‹ Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, maréchal de France, et de ses deux fils, les marquis de Montpouillan et de Castelnaut, suivis de documents curieux et de correspondances inédites de Jeanne d'Albret, Henri III (volume 2)Chapitre 78 sur 233 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

même de ceux de dedans qui l'avoient tué. On cela mi' tout autant qu'on put sa mort, de peur que cela ne donnât de l'épouvante parmi les assiégés , et principalement à cause de la grande attaque.

Au Moustier il y eut aussi une assez rude attaque sur une espèce de dehors ou demi-lune qui fut assaillie et prise, puis rechassés et reprise. Monsieur de Reyniez quicommandoità ce quartier, fut blessé d'une mousquetade à unejambe, et plusieurs de tués et blessés de part et d'autre.

Les seules cornes de Montmirat ou de Castelnaut, car elles furent ainsi appelées, ne furent pas du tout attaquées. Pour Ville-Bourbon , il y fut tué dans le fossé où ils étoient entrés, force gens de condition, entre autres le Marquis de Thémines , Sagnes , Palleret, le Marquis de * la Frette blessé et porté dans Ville-Bourbon qui mourut deux ou trois jours après , et ce pour s'être avancé sans reconnoitre le péril où ils s'engageoient. Ceux qui en échappèrent furent contraints de se retirer en grande hâte et en grand désordre; cette attaque dura jusqu'à la nuit.

pont que Bourgfranc avoit été d'avis de couper, soit par ordre de ceux de la ville qui s'étoient toujours défiés de lui depuis l'affaire de Sauvage. »

1 Claude du Gruel, Marquis de la Frette, Gouverneur de Chartres.

2i0 MÉMOIRES DU MARQUIS DE CASTELNAUT.

i62i. Le lendemain les assiégeants demandent trêve

et permission de pouvoir retirer leurs morts , ce qui leur fut facilement accordé parce que cela donnoit moyen aux assiégés de faire quelque petit travail qui leur étoit nécessaire, et de réparer quelque brèche, que d'ailleurs aussi cela leur ôtoit l'infection que ces morts pouvoient causer étant dans leurs fossés , mais aux conditions que durant la trêve, ceux de l'armée du Roi ne feroient nulle sorte de travail; et tout au contraire ceux de Montauban se servoient de cette occasion, le pouvant faire sans qu'ils fussent aperçus; avec cela on ne voulut pas permettre aux assiégeants de s'approcher et de venir chercher leurs morts, mais on les leur apportoit l'un après l'autre. Monsieur de Castelnaut ayant été prié de vouloir aller à Ville-Bourbon pour les faire rendre et mettre l'ordre à tout ce qu'il jugeroit nécessaire , ce fut la première fois qu'il sortit de son quartier. Pour cet effet, il fit prendre une hallebarde à un trôs-honnète homme et capable , nommé la Rivière que ceux de Montauban avoient fait venir pour les assister, afin qu'allant et venant , il pût remarquer l'état des tranchées et les autres desseins qu'on poufiroif avoir, Lequel n'ayant pas d'autre emploi, servoit très-utilement dans tous les quartiers, donnant ses

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