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neur d'Àrdres en envoya avertir le Maréchal de la uss. E&rce, qui fit soudain partir le sieur d'Arpajon pour les secourir avec quinze<ient$ chevaux et deux mille mousquetaires; mais quand il arriva, il trouva besogne faite j le Maréchal de la Force le suivoit avec le reste de l'armée.
Gomme il reconnutque ledit Prince Thomas avoit pris des postes deçà la rivière qui lui pourraient nuire, il délibère d'aller attaquer promptement cette redoute de la digue, jugeant qu'il Tauroit bientôt reprise, si l'avis qu'on lui avoit donné que ledit Prince Thomas fût monté vers Saint-Orauer avec son armée, étoit véritable ; en tout cas que s'il étoit encore là, ce lui seroit possible une occasion de le pouvoir combattre, ce qu'il recherchoit toujours. Il part au point du jour avec son arméej *w* comme il approche de ladite redoute, il y trouve encore l'armée du Prince Thomas placée si avantageusement, qu'il n'y avoit aucun moyen de là pouvoir approcher, à cause des marais et des fossés, de sorte que deux ou trois heures se passèrent seulement 6Efc££carmouches avec force canonnades de part et d'autre. Ledit Maréchal s'étant retiré et voyant qu'il étoit impossible d'aller aux ennemis ptfur les déloger de là où ils étoient, se résolut de se placer aussi d&ra&t eux pour les eoqpêcher qu'ils
204 MÉMOIRES DU pue DE LA FORGE.
1638. ne pussent interrompre les convois, et donner sûreté à tous ceux qu'il faisoit faire deux ou trois fois la semaine pour l'armée du Maréchal de Châtillon au siège de Saint-Omer; il se retrancha le long d'un petit ruisseau à une petite église nommée Zouafques,. et conduisit toutes choses si heureusement qu'il ne perdit jamais aucun convoi.
Au bout de quelques jours, le Comte Piccolomini vint avec son armée joindre le Prince Thomas; ce grand renfort même de cavalerie, leur donna hars juiii*. diesse de se venir présenter aux retranchements du Maréchal de la Force, pensant le braver. Il y vint encore six mille chevaux très-bien armés, commandés par le Comte de Nassau *, et Colloredo qui commandoit la cavalerie de Piccolomini, comme étant son Lieutenant Général ; ledit Maréchal crut qu'ils venoient lui présenter la bataille; soudain il prépare son armée, cavalerie, infanterie et artillerie, et marche droit à eux. Comme les ennemis voient cela, ils commencent à faire leur retraite en très-bon ordre. Notre cavalerie leur fit quelque charge, de quoi ils ne se trouvèrent pas bien ; il y eut quelques escadrons trop chauds, qu'il§ ramenèrent battant; aussi étoient-ils beaucoup plus en
1 Jean III Comte de Nassau Siegen, surnommé le Jeune.
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nombre. Ledit Maréchal s'avance toujours avec le un. gros, sans sïémouvoir, jugeant bien qu'à la fin il en auroit raison. En effet, comme ils approchent de leur retraite, il falloit qu'ils se retirassent en défilant; la quantité de charges qu'il leur avoit faitfaiçe, les avoient amorcés et donné temps à son infanterie de les joindre, et de même à son artillerie d'arriver; il fit jouer tout cela si à propos, que tout fut mis en déroute, et s'embarrassèrent tellement sur leur passage à cause des marais et des grands fossés, que ce fut un furieux carnage : il y eut plus de deux mille hommes et chevaux de tués ou pris* Colloredo * entre autres y fut tué. L'on en amena plus de huit à neuf cents chevaux fort bons; les cavaliers étoient contraints de les abandonner pour se sauver à pied dans les marais où les nôtres les alloient tuer, les trouvant embourbés. Cette victoire 2
1 Le même qui avait déjà été défait et pris au combat de Raon par le Marquis de la Force.
2 Le Président Hénault dit : « Le Maréchal de Châtfflon lève le siège de Saint-Omer le 15 juillet ; le Maréchal de la Force, qui étoit Tenu le joindre, avoit été battu le 8 par le Prince Thomas. » Ceci est une erreur grossière, et ce n'est pas la seule de l'Abrégé chronologique, malgré l'estime accordée généralement à cet ouyrage. Indépendamment du témoignage du Maréchal, nous citerons cette phrase du JHercure François, qui termine le récit de ce combat oublié par un grand nombre d'historiens qui se sont tous copiés les uns les autres : « La principale gloire de ce combat et de la victoire est due à Tordre et à la bonne conduite du Maréchal de la Force, lequel nonobstant
1038. fut fort glorieuse et de réputation atlx artites du Roi. Le Comte de Nassau se sauva à pied/ -mais peu de jours après , il en mourut de déplafeir. Il s'y perdit des nôtres, trois capitaines de chevaulégers, deux lieutenants, deux cornettes» fort peu de cavaliers.
A la même heure, sur la fin du combat etdans le même champ, arriva un officier avec des lettres du Maréchal de Ghâtillon \ conjurant le Maréchal de la Force de l'assister encore de trois mille mousquetaires ; que la nuit auparavant, l'infanterie du Prince Thomas avoit forcé un de seâ corpfrde garde au delà du marais de Saint-Omer, et avoit jeté par le moyen d'un canal avec des bateaux, du secours dans la ville. Ledit Maréchal ne se contente pas d'y envoyer ledit secours, car il y alla lui-même avec toute son armée; arrivant à son quartier,- il commande que l'on charge tout le bagage en diligence, qu'il veut partir dans deux heures. En effet, il arriva à six et partit à huit, marche toute la nuit et arrive le matin au ôiége de Saint-Omer, où il trouve les affaires en mauvais état. Les ennemis s'étoient
son âge de quatre-vingts ans, fut tout le jour arme* de toutes pièces, assisté du Marquis de Castelnaut, son fils, Maréchal de camp.» (Tome XXII, page 104.) Voir {correspondances, 19 juillet 1638) une lettre du Roi qui félicite le Maréchal sur ce succès. 1 Correspondances, 7 et 8 juillet 1638.
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rendus maîtres du travail que l'on aypit fait à l'em- m. bouchure du canal, d'où il étoit fort difficile de les déloger à cause que la rivière étoit entre deux et un grand marais. La plus grande part dp leur armée y étoit retranchée; il restait au delà du marais sur un haut, un grand fort 1 que le Maréchal de Châtillon y avoit fait faire, gardé par mille ou douze cents mousquetaires, qui est tout ce qu'il tenoit au delà dudit marais, où l'on ne p?uvoit passer pour la défense d'icelui, à ca^se que les ennemis s'étaient saisis de la digue et des ponts que Ton avoit faits suc le marais pour aller et venir audit fort, de sorte que. les ennemis se voyant libres, attaquèrent ledit fort avec dix ou douze canons Les deux Généraux, lé Prince Thomas et le Comte Piccolomini, s'y rendent tous deux avec toutes leurs deux armées, et ayant le passage libre pour aller à la ville de Saint-Omer, ils s'y en venoient tous les * jours pour faire trophée de leurs avantages.
Lç Maréchal de Châtillon qui voit ce fort au delà du marais, attaqué et battu vivement, et force honnêtes gens qu'il avoit jetés dedans en danger imminent, propose de les aller secourir avec les deux armées en faisant le tour au delà du marais,
* Le fort du Bac que le Maréchal de Châtillon avait fait élever à Saint-Momelin et qui dominait toute la poiition.
tas. entreprise fort périlleuse, car il y avoit cinq lieues de tour à faire, le pays fâcheux, couvert de bois, traversé de grandes ravines, et outre ce, .-ceux qui l'étoient allés reconnoître, rapportoient que les paysans avoient coupé de grands arbres et retranché les passages; l'on ajoutoit à cela que les ennemis en l'attaque dudit fort n'avoient pas manqué de se retrancher et mettre en bon état de défense, et que quand bien même on auroit surmonté toutes ces difficultés et contraint les ennemis de lâcher le pied, l'on n'en pouvoit tirer d'autre utilité que de retirer les hommes qui étoient dans ledit fort, car il étoit constant qu'il falloit toujours l'abandonner, ne le pouvant secourir ; et les ennemis étant maîtres du côté de delà, il n'y avoit plus d'apparence pour le succès du siège. D'ailleurs à ces desseins il s'y rencontrait encore des difficultés : c'est que ladite armée ne pouvoit aller et revenir de cette entreprise % qu'elle n'y employât au moins six ou sept jours, et l'on n'avoit pas de pain pour deux ; mais ce qui étoit encore plus important, c'est que Ton ne voyoit pas le moyen que l'armée partant du camp, on le pût assurer, car étant éloigné, si les ennemis qui avoient le chemin libre par dedans la ville où ils pourroient faire passer leurs armées, venoient attaquer le camp, nous y laissions en proie toute l'ar-
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tilkrie, les munitions et tout le bagage des armées, im. ce qui étoit les faire périr, comme si on avoit perdu une bataille.
Ainsi, après avoir bien examiné toutes choses, il fut jugé de tous qu'il n'y avoit point d'apparence d'entreprendre cela ; aussi ceux qui étoient dans ledit fort, que l'on appeloit le fort du Bac, se rendirent par capitulation dès le lendemain; dès lors il se fallut résoudre à la retraite, l'armée ne faisoit plus que se ruiner. Le Maréchal de Châtillon prie le Maréchal de la Force de vouloir que l'on s'assemblât avec les principaux Officiers de l'armée, afin de délibérer sur ce qui étoit à faire, à quoi il acquiesça volontiers. Ayant pris heure pour cela, le Conseil de guerre s'étant assemblé, ledit Maréchal de Châtillon représenta les malheurs qu'il avoit reçus en ce siège, dont le plus considérable étoit l'accident survenu par le dessein que le Prince d'Orange ' avoit sur Anvers, où il avoit fait perte de beaucoup d'hommes; que l'on avoit toujours fait état que ce dessein feroit une si puissante diversion de ce côté-là, qu'il pourroit avec facilité exécuter celui
1 Frédéric-Henri de Nassau, troisième Stathouder et fils de Guillaume fondateur de la République des États de Hollande. Il avait commencé par s'emparer du fort de Calloo, mais après deux combats livrés les 18 et 21 juin, les Hollandais furent obligés de se retirer. III. 14
tas. qu'il avoit sur Saint-Omer; qu'au siège qu'il avoit mis devant, les ennemis étoient venus si forts sur lui, et que cette grande enceinte de marais lui avoit ôté le moyen de bien assurer sa circonvallation; que les ennemis s'étant 'rendus, maîtres du. côté de delà, ils avoient maintenant la communication libre dans la ville, et qu'ainsi il ne voyoit plus le moyen de faire réussir cette entreprise; désirant néanmoins de s'y conduire ainsi qu'il seroit jugé pour le mieux, il prioit le Maréchal de la Force, de lui en donner son bon avis.
Le Maréchal de la Force répondit au Maréchal de Ghâtillon, qu'il étoit là avec l'armée que sa Mat jesté lui avoit baillée pour appuyer son dessein et lui rendre toute l'assistance qui lui seroit possible; qu'il savoit bien comme sa Majesté lui avoit ordonné de ne point s'engager au siège; ainsi que pour ce regard, il s'en remettoit à lui ; néanmoins que puisque monsieur de Châtillon en désiroit son avis, il lui disoit librement qu'il n'y avoit point a'apparence de continuer un siège contre unç ville où une armée ennemie étoit arrivée, aussi forte que es leurs, ayant tout un côté à leur dévotion ; que puisque les choses étoient en cet état, qu'il ^Joit plus avantageux au service du Roi de ménager ses armées et de les ôter de là, où elles pâtissoient beau-
uvbé m, cflÀïrntE xîntt. lit
dôtip même pour le manque de fourrages, que dé ** les y tenir davantage.
Ce fut le sentiment dé tous. Dès lors on délibère 15 J uiUet de retiref l'artillerie des batteries, et peu à peU d'ôter leS corps de garde des tranchées qui étôiertt les plus près de la ville; tout cela se fit ett bôfl ordre, sans que les ennemie fissent aucune sortie. Le troisième jour, lerendez-vousde toutes lés armées fiit donné sur le haut de la plaine, à la vue de la Ville. Le Maréchal de la Force marche à là tête avec sott armée toujours en bataille, sans s'éloigner de celle du Maréchal de Chàtillon, qui faisôit là retraite* les ennemis ne parurent jamais qu'on ne fût à plus d'une grande demi-lieue de la ville t il vint six OU sept escadrons qui se montrèrent sûr cette hauteur d'où Ton étoit parti, sans s'avancer davantage. Lçi armées allèrent camper à deux lieues de là, à deu* villages nommés Lumbres et Elnes, et lé lfendé-* main à Nielles où l'on séjourna quatre ou cittq ujumeu jours.
Avaht de partir du siège de Saint-Omer $ les Mft* réchaux àvôient dépêché des courriers vers sa Majesté pour l'informer de l'état de toutes choses et recevoir ses commandements; elle s'étoit avancée 2tjouie«. à Amiens, et monsieur le Cardinal à Abbeville; ils témoignèrent un grand mécontentement du mau-
vais succès de ce siège et du désavantage que cela apportait aux affaires. Lesdits Généraux proposèrent au Roi s'il trouverait à propos pour réparer le mal passé, d'attaquer Hesdin, bien que forte place, mais beaucoup plus commode à cause qu'elle est proche de la frontière de France, et par conséquent ils auroient eu ce côté libre pour la fourniture de tout ce qu'ils avoient besoin. Sa Majesté témoigne l'approuver; néanmoins quelques jours après, elle mande qu'elle trouvoit plus avantageux au bien de ses affaires, de tâcher d'obliger les ennemis à un combat, et qu'elle vouloit qu'ils en recherchassent les moyens, et tâcher d'y contraindre les ennemis; que pour cet effet ils fissent provision de pain de munition pour huit ou dix jours, et qu'ils s'en allassent droit aux ennemis, qui pour conserver leurs villes, s'étoient avancés jusqu'à Thérouanne. Les Généraux marchent jusqu'à Lisbourg, à trois lieues d'eux; ils ont avis que les ennemis s'étoient approchés et avoient campé à deux lieues de là dans un village, ce qui Leur fut rapporté par une partie de cinq cents chevaux qu'ils avoient envoyée prendre langue et qui les virent marcher. Soudain ils prennent résolution d'aller droit à eux, donnent les ordres à toute l'armée pour marcher au point du jour, et laissent le ba-