‹ Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, maréchal de France, et de ses deux fils, les marquis de Montpouillan et de Castelnaut, suivis de documents curieux et de correspondances inédites de Jeanne d'Albret, Henri III ... et autres peronages marquants depuis la Saint-Barthélemy jusqu'à la Fronde; pour faire suite à toutes les collections de mémoires sur l'histoire de France; (volume 3)Chapitre 73 sur 114 · LA MARQUISE DE LA FORCE AU MARQUIS DE LA FORCE · texte numérisé non relu

LA MARQUISE DE LA FORCE AU MARQUIS DE LA FORCE

Propos tenu par le Cardinal de Richelieu. — Condé obtient la confiscation du Duc de Rohan. — Nouvelles accusations contre M. de la Force.

31 décembre. Monsieur, deux ordinaires ont déjà passé sans m'avoir apporté de vos nouvelles ; le premier en avoit de Monsieur et de Madame, qui me mandoîent que l'ordinaire de Hollande étoit arrivé sans porter de vos lettres, ce qui me tient en grande appréhension. Dieu m'en veuille bientôt ôter par de bonnes nouvelles et de vous et d'eux, et vous tienne en sa sainte garde. J'ai su comme ce méchant garçon de la Planche ivrogne mon argent à la Motte-Montravel, et a jeté mes

lettres que je vous écrivois ; si son père étoit plus dispos, je kss. Tenverrois là pour le prendre et le bien étriller. J'ai vu ici le 81 &**&** voisin du Tané, qui fait grande démonstration d'aimer le Bleu, lequel m'a dit avoir oui dire à M. le Cardinal qu'il s'assuroit qu'avant qu'il fût deux ans, il n'y auroitplus de Huguenots en France. Sil'air du Royaume leur étoit si contagieux, je ne vous conseilleras pas d'y revenir qu'il ne leur fût plus sain. J'ai oui quelque bruit sourd qu'on veut, au printemps, attaquer le lieu où le Bleuût quelque séjour, il y a environ deux mois, ou de neuf à dix semaines. 11 n'y a plus d'archers à Badefol; ceux de Limeuil, Lanquais, Carlus et Beynac y sont encore, mais le dernier ne s'en soucie guère. La garnison de Castelmoron, réduite astheure à cinquante hommes, continue toujours, et M. d'Epernon leur a dit qu'elle y seroit jusques à ce qu'on vit ce que le printemps produiroit. On dit que M. le Prince est allé à la Rochelle, qu'il passera à la Cour, ira en Bretagne recueillir la confiscation de M. de Rohan, qu'il a eue, et de là reviendra à son armée en Languedoc; il se montre fort âpre à ces confiscations. Je vous baise trèshumblement les mains. Notre petite est si jolie et plaisante, qu'elle se fait caresser en dépit qu'on en ait ; elle me fait des flatteries nonpareilles, elle commence à dire quelques mots. A Castelnaut, ce dernier décembre.

P. S. Je ne sais rien de Montauban. On m'a dit que M. le Prince étant à Bordeaux, fut exprès au Parlement porter des dépositions ou suppositions de cinq témoins contre vous, MM. de Bourzolles et de Beynac, qui vous chargeoient tous de crimes d'État, et fit décréter sur cela contre tous trois. La Chambre est remise à Agen, et a commandement d'entrer après les Rois.

Combat à la Rochelle.— Arrêt du Parlement de Toulouse.— Le lieutenant général C baron Président de la Chambre de lÉdtt.— Songe du Marquis de la Eorce.

Tout le monde en ce pays ici croit qu'il y a eu quelque grand combat à la Rochelle, à cause des coups de canon qu'on ouït lundi et mardi ; à Sarlat disent que c'a été en faisant le dégât entre les forts et laRochelle, que ceux delà ville

SOS COftlMPOmAM».

y avoient sem&des pois et des fèves et autres bledi. J'ai vu un honnête homme qui vient de Toulouie, qui dit que messieurs de la Cour de Parlement ont donné un arrêt sur peine de la vie, de s'enquérir où est M. de Montmorency; et cejourd'hui j'ai vu le Baron de Saint-Martial, qui m'a dit qu'il y a quelque temps qu'il fit un combat avec M. de Rohan où il perdit des hommes, et qne même le bruit avoit couru qu'il étoit mort, tellement que cet arrêt me feroit croire que cela est vrai, et ces messieurs en a voient quelque opinion. Je serois bien marri que ce méchant homme de Charon fût Président en la Chambre ; tous les Conseillera disent qu'ils quitteront plutôt leurs charges.

J'ai fait un songe cette nuit qui m'a fort fâché s il me sembloit que vous me disiez ou faisiez chose qui me fàchoit fort, et continuiez et me pressiez ; je me suis mis en colère, et m'en suis pris à quelques cordons ou rubans que vous aviez, et ayant pris des ciseaux, en ai coupé quelqu'un; mais il y en A voit un que je ne pouvois pas couper, et que vous me disiez que j'y aurois de la peine et qu'il étoit neuf; je m'efforçots de le couper; enfin j'ai oui que cela faisoit du bruit; en lé coupant tout d'un coup, j'ai vu que c'étoit votre main de laquelle j'avois commencé à couper la chair. Cela m'a fait réveiller en tel sursaut que je n'ai su dormir depuis ; à la vérité il étoit jour. Dieu veuille que cela ne signifie rien de mauvais, et tous préserve de tout mal. A. de Caumont. à Castetnaut, ce vendredi soir.

Détresse des habitants de la Rochelle. — Menaces du duo de Savoie. — Dmlt de guerre. — Singulière prédiction.

te». Je crois que par la première dépêche qu'aurez reçue de 6j»nTier. Paris depuis votre dernière, vous aurez appris le sujet pourquoi vous n'avez reçu des miennes par la dernière dépêche qu'aviez reçue de M. le Maréchal; c'est ou que le messager oublia mon paquet, ou que mes gens furent paresseux à le

LE MARQUIS DE LA F01l€8 A tA BtAftQVf SE DE LA FORGE. 30S porter et le trouvèrent parti, car vous en aurez reçu deux ***** tout à la fois. J'avois déjà appris tant de misères qu'ont souf* 6 J anvkf * fartes ces pauvres gens de la Rochelle, qu'il faudroit avoir un cçsur de diamant pour n'en être point ému et n'en avoir pitié. On dit que le Roi d'Angleterre a fait mettre en prison douzedes capitaines qui commandoientde ses navires, et qu'il lea fora pendre. Le Comte de Carlisle est ici qui vient d'Italie, qui dit que la Duo de Savoie a trente mille hommes, et qu'il est résolu d'empêcher le passage aux troupes qu'on dit que le Roi envoie pour le secours de M. de Mantoue, et qu'il ne s'y fera point d'accommodement. Si on prend si à cœur ces affaires d'Italie, comme on me mande de Paris, oela nous pourroit bien donner la paix dans le Royaume. 11 faut laisser conduire à Dieu et nous remettre à sa providence. On a quelque opinion de deçà, que si le Roi s'opiniàtre fort à cette guerre d'Italie, que l'Empereur l'attaquera par le côté de Metz; il est vrai que la perte que l'Espagnol a faite de cette grande flotte des Indes, incommodera fort les progrès de cette Maison d'Autriche, et qu'ils auront de la peine à trouver de l'argent pour payer les soldats. Il s'est trouvé ici un livre écrit en allemand, qui prédit ce grand avancement de la Maison d'Autriche, et l'Eglise à être affligée jusqu'à l'an 1639; mats que de là elle commencera à diminuer, et l'Eglise à refleurir et avoir plus de repos. Le traitement que M. d'Epernon a fait à ces messieurs nos voisins, est étrange. Faites mes excuses à mon frère et à ma sœur, et les assurez de mon très-humble service ; je ne leur écris point parce que j'ai été à ce matin à la chasse avec le Roi de Bohême, et le vent m'a donné dans le col tellement que je ne le puis guère tourner, et je crains que d'écrire cela me fasse plus de mal. Je prie Dieu , etc. A. de Cacmont. A la Haye, ce samedi 6* janvier , jour des Rois .

M. de Rohan persiste dans sa rébellion. — Préparatifs pour secourir M. de

Mantoue. — Amusements de la Haye.

Votre dernière lettre du douzième du passé m'a apporté 13 : anTiefc force contentement, tant pour y apprendre votre bonne disposition de tous, que je supplie l'Eternel vous vouloir continuer,

1629 (ïue P our Y vo ' r vos sa * Dtes ^solutions et bonnes admonitions îs jauger, chrétiennes, que je supplie le Seigneur nous faire la grâce d'ensuivre, et que nous soyons tellement disposés à agréer ce qui sera de sa bonne et sainte volonté, soit à vivre, soit à mourir, soit pour nous, soit pour les nôtres, que nous nous remettions du tout à sa sainte providence et sage conduite pour dépendre du tout d'icelle, et de même des affaires du monde. Celles de France sont toujours en mauvais état depuis la prise de la Rochelle, c'est-à-dire sans pouvoir juger, à ce qu'on me mande de Paris, si nous aurons la paix dans le Royaume, de quoi je doute fort, puisque, à ce qu'on dit, M. de Rohan et les villes de son parti veulent continuer dans leur rébellion , et ne se veulent rendre en l'obéissance du Roi. Il faut qu'ils espèrent du secours du dehors, soit d'Angleterre, soit d'ailleurs, et qu'ils croient que les Anglois feront mieux à l'avenir que par le passé, à quoi il n'y a pas grande apparence; mais je crois que leur opinion est qu'ils sont perdus , tant deçà que delà. Pauvres gens, il leur vaudrait bien mieux se remettre en la clémence du Roi, qui a traité si doucement ceux de la Rochelle l On parle toujours de la guerre d'Italie, et il se prépare deux ou trois armées pour le secours de M. de Mantoue, et j'ai bien opinion que si M. de Rohan ne se remet en son devoir, une partie pourrait bien fondre sur lui, et s'il le fatsoit, nous aurions la paix en France et on s'exercerait contre l'étranger. Dieu nous en veuille donner une bonne 1 Je trouve fort étranges les remises qu'on donne pour la délivrance de MM. les Comtes de Roucy et de la Suze, vu leur innocence. Vous me mandez de vous écrire si je m'ennuie ici ; si vous y étiez, je no m'ennuierais point du tout, étant résolu à tout ce qu'il plaira à Dieu de m'envoyer , et puis j'ai toujours fait état d'y demeurer plus longtemps que je n'ai encore fait. Je passe mon temps à la paume, au palemail et quelquefois aux cartes, et au billard avec le Roi et la Reine de Bohème, où je fais ma cour, et chez M. et madame la Princesse d'Orange, qui sont tous grandement courtois et civils. Ne soyez point en peine de moi, et que cela ne vous tourmente point si vous m'aimez ; jamais je ne me portai mieux, Dieu merci; je le supplie, etc. A. de Càumont. A la Haye, ce mardi soir ,13 e janvier.

Naufrage du Roi de Bohême. — Mort du Prince royal.

Par ce dernierordinaire,j'ai reçu votre lettre du quinzième *«* décembre, par laquelle je n'apprends que vos bons portements, w J*"* 1 ** qui est la meilleure et plus agréable nouvelle que je puisse recevoir; je supplie l'Eternel que je les reçoive toujours semblables; je vous assurerai aussi du mien et de tous ceux de la Maison qui sont ici. Le semblable n'est pas en la Maison du Roi de Bohême, lui étant arrivé un étrange accident depuis deux jours : il voulut aller à Amsterdam, je crois pour voir cette flotte de Pitter Hein 1 qui a fait si grand butin ; et partit sans presque que personne le sût, et emmena avec lui le Prince de Bohême, son fils aîné, un de MM. de Yillarnon qui est à lui, et deux ou trois autres gentilshommes. Il arriva à Harlem à trois ou quatre heures du soir ; il ne laissa de s'embarquer, bien qu'il fût tard, pour arriver à Amsterdam la nuit même. Il arriva qu'un autre vaisseau un peu avant la nuit, venant droit à eux , ils lui crièrent de prendre garde à ne les choquer: les matelots, ou par négligence ou pour ne vouloir faire place . t l'un à l'autre, choquèrent le vaisseau du Roi de Bohême avec telle force, comme ayant le vent et la marée, qu'ils l'ouvrirent. Le Roi se trouva au haut du vaisseau, et le matelot qui voyant ne pouvoir éviter le coup de l'autre vaisseau , et prévoyant ce qui en devoit arriver, et même que l'autre choquât le sien, se jeta et attrapa des cordes de l'autre vaisseau et se sauva, et dit à l'autre d'aller secourir le Roi, et même le menaça avec son couteau. Enfin l'autre tourna ses voiles pour aller au secours, et trouva encore l'autre vaisseau qui paroissoit encore, et le Roi qui s'y tenoit au plus haut; l'autre en passant lui jeta une corde qui n'alla pas jusqu'à lui ; mais le Roi, > qui sait bien nager, quitte sa prise et se jette dans la mer, et par bonheur attrape la corde, et par ce moyen fut sauvé, et tout le reste se noya, hormis un laquais qui fut aussi sauvé. On a retrouvé le corps du petit Prince, lequel tenoit le mât du vaisseau embrassé. C'est un grand dommage de la perte de ce petit Prince : il avoit déjà quinze ans; tous ceux qui

* On l'appelait commuDémeDtPit-Heio. •>

306 GOtUSMNDASCaa

ta», le voyoient ne le connoissoient pas, parce qu'il étoit un peu » jnr«r. triste, délicat et craintif, à cause du respect qu'il portoitàsou père et à sa mère; mais il avoit le jugement d'un homme de trente ans , parloit très-bien de tout ce qu'on lui demandoit, et étoit fort craignant Dieu, et témoignoit avoir un grand «èle pour sa religion, et avoit un grand ressentiment de l'état en quoi il se voyoit. On l'a trouvé souvent en sa chambre pleurant pour cela ; de plus il avoit été reconnu par les Bohémiens pour Prince de Bohème, et pour successeur après son père; la consolation qui lemreste, c'est qu'ilsen ont force d'autres , et tous bien nés et bien gentils , mais ils en sont fort affligés. Je n'ai pu voir encore LL. MM. YoHà d'étranges accidents et qui nous doivent bien obliger à prier Dieu, et nous remettre en sa providence et sage conduite. M. le Maréchal nous donne toujours quelque espérance de la paix et de la délivrance de MM. les Comtes de Roucy et de la Suze; mais madame de Bouillon mande à son fils qu'elle venoit de recevoir une lettre de la Comtesse de la Suze, par laquelle elle lui mande avoir perdu toute espérance d'obtenir leur délivrance. Je crois qu'avant que ne receviez celle-ci , vous en saurez le fait ou le failli , car le Roi doit partir pour aller en Dauphiné dans ce mois , et si on ne les fait sortir avant son parlement , il n'y a plus d'espérance. Je vous manderai bientôt plus particulièrement de mes nouvelles, qui me fera finir en priant Dieu de vous tenir en sa sainte garde , etc. A. de Caumont. A la Haye, ce samedi 20 e janvier.

Faux bruits accrédités par les ennemis de la France. — Armement poor le Canada. — M. de Bouillon à Sedan. — Mort du grand-Prieur de Vendôme.

Je ne sais comment vous aurez su sitôt ce bruit qui court d'Orange; il y a dix ou douze jours qu'il est public ici. Ceux qui n'aiment pas le service du Roi, disent qu'ils en sont bien aises, parce que cela pique fort, se croient-ils, M. le Prince d'Orange, et croient que MM. des Etats en sont aussi offensés, et mèmemeot depuis le retour de France de leurs Ambassadeurs, lesquels, ils disent, ne leur ont apporté nul contentement, et croient que cela les obligera à favoriser plutôt le Roi d'Angleterre que le Roi, et font courre mille autres

LE MARQUIS DE LA F6M35 AXA. IIA1QUI6E DE LA FORGE. Stf

mauvais discours , et disent que le Roi est d'accord avec le Roi d'Espagne, quelque mine qu'il fasse ; et que s'il en voubit à bon escient à l'Espagnol , il n'eOt pas voulu désobliger M. W Prince d'Orange, ni donner si peu de contentement k MM. des EUts, (qui sont eeux de tons les alliés de la Francs* qui peuvent donner le plus d'affaires au Roi d'Espagne), et qu'ils se sont accordés pour détruire la Religion» et que pour preuve de cela» on verra bientôt Genève assiégé et les ville* de Languedoc, au lieu de la guerre d'Italie. Je serois bien marri que cette nouvelle d'Orange fût véritable, si cela nui* soit au service du Roi? une bonne paix seroit bien meilleure que tout cela. M. de Valençay est à Paris pour l'accommo» dément de son affaire. On dit ici que cet armement que ta Roi fait pour la mer, est pour aller reprendre Canada, qu'où dit que les Anglois ont pris. N'ayant pu faire leurs affaires en France , ils ont voulu avoir leur raison sur les Fraqçoif qui sont en Canada. Madame la Maréchale me mande que M. et madame de Ch&tillon sont arrivés à Paris, et qu'il s'est résolu de s'en venir de deçà, Je n'ai point trouvé ici le temps rude, et me semble que l'air est plus rude à Sedan qu'ici; au moins cet hiver n'a pas été plus grand ici que le passé l'étoit en nos quartiers , mais il y fait assez cher vivre : il est vrai qu'étant tous dew ensemble , la dépense que je fais ne 9' augmentèrent pas 4e beaucoup. A. pï Cauvont. A la Haye, ce samedi 3 e mars*

P, S. Depuis trois ou quatre jours, M. de Bouillon s'en est allé à Sedan ; je ne sais pas le sujet de son voyage, il n'y doit être que trois semaines. J'ai reçu une lettre de madame de ChâtiHon et de ML le Yeilleux ; elle me mande que mon séjour de delà donna fort l'alarme , et que bientôt après que je fus parti, un lieutenant des Gardes vint en ces quartiers* là avee commission de me prendre. Je ne sais pourquoi , et ne puis croire que cela soit. MM. les Comtes de Rouey et de la Susse n'ont pu encore avoir la liberté , et M* le grand Prieur de Vendôme n'est plus en état de l'avoir, car le bruit est qu'il est mort en prison Le mariage de mon frère d'Ëy» met ne s'avance point ; on croit que la veuve ne veut point ouïr parier de où* qu'après son second deuil.

Il arrive à Amsterdam. — Description de cette fille.

ta» J'arrivai à soir en ce Heu. Je vous ai voulu faire ee mot, tiwU * afin de vous assurer que je me suis heureusement conduit ici. Je m'en vais demain, s'il platt à Dieu , à la Haye, par terre, pour éviter les rencontres que fit le Roi de Bohême, bien que ce soit un miracle. Je veux aussi passer par Harlem , qui est une belle ville ; je me suis bien promené par celle-ci , c'est la plus belle chose que je puisse voir. Il y a plusieurs rues avec un canal au milieu, trois fois aussi larges que la rue Saint-Antoine, de quoi le canal en fait la moitié de la largeur, et des deux côtés une rangée d'arbres comme des allées, et presque toutes les maisons pavées de marbre ; plût à Dieu que vous y fussiez pour la voir, et moi avec vous. Ce sera quand il plaira à Dieu, lequel je supplie vous vouloir bien conduire, et nous adresser à tous par son esprit, afin aussi que nous le louions toute notre vie, et que nous le glorifions éternellement. A. de Catjvont. A Amsterdam, ce 9 e avril.

Page 1