UVRE UI, CHAPITRE XIX
la saison et la rigueur du temps par des -gelées fort *«»• extraordinaires leur en ôtérent le moyen.
Lesdits Généraux se disposent à entreprendre dans le Wirtemberg que les Impériaux occupoient depuis la bataille qu'ils avoient gagnée à Nordlinguen, et n'y restoit que quelques forteresses situées en des lieux inaccessibles.
Comme ils préparoient le magasin de leurs vivres, qui sefaisoit à Philippsbourg, et qu'une partie étoit conduite par eau venant de Strasbourg, ils reçoivent la nouvelle du malheur arrivé audit Philipps- ** i»i*«bourg, que la négligence et mauvais devoir d'Arnauld *, qui en étoit Gouverneur, laissa surprendre aux ennemis, ce qui fut un mauvais coup et traversa fort les affaires.
Lesdits Généraux de l'armée du Roi et le Duc Bernard de Weimar, qui étoit dans le Bergstraat, depuis la rivière du Rhin jusqu'à celle du Necker, prennent résolution de se voir, ainsi que le grand . Chancelier de Suéde Oxenstiern qui étoit à Worms;
1 Richelieu dit en apprenant cette nouvelle : Ah ! voilà de§ toldats du père Joseph! Au lieu d'Arnauld-Corbeville, on l'appela Arnauld-Philippsbourg. Il fut rois à la Bastille. Sa famille fit imprimer une petite apologie , où ils chargeoient M. de la Force de n'avoir pas voulu, par envie, envoyer les choses nécessaires dans la place; mais ils ne persuadèrent personne. {Tallemant de$ Réaux, tom. If, page 299.)
1Û2 MÉMOIRES WJ »0C >DB LA FOICE.
ils prennent jour de^ trouver tous à Bensheim, En même temps, à tlaiavsur» des glaces, le. Rhin, étant pris, ils ont avis que les Impériaux avtieaJ; passé ladite, rivière «t VétoWnt saisis ck . la ville.de, Spi^, et en. même temps courent la campagne- et défont quelque caralepie -écartée q»ui vea#û du eôté de la* France. L'alarme en est gwnde<dâns «tout le pays* surtout à Franckenthal, à Worms et, autres villes, lesquelles dépêchent vers ilesdits 'Généraux pou* leur demander, secours f soudain ils jettent uûi régiment , à . chacune de ces i places > et prennent ente a eux. résolution qu'étant .difficile de, rien entreprendie du côté où ils étoient, qu'il falloit repasser le Rhin pour s'opposer aux ennemis et appuyer toutes les villes qui branloient.
En l'exécution, les difficultés arrivent du temps; les glaces avoient contraint de défaire le pont de Mannheim, et comme ils pensen t passer sur la glace, un dégel survient tout à coup si grand qu'ils ne le purent; deux jours après lesdites glaces se fortifièrent ; ils firent prendre ce temps-là au Marquis de la Force, Maréchal de camp en. ladite armée, pour passer avec vingt cornettes de -cavalerie et rejoindre quelques régiments quLetoientde.ee côtélà. 11 apporta si bonne diligence à tout, que plohsieurs villes qui étoient prêtes à ouvrir leurs pertes
wrw m, CHAPITRE XBC 103
ara. Impériaux , se rassurèrent etif urentceaaservées,; *«»* entre autres Lasutati , Gueriiiersheim, Weissembewg, I^itfgrbetug, Neustadt etautere^. Ceux de Phiiif I^bo»rg, qui se^i&p€)ôoie»tà.faii?euapom,et pour U. garantir foisoieat de l'autre? eoté à la tète i^foei, furent ôUïppi^pa*Je4it3i«nr Marquis, qui enaffOfrteiA avis, et chargés si rudement que sans réH9taj*€e t .tlè»qtt'H ,ftt donner, ils aba*idoitnèrettt tQVt» U y a voit cwt aoldast* dont une vingtaine seuJetnetàt purentgagnar leurs bateaux,, le reste fut surprix o«/ tu4, et soudain il ( Gt démolir k fo*t.
La rivière ne fut déchargée de glaçons de plus de dix jours après; dès qu'ils eurent moyen 4e remettre leur pont, ils repassent avec toute l'armée; mais le nombre des malades étoit prodigieux; les soldats avoient fort pâti, non-seulement à cause de la rigueur du temps , mais encore parce que souvent ils avoient été sans pain ; à quoi aucune prévoyance ne pouvfoit remédier, car les gelées avoient tellement ruiné tous les moulins que bien que l'on ne manquât de bleds il étoit impossible d'en faire des farines.
Lesdits Généraux étant pressés, ilsprennentleurs logements à Neustadt et de là à Laudau, puis donnèrent cinq ou six jours de temps aux troupes pour se rafraîchir; la terre étoit toute couverte de neige
têts, et faisoit encore un fort rude temps ; néanmoins jugeant l'importance de cette place de Spire et la grande subjection où elle tenoit tout le pays, joint les avis qu'ils avoient de la construction du pont que les ennemis faisoient vis-à-vis de la ville, au moyen duquel ils se donneroient communication avec les armées de delà et pourraient en prendre toutes sortes de rafraîchissements, estimant que leur entreprise seroit lors bien difficile à exécuter, et qu'ainsi la dilation leur étoit fort nuisible, voilà pourquoi ils se résolvent, nonobstant les incommodités de l'armée et la rigueur du temps, à attaquer Spire.