‹ Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, maréchal de France, et de ses deux fils, les marquis de Montpouillan et de Castelnaut, suivis de documents curieux et de correspondances inédites de Jeanne d'Albret, Henri III (volume 2)Chapitre 88 sur 233 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

embuscade où on les attendoit et où on avoit coupé »<*i tous les chemins pour les empêcher de passer. L'épouvante se mit un peu parmi eux , leurs guides s'écartèrent. On commence à tirer sur eux, et eux nonobstant cela et tous les empêchements qu'ils rencontroient, ne laissent pas de passer outre, mais ce fut pour donner dans un quartier de Suisses où ils furent mal-menés et beaucoup de tués.

Ceux de Montauban oyant les mousquetades et se doutant que ce pouvoit être le secours, font sonner les cloches et allumer des feux au haut du clocher pour leur donner connoissance durant l'obscurité de la nuit, de là où étoit la ville, car nul d'eux n'en savoit le chemin ni de quel côté ils dévoient aller j mais ne se contentant pas de cela, ils y firent encore allumer de grands feux. Une partie d'environ cinq à six cents hommes se sauvent dans Montauban; d'autres se cachent dans les bois et fossés, qui après cela se rendirent dans Montauban, d'autres se retirent du côté qu'ils étoient venus, et environ deux cents furent pris prisonniers avec monsieur de Beaufort * qui , dit-on , n'étoit

1 «Beaufort, blessé, fut retenu prisonnier avec un Ministre qui l'accompagnoit. Celui-ci mourut peu de jours après en prison ; et Beaufort, tenu pour un homme dangereux et remuant, fut envoyé à Paris et logé dans la Bastille, dont il sortit peu de temps après; et

>62i. pas homme à faire diligence à pied, et l'Écossois aussi ; ils furent menés à Picquecos où étoit le Roi, et de là conduits aux galères.

Je crois qu'il sera à propos de dire en ce lieu que dans le traité de paix qui se fit quelque temps après à Samte-Foi, monsieur de la Force ne les oublia pas et obtint qu'on les sortiroit des galères, ce qui ne fut pas observé et ne put être fait que quelque temps plus tard, et après le traité de Montpellier, alors que monsieur de la Force alla à Paris, où il sollicita avec si grand soin et presse, comme la chose lui ayant été promise, qu'enfin ils fuient mis en liberté.

Nous dirons encore une particularité : c'est que ceux du voisinage et nommément ceux de Moissac, oyant le son des cloches, crurent que Monlauban étoit pris, et généralement de tous côtés, ils venoient avec ânes, chevaux et charrettes sous espérance d'avoir part au pillage et pour le pouvoir emporter. Quelques-uns ne s'en trouvèrent pas bien, qui ne prenant pas garde à eux y furent tués, et les autres se trouvèrent bien moqués. Il arrive aussi que dès aussitôt on se mit à tirer contre le

depuis fut pris à ramiez par le Prince de Condé, et remis entre les mains du Parlement dp Toulouse, qui lui fit trencher la tiMe. » // loin d§ Loui$ XIII, pat Ùupletx, p. 9BÊ.)

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