LIVRE m, CHAPITRE XVI
néreuse qui se soit vue ; il falloit faire onze journées l «°d'armées en pays ennemi, sans aucune retraite ni faveur, et porter leurs vivres. Ils vont à la portée du mousquet de leursdits retranchements, toute l'armée du Roi marchant en bataille en très-bel ordre ; étant sur le point de donner, vint à eux de la part de l'ennemi, le signor Mazarini 1 , agent du 26 octobre. Pape, au galop, faisant signe du chapeau ; il approche et leur dit : Je viens vous offrir de la part de ces messieurs de lever le siège, remettre la ville et le château, quatre ou cinqplaces qu'ils tenoient dans le Montferrat, et retirer leur armée au Milanois.
Messieurs les Généraux ne se pouvant contenter de cela, n'y voyantpoint d'assurance, tous les chefs jusqu'au nombre de vingt, leur en vinrent donner parole à la tête de leur armée. Ainsi se termina cette action si honorable qvi'il ne s'en voit pas d'exemple; un chacun sait le courage et bonne conduite qu'y témoigna le Maréchal de la Force. Comme ils eurent pourvu de vivres et de munitions
1 Jules Ma7arin, alors capitaine dans Tannée papale et l'un des agents de la Cour de Rome; c'était ainsi qu'il préludait à sa haute fortune. Richelieu, charmé de l'habileté du jeune diplomate, avait su l'attacher aui intérêts de la France, et le 4 septembre il avait négocié une trêve générale qui était expirée le 15 octobre. Voir (correspondances, 5 septembre 1630) une lettre du Maréchal de la Force au Cardinal.