M. DE ROHAN A MM. LES MA*. DE LA FORGE ET DE BRÉZÉ
ne perdirent pas temps : ils démolirent soudain leur fort, et *«w. tout ce qui éloit fait de leur pont du côté de delà, ils le rom- l5 marl ' pirent et envoyèrent tout le bois qu'ils purent dans le Rhin; tant y a que les Voilà privés du pont dont ils espéroient tirer du secours de leurs armées qu'ils ont de delà.
Il y a une petite rivière qui passe dans la ville et va tomber dans le Rhin, dans lequel ils tiennent leurs bateaux , desquels ils se pouvoient aider pour faire passer et repasser du inonde; mais le Duc de Weimar étant arrivé de l'autre côté de Spire pour bloquer les quartiers du côté de Manheim que nous lui avions laissés pour faire ses attaques, la nuit passée, pendant que de notre côté le Colonel Hebron a gagné un fort qu'ils avoient fait au bout de leur canal de notre côté entre la ville et la rivière, le Duc de Weimar a gagné l'autre côté du canal et s'est saisi du faubourg, et par ce moyen, ceux dedans ont perdu leur porte de derrière et sont sans ressource.
Cette action a été fort belle et a réussi fort heureusement; et sans la perte de M. Dauty, capitaine au régiment de Normandie , et d'un lieutenant de Navailles, elle ne seroit pas fort grande. Les ennemis y ont perdu trois ou quatre cents hommes et quelques prisonniers, parmi lesquels est le Sergentmajor qui commandoit dans la ville. Du camp devant Spire, ce 15 e mars.
Jtf . DE ROHAN A MM. LES MARÉCHAUX DE LA FORCE