LIVRE m , CHAPITRE XXL
ledit Duc vient le joindre, et se rendent ensemble à i«ss. Lunéville. Gomme ils sont là , ils apprennent que l'arrière-ban de Normandie et Champagne étoient arrivés à Châlons, qui faisoient environ trois mille gentilshommes conduits par monsieur de Longueville et le Vicomte d'Arpajon, Maréchal de camp, qui avoient ordre de les conduire à leur armée.
Étant à Lunéville, ils apprennent que le sieur de Laymon i étoit parti de Rambervillers, où étoit l'armée du Duc deLorraine, et avoit passé au Pont-Saint- "Vincent avec quinze cents chevaux, et s'en alloit vers Saint-Mihiel pour rallierd'autres forces. En cemême temps f cette Noblesse de Normandie et de Champagne s'étoit avancée et se trouva assez près de là. Ledit sieur d'Arpajon en donne avis ; les Généraux d' Angoulème et de la Force ayant conféré ensemble, croient qu'il y auroit moyen d'entreprendre sur eux. Ledit Duc d' Angoulème désire d'y aller, avertit le sieur d'Arpajon, et part avec cinq cents chevaux de l'armée et autant de dragons , et va au rendez-vous qu'il avoit donné; mais cette Noblesse ne se trouva si prompte qu'il falloit, avec ce que Laymon, qui avoit tout le pays à sa dévotion, en fut averti, de sorte qu'il tira pays de bonne
* François de Sayigny sieur de Leymont; Richelieu dit qu'il était sergent de bataille du Duc de Lorraine.
#50 MÉMOIRES DU MJiC DE 1A FORCE.
j»t heure; il avoit fait assembler du pays mille ou douze cents hommes de pied qu'il jeta dans&amf- Mihiel, et hii avec la cavalerie s'avança dans fe Luxembourg. Les nôtres les suivirent une journée seulement, défirent quelque infanterie' qu'ils ren-* contrèrent et s'en revinrent; cela fit perdre fouit ou dix jours de temps, ce qui nuisit beaucoup, de quoi le Maréchal de la Force passoit bien de la peine> car leur dessein étoit d'aller attaquer le Ducr dte Lorraine qui s'ëtoit placé avec son armée à* Rambervilters et y fafeoit fortifier son camp par de grands retranchements; son avis eût bien été cPàîkr plutôt là.
Le Duc d'Angoulême s'en revint joindre Farméé k Lunéville, et donne quartier* à, toute cette Wcmblesse à Rozières, à deux petites lieues de lainévilte, et à deux milledfcagons qui marehoîent avec* eux, dont if y en avoit douze cents de monsieur le Cardinal dfe Richelieu, avec des mancBUes rouges qu'il fàisoit beau voir; l'on prencP un jour pour dtmner du repos à tout cela.
Le second jour ces deux armées se joignent
au rendez-vous qui fut donné sur le chemin de
Gerbevillër, où ils allèrent loger, et lè : lendemain
ttiepumbn. bon matin, ils partent pour se rendre à Magnière,
à deux petites lieues de Ramber>villers, lieu que le»
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ennemis occupoieat. Étant avertis, ils délogeai et tachent de le brûler. Quelque cavalerie qu'ils auoient dedans, de met en campagne et se monte* au-devant du village. Les coureurs de notre avant» gasde ies chargent, ils se retirent de bonne heure, non «a rôle qu'il n'en fut attrapé quelques-uns. JL»es ennemis avoient saisi un château nommé Moyen, dépendant de l'£ vêehé de Metz, assez bon, quin'é*toit xju'à denii4ieue du camp de Mag&iére; l'a» prit résolution de l'attaquer. A cet effet, on menu deux cuums, environ quinze cents hommes de pied et eiaq ceate daevaux conduits par Je Marquis deSourdis, l'on «des Maréchaux de «amp de l'armée? il y fut fait Jbosme diligence et furent tellewmemt pressés qu'ils se rendirent au bout de teois yrazs, pendant tasqpiets on fut obligé d'envoyer une forte escorte àJSancy pour le pain de apaunition. U se faisait soeveot des .parties de tonSiCÔtés, où l'a» atiarapoit toujours quelqu'un, mais il ne s'y passa ïam de ^considérable.
(Leftemps et le loisir qu'on avoit donnés aug e®*- «emis de faire leur travail, les avaient mis en ai b#n état que «'eût été grande témérité de les atter «quer là et mettre l'armée -en péril/ autre qttejfat ieur<ét©it*en plus ;grand inambre, tant de<ca^atant£ 4fne djinfaaterie, jet avoit vingt pièces de JttBQlu
La résolution fut prise de se loger avantageusement autour d'eux , qu'empêchant qu'ils ne pussent avoir des fourrages et vivres, on pût les ruiner. En ce même temps arrive un courrier de sa Majesté, laquelle sur les avis que messieurs de la Force et d'Àngouléme lui avoient donnés, faisoit avancer six mille hommes de pied et cinq cents chevaux du côté de Remiremont, pour priver les ennemis de la communication, qu'ils avoient avec ceux de la Franche-Comté, et leur couper les vivres qu'ils en tir oient; ce qui fit résoudre messieurs les Généraux de passer l'armée de l'autre côté de Baccarat, d'où ils tiroient aussi leur principale subsistance, y ayant là de bonnes vallées qui leur portoient force commodités, du côté de Raon et de Saint-Dié. Quand ils furent placés à Baccarat, les Généraux envoyèrent saisir Radonviller et Blamont, et alloient attaquer Raon et Saint-Dié que les ennemis tenoient; mais arrivèrent en ce temps-là nouvelles que .le Galas qui commandoit l'armée de l'Empereur et qui étoit passé deçà le Rhin, avoit saisi les places de Spire, Landau , Gemersheim , et quelques autres qui étoient sous la garde du Duc Bernard de Wèimar, et ensuite pris Worms et bloqué May ence; ledit Duc Bernard s'étoit retiré avec son armée qui se trouva foible, du côté de Metz à Sarbruck, et avoit