‹ Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, maréchal de France, et de ses deux fils, les marquis de Montpouillan et de Castelnaut, suivis de documents curieux et de correspondances inédites de Jeanne d'Albret, Henri III ... et autres peronages marquants depuis la Saint-Barthélemy jusqu'à la Fronde; pour faire suite à toutes les collections de mémoires sur l'histoire de France; (volume 3)Chapitre 52 sur 114 · LIVRE HT, CHAPITRE XXHI · texte numérisé non relu

LIVRE HT, CHAPITRE XXHI

liant de sa compagnie de chevau-légers. Deux jours iws. après, cette résolution fut changée, Ton crut que cette place avancée dans le pays des ennemis, coûterait plus à' garder qu'on n'en sauroit tirer d'utilité. Nouvel ordre fut donné auxdits Généraux dé lafaire raser, et le sieur de Villequier 4 en fut particulièrement chargé; on s'aida des mines qui avoient été faites aux bastions , et en fit-on des nouvelles jusqu'à douze ou treize, de sorte que cette place fut entièrement bouleversée. Cela retint les armées encore six ou sept jours, pendant lesquels on avoit pourvu à faire des magasins de pain de munition.

Les Généraux reçurent commandement de sa Majesté de marcher avec les deux armées par le milieu du pays des ennemis, et se rendre le plus tôt à Crèvecœur ou à l'abbaye de Vaucelles , à deux lieues du Catelet; le Roi avoit fait avancer le sieur duHallier, qui cômmandoit l'armée du Maréchal de Brézé, pour investir 1* Catelet,

Dès que lesdits Maréchaux marchent avec leurs années , celles des ennemis vont toujours les

* Le sieur de Villequier Gouverneur de Boulogne, lequel exécutant de trop près sa commission, fut blessé d'un éclat des ruines de la place comme il la faisoit sauter par mines. {Mercure François, tome XXn, page 208 ). Antoine d'Aumont Marquis de Villequier, Maréchal de France en 1651, Duc et Pair sous le nom de d'Aumont en 1665, mourut en 166&

1638. côtoyant, mais^mettant toujours des rivièreseatre deux ; ils prennent un logemept près de la .yilie d'Arras; le lendemain, continuant leur marche, le Maréchal de la Eorce qui étoit à l'avant-garde, tes premiers escadroQS qu'il avoit jetés devant , lui mandent qu'ils en voyoient huit»ou dix des ennemis qui marchoient vers eux, du côté d'Arras* H s'avance pour les reconnokre ; les ayant vus, il met son armée en bon ordre et en donne avis au Maréchal de Châtillon, qui étoit ce jour-là à^'arrièregarde. Leurs Cravates ne manquent point, à l'accoutumée, de venir cent ou cent vingt, attaquer l'escarmouche à la faveur de leurs escadrons, ce qui dura plus d'un heure, car les ennemis se tenoient fermes à leur place, et le Maréchal de la Force ne vouloit aussi beaucoup s'avancer , attendant toujours que toutes les troupes de leurs armées fussent rapprochées et en état d'aller à eux. Comme il voit tout en bonne disposition, il. /ait. avancer ; les premiers escadrons, et leur mande de tacher de se mêler avec les ennemis et de les engager au combat; il marche en bon ordre avec tout le reste. Les ennemis jugèrent bien qu'il n'y faisoit plus bon pour eux et commencèrent leur • retraite de bonne heure; on les pressa jusqu'au pied de la ville d'Àrras, où ils avoient dans des lieux ayantageux

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