voir tous les quartiers et d'y ordonner ce qu'il jugeoit y être nécessaire. Le Comte d'Orval s'employoit également de son côté le mieux qu'il pouvoit, mais il avoit assez à faire avec les Consuls de Montauban, à tant de choses auxquelles il falloit pourvoir et prévoir dans un siège de si grande importance.

Nous avons encore à dire que comme plusieurs pouvoient faire de mauvais jugements de l'issue de ce siège, et qu'incessamment il y avoit des entremetteurs et solliciteurs de la part du Roi ou de ceux qui avoient de l'autorité auprès de lui, soit par des tambours ou autrement, ils tàchoient toujours d'avoir quelque conférence, soit dans les campagnes, soit dans les cornes de Ville-Nouvelle, bien quejusques-là, ils n'en eussent rapporté nulle satisfaction. Il arrive que le sieur de Dade, de qui nous avons parlé, y fut employé; le sieur de Veyrières , un des négociateurs , avoit déjà été vers monsieur de Rohan et en étoit revenu. Sur les propositions qu'il avoit faites de la part de monsieur de Piohan, on renvoya vers celui-ci les sieurs de Dade et de Noaillan avec passe-port du Roi, pour

im. lui faire des propositions de paix. Messieurs de Monlauban ne voulurent jamais entendre à en faire une particulière pour eux , demandant toujours qu'on eut à traiter avec messieurs de l'Assemblée générale à la Rochelle et avec monsieur de Rohan. Mais comme lesdits sieurs de Dade et de Noaillan furent sortis de la ville, avant de leur permettre d'aller vers monsieur de Rohan à Castres, on les mena parler à monsieur le Connétable qui les reçut avec des paroles extrêmement rudes et pleines de menaces, leur reprochant leur rébellion d'avoir osé prendre les armes contre le Roi ; après cela le sieur d'Esplan ' les conduisit en toute sûreté.

Le principal effet que fit ce voyage, c'est qu'ils rapportèrent l'assurance d'un secours que monsieur de Rohan leur devoit envoyer; de quoi on commençoit à avoir grand besoin , à cause du grand nombre d hommes qui avoient été tués ou blessés et par conséquent rendus inutiles, et aussi parce qu'on avoit été contraint de retirer des compagnies beaucoup d'artisans qui avoient pris les armes, faisant besoin, comme les serruriers, arquebusiers, eordonniers et autres ; enfin par suite

1 i ipritJJard, Seigneur d'Esplan, Marquii de Grimant, capitaine de carabins et confident du Connétable de Luynes.

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