CHAPITRE IV
de la grande fatigue que tous éprouvoient pour ««"• être perpétuellement en garde, ne recevant que bien peu de rafraîchi ssement des autres compagnies qui étoient aux quartiers non attaqués et qui les venoient relever, mais cela ne pou voit suffire partout.
Du reste clans cette négociation, il ne fut rien conclu hormis une entrevue que l'on proposa de faire entre le Connétable, messieurs de Sully et d'Esdiguières, et monsieur de Rohan à Villemur ; ce dernier néanmoins étoit résolu avant cela d'employer ses efforts à faire entrer le secours, jugeant que la chose en seroit doublement avantageuse, d'abord à cause du meilleur état auquel se trouveroient messieurs de Montauban, ensuite par la diminution des espérances de pouvoir venir à bout d'eux, se flattant par cette raison de faire la condition d'un traité plus avantageux en faveur de ceux du parti de la Religion.
Mais comme nous n'avons pas parlé de monsieur d'Eymet, il ne faut pas croire qu'il fut des oisifs, mais bien des plus occupés ; car après la mort du Comte de Bourgfranc et que Dade eut dégénéré de ce qu'on s'étoit promis de lui , il avoit tout le fardeau et le soin des gens de guerre, pour les disperser et rafraîchir d'un côté à l'autre selon le
i62i. besoin, et pour faire pourvoir des choses nécessaires en chaque quartier; et surtout lorsqu'il étoit question de faire des sorties, cela le regardoit de voir de quels lieux il tireroit les soldats pour les faire; soit aussi pour les munitions, soit pour le travail.
Il arrive donc que les sieurs de Dade et de Noaillan étant de retour, qu'après avoir fait leur rapport à ceux de Montauban, ils furent obligés ensuite d'aller rendre réponse des intentions de messieurs de Montauban qui sans s'engager en rien, se contentèrent qu'il se fit un traité général et de s'y soumettre. Le sieur de Dade étant donc allé trouver ceux qui avoient été députés de la Cour pour l'ouïr, il ne voulut plus retourner dans Montauban ; et il est vrai qu'il avoit tenu quelques discours qui n'avoient pas agréé à ceux de ladite ville, leur ayant témoigné qu'ils ne se dévoient pas opiniàtrer à soutenir le siège, et que s'ils vouloient entendre à un traité, ils en pouvoient tirer une honorable et avantageuse capitulation.
Nous dirons aussi que le sieur de Lendresse se voulant acquitter de la promesse à quoi on l'avoit obligé, prit occasion un jour, après en avoir eu le consentement de monsieur de la Force et de monsieur de Castelnaut; et favorisé par ceux des cornes