BOUTHILLIER
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398 CORRESPOTOÀUCEg.
M. M VlSiM AU MARÉCHAL Dg LA FORCB.
Plaintes des Suédois. — Assassinat commis par des cavaliers de Streiff. — Reprise de Prague. — Mouvement des Impériaux. — Succès du Maréchal Hori». — Diète; de Francfort. — Reddition de Fribourg. — Meurtre de M. de la Haye.
i *^. Monseigneur, je vous ai par mes lettres du treizième du courant, donné avis de plusieurs plaintes que font les Suédois, non pas que je les approuve toutes ou que j'en fasse état, car pour la retraite qu'on a donnée à ceux qui s'en sont fuis, et ce qui s'est passé à Porentruy, je m'en moque et voudroîft qu'il ne tint qu'à en faire autant pour Brisach : mais il est véritable que je ne trouve point que nous ayiona raison quelconque d'ériger les panonceaux du Roi dans Westhonen ni dans Eschau, qui sans contredit quelconque sont en la main et possession des Seigneurs de cette ville, et nullement compris au traité fait avec le Comte de Salm , ni dépendant des places ou Bailliages y mentionnés; et partant il y faut remédier sous quelque honnête prétexte , et cependant insister que l'exercice de la Religion catholique soit rétabli dans ledit Eschau, s'il a été intérims ou ôté comme on m'a dit : à quoi je ne faudrai de tenir la main.
Celles que votre Excellence à écrites à ces messieurs, les ont radoucis; et d'autant qu'ils avoient déjà envoyé ordre à leurs députés à Francfort pour y former leurs plaintes , j'ai fait en sorte qu'ils leur ont envoyé la copie de celle qu'ils ont reçue de vous, comme aussi de ce qu'il vous a plu m'en écrire, afin que si leur plainte a déjà éclaté, ils fassent entendre quelle est l'intention du Roi et le sentiment de votre Excellence là-dessus , et que les esprits qui pourraient avoir été effarouchés et conçu des sinistres impressions des intentions de S. M., soient remis et regagnés.
Quant à Munchoff, j'apprends que ce que M. de Perigal a dit est véritable, que ce n'est qu'une maison de plaisance qui a toujours servi à ceux qui ont commandé dans Saverpe, et ne dépend d'aucun Bailliage, tellement que le Bailly d'Ober* nesen, suédois, n'a point eu de juste sujet d'ôter les armes du Roi pour y mettre les suédoises, et pourtant on est trèfrbien fondé et ne doit-on supporter une telle supercherie.
M. DE L'ISLE AO UàÊÈCttÂt SB LA FORGE. 19f
J'ai écrit à M. de Saint-Simon, que puisque le Bailliage do Kochersberg est litigieux entre les officiers de Saverne et cette ville, et remis à la décision de S. M., il fera bien de donner ordre «ju^ comme le prétendu Bailly de cette ville n'entreprend aucun exercice de sa charge ni de faire aucun commandement audit Bailliage , pareillement aussi celui de Saturne et autres officiers n'entreprennent d'y commander, ni faire aucun acte de juridiction , ainsi que tout se passe simplement sous l'autorité du Roi et de sou Gouvernement, jusques à ce que l'affaire soit vidé. Il m'a témoigné ne désirer rien plus que d'entretenir bonne correspondance avec ces messieurs, et ne leur donner aucun juste sujet de plaintes.
Nous sommes après à tirer raison d'une très-méchante action que dix-huit ou vingt cavaliers du régiment de Streiff ont faite pas loin de cette ville, ayant pillé, volé et blessé cinq cavaliers françois, dont même l'un est mort avant-hier. Les Seigneurs de cette ville ont à mon instance fait courit après eux; mais ils avoient déjà gagné pays : néanmoins, cela a servi pour apprendre qui ils sont et à qui ils appartiennent. J'ai écrit fort sensiblement à leur colonel, et demandé réparation du vol commis (qui monte à quatre-vingt et dix pistoles en argent, cinq chevaux, autant de casaques d'écarlate et quelques autres hardes) , et justice exemplaire de l'assassin, lui donnant à entendre que si par subterfuges ou autres moyens il nous en frustroit et se rendoit protecteur d'une si méchante action , le bras du Roi étoit assez grand et le courage de ses Ministres et officiers par deçà assez bon et résolu, pour en tirer la vengeance et user de représailles sur les premiers qui se réclameroient de leur parti. Au reste, Tannée impériale, qui s'étoit jointe à cejje de Bavière, et pris trois ou quatre villes à l'entour du Danube, même se pré* paroit pour assister Ratisbonne, a été rappelée en Bohême, où le Général Banier, suédois, est entré avec le Lieutenant Général de Saxe, Arnheim, et comme on dit, repris Pfcague.
Le Maréehal Horn triomphe en Souabe , et depuis peu a pris la vffle de Memmingen, n'ayant plus en toute la province qoe Yillingen qui ne soit à sa dévotion, vers laquelle il s'achemine.
la journée de Francfort n'a encore rien éclos : les déKbé-
ttroft.
33 avril.
rations y sont fort lentes, les députés de la Basse-Saxe et de l'Electeur y étant attendus. J'avois, y a huit jours, reçu ordre de l'aller trouver; mais il s'est, Dieu merci, présenté un sujet qui m'en exempte. Partout je serai toujours, etc. Del'Isle. Ce 23 avril.
JP. S. Le Rhingrave, après la reddition de Fribourg, est allé devant Rhinfelden, petite bicoque au-dessus de Basle, sur le Rhin, qui le retient déjà quinze jours sans beaucoup d'effet. M. de la Haye, Envoyé du Roi, a été, lui quatrième, tué par douze Suédois, à demi-lieue de Basle.
Effet produit par les lettres du Maréchal. — Intolérance des Catholiques. — Echec du Rhingrave devant Rhinfelden. — Perles des Suédois. — Réformes
$ dans leur armée.— Levées en Italie. —Mission d'un agent espagnol prés du Duc de Lorraine. — Défaite du régiment de Benicausen.
v aai. Monseigneur , vos gracieuses lettres qu'avez écrites aux Seigneurs d'ici , et le sentiment qu'il vous a plu leur faire entendre et à moi sur cette dernière innovation faite à Eschau, a rassuré les esprits qui avoient été plus alarmés de cette action que d'aucune autre précédente, et ne sais comme cet officier de Saverne et le prêtre, sont été si inconsidérés de venir faire une telle action à une heure d'une puissante ville et d'un peuple irrité extrêmement contre le Comte de Salm» et tous ceux qui se réclament de lui. Et ne faut douter que si je n'eusse été par deçà, il en fût arrivé quelque désordre , et peut-être que tout ne se fût passé avec le respect dû au Roi, comme il a fait, le gentilhomme du village auquel on avoit attaché votre sauvegarde , n'ayant pas usé de tel respect , ains dès le lendemain détaché et protesté encontre. Ceux qui usent de telles surprises en votre endroit, devroient désormais considérer et apprendre qu'ils ruinent par ainsi le service du Roi, et augmentent grandement par leur zèle inconsidéré celui d'Espagne. Je persiste en ce qu'autrefois j'ai écrit à votre Excellence et en Cour : que les esprits bouillants, brouillons et bigots, ne valent rien par deçà. L'Empereur Charles-Quint trouva par son conseil de conscience, tout bon catholique qu'il étoit, d'envoyer en, Italie trente mille Allemands, la plupart luthériens, faire la guerre au Pape Clément septième, saccager et piller la ville de Rome et tous les
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monastères et églises, tuer trois Cardinaux, prendre prison- iMu niers le Pape et dix-sept Cardinaux, et leur faire payer 7 mai. rançon de quatre cent mille ducats; et nous avons des gens si bigots qu'ils croient que le Roi doive faire la guerre à ses alliés pour la moindre église ou abbaye qu'ils auront prise sur leurs ennemis, qui en abuseroient plutôt que ceux-ci qui, pour le respect seul du Roi, y entretiennent l'exercice de la Religion catholique, et du reste du revenu s'en servent à se défendre contre l'oppression d'Espagne, au lieu que les autres ne s'en servoient que pour y établir la tyrannie et faction espagnole, et nous faire un jour la guerre comme ils ont fait autrefois, et nous en menacent encore s'ils peuvent venir à bout de leurs desseins. S'ils sont tant zélés à leur Religion, qu'ils se contentent et rendent grâces à Dieu et au Roi, qufr par son autorité et par le respect de son alliance, la Religion catholique est entretenue et conservée en tous les endroits et quartiers d'Allemagne, d'où autrement elle auroit été entièrement bannie, et qu'ils permettent que les revenus superflus, dont jouissent ces grands Evêques et Prélats d'Allemagne, la plupart parents, alliés et partisans de la Maison d'Autriche et d'Espagne , soient employés à la conservation de la liberté germanique, dont nos Rois ont été toujours les protecteurs et d'effet et de nom. Excusez , Monsieur , mon zèle qui pour n'être si bouillant que le leur, ne laisse d'être autant sincère et porté au service du Roi et au vôtre.
M. de Saint-Simon me témoigne être résolu de vivre en bonne intelligence avec cette ville, et ne leur donner aucun sujet d'ombrage; il semble même qu'il reconnoisse bien l'artifice des vieux officiers de Saverne, qui seroient très-aises de nous mettre en mauvais ménage les uns avec les autres, pour se prévaloir un jour de notre désunion contre tous deux. '
LeRhingrave est toujours 'devant Rhinfelden, petite bicoque au-dessus de Basle. Mercy commande dedans, et fait voir ée que vaut un vaillant homme dans une place, ayant fait perdre audit Rhingrave six semaines de temps, près de douze cents hommes en trois assauts mal donnés, et une bonne partie de sa réputation.
Les Suédois ne se sont point prévalus de l'accident de Waliii. 26
MS «RMHMimMCnB.
t«v lauttet* cmw a ils dévoient, et »*en ont tiré ats min avantage, v mai agît pour reprendre quelques place» oh autrement; mm en «ut perdu plusieurs au HatuVPalatinat et sot te Danube, mtaœ depuis peu Hœxt sur te Weser, o& toute la garaféon a Été tuée. La quantité de leurs petit» Généraux divise leurs conseils et feu» forces; c'est pourquoi ou a résolu de les refermer et n'en aveàr plus que quatre en Allemagne, h savoir: le Due Bernard de Weimar pour la Franconie et Bavière; le Bue éfô Lunebaurg (à qui le Landgrave de Hesse a volontairement eédé) pour la Westphalie et Baesw-Saxe; Bannie* pour la Silésie , Poméranie et Brandebourg; et le Maréebrf Hora peur la Souabe et l'Alsace.
On fait de grandes levées en Italie. Antonio Sermente, espagnol, est arrivé à Besançon, qui apporte argent et lettrée de change au Due de Lorraine pour faire des levées, et maintient l'arrivée de huit mille Napolitains, etPembarquement de quatre mille Espagnols à Barcelone, pour venir par deçà.
Le régiment de Benicausen , de deux mille cinq cents hommes, a été défait par celui de Kœnig, du Landgrave de Hesse , qui n'étoit que de douze cents. Je tais état de me rendre bientôt en Cour, s'il platt à Dieu, m'étant excusé du voyage de Saxe où l'on me veuloit envoyer. Partou* où je tarai , faites état de moi comme, etc. De LIslb. Ce 7* mai.
LE MARÉCHAL DE LA FORCE AU CARDINAL DE. RICHELIEU
Siège 4e la Mathe.
ta &*. Monseigneur, nm et k» mena aeuunes trop heureux eu» ¥<rtre Eminenoe- nous Casse l'honneur de nous avouer peur ses très4*umhtes serviteur»; je b supplie trèsrbnrinfenrat de croire qu'il n'y en a point au monde qui lui soit plus fidèlement acquis, lui rendant très-humbles grâces du soin qu'elle a u^nénrewh^ tome* et visiter mon fils de Castetaeron sur ta blessure; e'eat aujourd'hui le huitième jour; jusqu'ici il n'est survenu» Dieu merci, auenu mauvais accident; ht chirurgie** en espères* hteau
Votre Snuuejueuuura pu voir par te» dépèehea des sieurs de Casaux et Arnauld l'état de notre siège ; tes grands efletts se font aguhauro par ceux cte éeéaus^ ounaa Ut nous
US MARÉCHAL DE LA FORCE A0GARMMML DE RICHELIEU
voient si profites. Leur contrescarpe est si droitoet -si sablon- ittr. neuse, que nos mineurs se trouvent bien empêchés au tra— M i 111 »- YèA qu'il leur faut faire, et sommas contraints de prendre un peu de loin pour leur sûreté et se pouvoir garantir- des artifices à feu et autres efforts que font ceux de dedans.
Us ont commencé de travailler» mais sans doute il y courra du temps; cependant nous travaillons à faire une bonne batterie du côté de la porte, à un grand bastion, auquel j'apprends qu'il n'y a point de rocher, et ainsi l'un ne cessant pour l'autre, nous tâcherons d'ajuster nos attaques pour faire nos efforts de tous les côtés en même temps, soit des mines, soit de là batterie. Nous sommes obligés, pour favoriser ceux qui travaillent aux mines et appuyer la tête de nos tranchées, de maintenir les trois batteries qui ont été dressées pour cet effet; véritablement tout cela ne va pas aussi bien que je désirerais. Nos batteries sont de si grands attirails et auxquels il faut tant de munitions, qu'il y a beaucoup de peine à ramasser tout. Je n'en ai pu tirer de Nancy, sur les difficultés que M. le Comte de Brassac a représentées, comme j'ai écrit ci-devant; pour Verdun, j'avois demandé seulement mille boulets à M. du Fossé. Il m'a mandé qu'il n'en pouvoit four nir que sept cents. Par ma dernière dépêche, je donne avis de ce tpie j'ai envoyé chercher à Ghàlons et Verdun. Cela sera un peu long ; nous avons trois de nos canons éventés, qui est un grand déplaisir, et un autre où il se trouve un boulet enfoncé dedans par force, sans poudre. Les quatre cents chevaux de trait et lès officiers de l'artillerie qu'il plaît à votre Eminenœ me mander être envoyés, arriveront fort à propos. Tout ce voisinage fait grand bruit d'un secours qu'ils disent venir pour la Mothe, mais je ne vois rien encore de préparé à cela du côté de la Bourgogne et vers l'Alsace; il n'y a rien du tout qui en peut venir que vous n'en ayez grande lumière ; quant au côté du Luxembourg, tout ce qui y est, est aussi trop foible pour rien entreprendre , s'il n'en vient du côté de la Flandre. Je viens de recevoir une lettre de M. de Bussy par laquelle votre Eminence pourra voir les troupes qu'il dit être de ce côté-là. J'avois jusqu'ici tâché de soulager tous ces environs pour ménager les vivres au besoin, maintenant j'ai cru qu'il étoit à propos de faire appro-
cher ce qui était le plus éloigné tant cavalerie qu'infanterie, ** J* ia - afin de nous tenir en état selon les occurrences ; Picardie, Piémont et Navarre, je les mets à Neufchàtel, Médon ville et Mirecourt. Je prie Dieu, etc. Au camp devant la Mothe, ce 34 e juin.
M. DE FEUQUIÈRE AU MARÉCHAL DE LA FORCE
Blessure de M. de Caslelmoron. — Admiration des succès du Maréchal. — Nouvelles du siège de Ralisbonne. — Prise de Francfort sur l'Oder. — Mouvements £i desseins des Confédérés. — Négociations avec la Diète de Francfort.
s Kl*. Monseigneur, celle-ci est pour vous témoigner avec combien de déplaisir j'ai appris la blessure de M. de Castelmoron; bien qu'en même temps ceux qui m'ont mandé cette mauvaise nouvelle m'aient assuré qu'il ne soit pas en hasard de la vie, ni même d'en être estropié, il ne se peut qu'elle ne ' soit accompagnée de très-grandes douleurs, qui ne vous mettent en peine; encore que de longtemps le chemin que vous leur montrez si souvent, vous doive assez préparer à recevoir quantité de semblables déplaisirs, desquels je prie Dieu qu'il vous garantisse au lieu où vous êtes.
Quoique les affaires de deçà soient en très-grand nombre et assez importantes pour ne penser à autre chose, on ne laisse pourtant d'y être fort soigneux de m'enquérir souvent de l'état du siège de la Mothe, et dans combien vous croyez la pouvoir emporter. Cette place est ici en si grande estime, que quand je leur dis qu'en sept jours vous avez été jusqu'à la contrescarpe et qufe vous travaillez déjà à la percer, ils ont de la peine à le croire ; pour moi, Monseigneur, je vous avoue que la connoissant comme je fais, j'ai peine à le croire moimême, et encore plus à douter que vous y soyez fourni de toutes les choses nécessaires pour la presser selon votre désir.
Pour ce qui est des nouvelles de deçà, nous n'avons que la continuation du siège de Ratisbonne, qui est toujours battu de quatre-vingts ou cent pièces de canon sans que le Roi de Hongrie ait pu encore emporter une redoute, à laquelle ils ont déjà donné sept assauts, où on fait état qu'ils ont perdu plus de quatre mille hommes. Il n'en a pas été de même du
M. DE FEUQUIÈRE AU MARÉCHAL DE LA FORGE. 605
côté de Silésie et Moravie, où Arnheim et Bavière ont pris *«*• Francfort sur l'Oder, Grosglokso et plusieurs autres places; 3 J uU,e| de sorte que ne leur restant plus rien à faire, ils font état de donner une forte diversion en Bohême, leurs deux années montant bien à trente-cinq mille hommes. De deçà, le Maréchal Horn et le Duc de Bernard, après avoir pris deux ou trois petites places pour faciliter le secours des vivres dans la Bavière et le long du Danube, font état de se joindre dans peu de jours ensemble pour faire lever le siège de Ratisbonne, ou forcer le Roi de Hongrie et le Duc de Bavière à donner bataille avant le passage des troupes d'Italie, au devant desquelles ils sont résolus d'aller. Pour ce qui est du côté du Landgrave de Càssel, après avoir mis en déroute les troupes de la Ligue (catholique), comme vous avez su il y a deux jours, ils ont entrepris divers petits sièges, assistés des quatre mille hommes de pied que les Hollandois leur ont prêtés, et continuent à tourmenter l'Electeur de Cologne, auquel il né reste de la grande armée que la Ligue avoit faite, qu'environ deux mille cinq cents chevaux. Voilà, Monseigneur, l'état au vrai des armées de deçà.
Pour ce qui est des affaires de l'Assemblée, elle traîne toujours dans les longueurs ordinaires des Allemands, lesquels ne laissent pourtant d'avancer toujours quelque chose. Je leur fis, il y a douze jours, ma proposition, après quoi ils travaillent à y répondre : j'espère que devant la fin de la semaine prochaine, je pourrai avoir quelque certitude de ce que S. M. aura à attendre touchant l'affaire de Philippsbourg, qui est l'article le plus difficile à arrêter avec eux, le reste y étant entièrement aux termes que le Roi le désire. J'ai tiré la ratification de l'alliance passée avec eux l'année passée, à laquelle j'espère amener dans huit jours les cercles de Haute et Basse Saxe et Westphalie, de sorte qu'il n'en restera plus un qui ne soit tellement lié à S. M., qu'ils ne pourront nonseulement faire aucun traité sans elle, mais même sans sa médiation; mais ce que j'en trouve le plus fâcheux, est que quoique l'on désire la paix, je ne crois pas qu'elle se puisse faire sitôt, les esprits de part et d'autre n'y étant pas encore assez bien préparés. C'est votre très-humble et très-obéissant serviteur Feuquière. De Francfort, ce 3 juillet.
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