‹ Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, maréchal de France, et de ses deux fils, les marquis de Montpouillan et de Castelnaut, suivis de documents curieux et de correspondances inédites de Jeanne d'Albret, Henri III (volume 2)Chapitre 77 sur 233 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

SOMMAIRE

Attaque générale des assiégeants. — Le Comte de Bourgfranc tué à Ville-Bourbon. — Les Royaux repoussés partout. — Mort des Marquis de Themines et de la Frette. — Reyniez blessé. — Trêve pour enterrer les morts. — Castelnaut chargé de faire rendre les corps aux assiégeants. — Conversation entre ceux du quartier de Montmirat et les ennemis. — M. de Pardaillan à la tranchée. — Castelnaut découvre une mine des Royaux. — Elle produit un effet contraire à leur espoir. — Dangers que courent MM. de la Force , d'Orval et de Castelnaut. — Sortie des assiégés. — Ils enclouent les canons et mettent le feu aux tranchées. — Défense du Moustier et de Ville-Bourbon. — Travaux exécutés à Montmirat. — Castelnaut fait sauter un corps de garde des ennemis. — Seconde mine des assiégeants.— Ils donnent à la brèche et sont repoussés. — Intrépidité des Montalbanoises.— Mine de Castelnaut, qui fait sauter un porteur de Commissions et une vingtaine de Royaux. — Secours envoyé par M. de Rohan. — Beaufort, qui le conduisoit, est pris avec une partie de sa troupe. — Cinq à six cents gagnent Montauban. — On offre à Castelnaut le commandement du Moustier. — Insubordination d'un bourgeois. — Attaque du Prince de Joinville au Moustier. — Mort de Daniel Charnier, ministre protestant. — Dangers de la ville de ce côté.

Après l'exécution du capitaine Sauvage, il se mu prit une résolution dans l'armée du Roi de faire une attaque dans tous les quartiers, croyant que la brèche que le canon y a voit faite en certains lieux,

1621 étoit suffisante pour les pouvoir emporter par-là, et que faisant les attaques en divers endroits, ceux de Montauban auroient moins de moyens de se pouvoir entre -assister les uns les autres, et surtout à Ville-Bourbon.

3septemLre Et comme on voit aller et venir les troupes de tous côtés, et entrer dans les tranchées en plus grand nombre qu'à l'ordinaire, on juge qu'il y a quelque nouveauté et que ce n'est pas sans dessein. Ainsi on se prépare partout pour s'y opposer. L'attaque de Ville-Bourbon fut fort rude : ils entrent en force dans la demi-lune qui étoit devant la porte, laquelle le canon avoit fort endommagée , et de là dans le fossé croyant devoir tout emporter. Mais comme ils faisoient leurs préparatifs pour donner, la curiosité du Comte de Bourgfranc l'oblige à vouloir regarder par le dessus du terrain, il fut frappé à la tête d'une petite balle comme de pistolet, et tomba entre les bras du Baron de Villemade et de Sigagnac, de Castelsagrat , qui étoient avec lui, et ne parla jamais. ?Sous donnons cette particularité pour faire perdre L'opinion que plusieurs ' ont eue que c'éioit

1 Entre autres le Bret , qui s'exprime ainsi dans son Histoire de Montauban, p. 238 : « On dit que Marsolan te lit tuer pu derrière pendant la plus grande chaleur de l'action, soit de WB iikium iik m et à cause de la querelle qu'ils avoient eue ensemble sur le sujet du

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