LE DUC D'ANGOULÊMB ET LE MAR. DE LA FORCE AU ROI. M
ment nous avons mis toute l'armée de votre Majesté en ba- l63s taille, qu'il faisoit extrêmement bon voir, et tous témoignant * ! octobre une si belle résolution qu'ils avoient de l'impatience à voir lesdits ennemis, lesquels sans doute nous eussions bien battus. Nous avons demeuré en cet état jusque près de midi que plusieurs parties que nous avions envoyées à la guerre, ont lait quelques prisonniers, et avons su au vrai que ce n'étoit que des parties que les ennemis avoient envoyées en çà, comme hier ils vinrent aussi tâter le quartier où le Duc de Weimar avoit laissé son bagage et son artillerie avec quatre cents mousquetaires pour nous venir joindre avec plus de diligence, lesquels tirèrent cinq ou six volées de canon : soudain nous limes monter à cheval plusieurs corps de cavalerie qui leur fit quitter leur dessein.
M. le Comte de Guiche vint hier nous trouver de la part de M. le Cardinal de la Yallette, qui nous mandoit qu'il se rendroit cejourd'hui à Amance, qui n'est qu'à une petite lieue d'ici, ce qu'il nous a encore confirmé à ce soir, de sorte que nous espérons pouvoir demain conférer ensemble, et croyons que notre résolution sera de marcher droit aux ennemis, qui sont à Marimont, près de Dieuze, et osons espérer qu'ils ne nous attendront pas s'ils n'ont une assiette si avantageuse et retranchée qui leur puisse donner un avantage éminent; mais nous ne croyons pas qu'ils y puissent beaucoup subsister. À la vérité, le manquement que nous avons de charrois nous apporte de grandes incommodités; car nous ne pouvons faire suivre notre pain qu'avec de continuels convois, qu'il nous faut renouveler de deux ou de trois en trois jours avec de fortes escortes, ce qui fatigue grandement notre cavalerie. Nous tâcherons de nous y conduire en sorte qu'avec l'aide de Dieu nous y servirons dignement votre Majesté, et espérons d'y bien maintenir la réputation de ses armes, comme ceux qui n'épargneront jamais leur vie pour lui rendre le service très-humble que lui doivent, Sire, etc. Charles de Valois. Caumont la Force. Au camp de Champigneulle, ce 21 e octobre.
LB ROI AU MARÉCHAL DE LA FORCE
Regret de ne pouvoir lui accorder son congé. — Rappel du duc d'Angonlême.
tas. Mon Cousin, je vous témoignerai par cette lettre le dépbi- 12 novembre, gjy q ue y a j q ue j e ^ en ( j e meg a ff a i res ne me permette pas
de tous accorder encore la permission que vous m'avez fait demander, de vous retirer pour quelque temps. Le voyage que j'envoie ordre à mon cousin leDucd'Àngoulème de faire par deçà, pour des raisons importantes que vous saurez dans le temps qu'il faut pour son retour, vous fera bien juger le besoin qu'aura cependant l'armée de votre présence, et que vous ne pouvez abandonner sans que mes affaires courent danger d'en recevoir un extrême préjudice. Vous y avez toujours trop témoigné d'affection et m'avez rendu, et à l'Etat, de trop signalés services pour douter qu'en ces occasions, qui ne furent jamais si pressantes, vous ne soyez bien aise de contribuer encore tous vos soins, votre générosité et grande expérience que vous vous êtes acquise, à rendre mes armées victorieuses de mes ennemis, et à soutenir leur réputation dans l'état présent des affaires. C'est ce que je me promets de votre prudence et de votre zèle, vous assurant cependant que j'en conserverai à jamais le souvenir, pour m'en ressentir en votre endroit ou pour l'avantage des vôtres lorsqu'il s'en offrira occasion. Priant, sur ce, Dieu vous avoir, etc. Ecrit à Saint-Germain-en-Laye, le 12 e jour de novembre. Signé : Louis. Et plus bas : Servien.
LE CARDINAL DE RICHELIEU AU MARÉCHAL DE LA FORGE
Le Roi lai accorde son congé et remet le commandement dé l'armée an Marquis de la Force.
i3 décembre. Monsieur, vous verrez par la lettre que le Roi vous écrit comme S. M. a eu agréable de vous accorder le congé que vous lui avez demandé, de venir prendre du repos et mettre ordre à vos affaires, laissant le soin des troupes que vous commandez à M. le Marquis de la Force, votre fils ; c'est ce qui fait qu'il ne me reste qu'à vous assurer, comme je fais par celle-ci, de la continuation de mon affection et de mon service, et que je suis véritablement, etc. Le Cardinal de Richelieu. De Ruel, ce 13 e décembre.
LOUIS Xm AU MARÉCHAL DE LA FORGE. 639 LE ROI AU MARÉCHAL DE LA FORGE.
Même sujet. — Instructions pour l'armée.
Mon Cousin , je vous renvoie votre secrétaire pour vous tœs. faire savoir qu'après les fatigues et les travaux que vous avez l * décembre, supportés depuis deux ans en la conduite de mon armée, je trouve très-raisonnable que vous veniez prendre un peu de repos, suivant le désir que vous en avez. J'aurai beaucoup de contentement de vous voir et de vous témoigner la satisfaction que j'ai de vos longs et fidèles services. Je désire que vous laissiez en partant le commandement de mon armée au Marquis de la Force, votre fils, et je ne doute point qu'avant que vous partiezvous nelaissiez toutes choses en si bon état que votre absence n'apportera point de préjudice à mon service. Surtout il est nécessaire de pourvoir à trois choses : la première, de mettre toutes les troupes dans des garnisons où elles se puissent un peu rafraîchir, ce que je remets entièrement à votre discrétion , m'assurant que vous ne logerez dans les extrémités de la Champagne et du Bassïgny que celles que vous ne pourrez pas loger ailleurs , dont vous n'oublierez pas de donner avis aussitôt à mon cousin le Comte de Soissons ; la deuxième, de donner ordre aux recrues des vieilles troupes et au licenciement ou réduction des nouvelles qui se trouvent défectueuses, suivant ce que je vous ai mandé par le sieur de Mayolas ; la troisième, de considérer les moyens qu'on pourvoit avoir de faire quelques logements dans la Franche-Comté, pour jeter plutôt l'incommodité des gens de guerre dans les pays de mes ennemis que dans le mien. Ce que je désire que tous teniez extrêmement secret jusqu'à l'exécution, et n'en fassiez part à personne qu'au Marquis de la Force, votre fils, et à mon cousin le Comte de Soissons, auquel j'ai écrit qu'il s'avance, avec l'armée qu'il commande, du côté de Langres pour ce dessein, jugeant du tout nécessaire que vous le voyiez en vous en revenant pour en conférer avec lui, en sorte, néanmoins , qu'il ne puisse être connu de personne que de lui et de vous. Vous n'oublierez pas avant votre départ, de donner route aux compagnies de mes Gardes qui sont dans votre armée pour s'en revenir ici , donnant avis à mondit cousin le Comte de Soissons de leur retour, afin qu'il les fasse
««*. passer dans son Gouvernement, et donne ordre qu'elles trouii décembre, Yent j eg y^g aux ii eux ù e n e s logeront. C'est toute la réponse que je ferai présentement à votre dépêche du quatrième de ce mois, priant Dieu, etc. Ecrit à Saint-Germainen-Laye, le 14 e jour de décembre. Signé : Louis. Et plu$ bas : Servien.
LE CARDINAL DE RICHELIEU AU MARÉCHAL DE LA FORCE
Félicitations à l'occasion du combat de Raon et de la prise de Çolloredo.
test. Monsieur, je ne saurois assez me réjouir avec vous de Pa- » mu» vantage que M. votre fils a remporté sur les ennemis du Roi dans la rencontre qu'il a eue avec eux, et de l'honneur qu'il a acquis en cette occasion, où en vérité il s'est conduit avec toute la prudence qu'il se pouvoit désirer. Aussitôt que M. des Noyers, que j'attends ce soir oudemain au matin, sera arrivé, je ferai pourvoir aux choses qui seront nécessaires à M. le Marquis de la Force pour nettoyer tous les lieux que les ennemis occupent du côté où il est, et aurai soin que les ordres y soient envoyés afin de ne point perdre de temps Cependant assurez-vous, Monsieur, que je ne souhaite pas moins votre contentement et de tous ceux qui vous touchent que vous pouvez faire vous-même, et que je suis véritablement, etc. Le Cardinal de Richelieu. De Ruel, ce 25 e mars.
P. S. J'ai retenu votre lettre pour là faire voir à M. des Noyers.
M. DES NOYERS AU MARQUIS DE LA FORCE
Même sujet. — Exempt des Gardes dépêché pour amener à Paris Çolloredo et le» principaux officiers pris avec lui.
Monsieur, si ceux mêmes qui n'ont point l'honneur d'être connus de vous ont pris part à la gloire que cette heureuse victoire vous a acquise, jugez quelle a été la joie de vos amis et serviteurs particuliers, et la mienne sur tous les autres, puisque je prétends être vôtre plus que aucun de ceux qui
25 mars.
LE CARDINAL DE RICHELIEU AU MARQUIS DE LA FORCE. A41
vous servent. Le Roi et son Eminence ont rendu tant de *<** témoignages publics et particuliers de l'estime qu'ils font de votre valeur et mérite, que vous en devez avoir bien du contentement. S. M. envoie le sieur de Boislous, exempt des Gardes de son corps, pour amener ici le sieur Colloredo et les principaux prisonniers qui se sont trouvés pris avec lui, afin que Ton les mette en lieu si sûr qu'il n'en arrive pas comme de ceux de Maastricht. S. M. vous mande de lui'faire donner si bonne escorte qu'il n'en mésarrive, soit dehors soit dans le Royaume. Ceux qui auront pris les prisonniers, seront si bien considérés par S. M., qu'ils auront tout sujet de contentement. Ledit sieur de Boislous a Commission du Roi pour commander les gens de guerre qui l'escorteront; vous leur donnerez, s'il vous plaît, ordre de lui obéir et de faire ce. qu'il leur dira pour le service du Roi. Je crois qu'il lui faudra grande escorte tant qu'il sera sur la frontière, et une bonne compagnie de chevau-légers dans le Royaume, afin qu'il vienne en sûreté. Vous remarquerez bien les officiers qui mériteront d'être envoyés avec lui; je dis des prisonniers, car des gens du commun ne méritent pas que l'on s'en donne la peine. L'on lui a donné un carrosse à six chevaux, tant pour la commodité que sûreté du prisonnier. Le Roi a commandé que l'on vous donne deux pièces de canon avec le train et suite nécessaire pour s'en servir. Je ne doute pas que cela ne s'exécute diligemment, les officiers de l'artillerie l'ayant ainsi promis à son Eminence. Vous n'oublierez, s'il vous plaît, de nous envoyer l'état du pain qui a manqué à votre armée, le Roi ayant résolu d'en faire faire réparation. A présent la fourniture du pain sera difficile, mais il faut que la vigilance de MM. vos Intendants y supplée, et ayant des bleds à suffisance, il ne seroit pas tolérable que l'armée vînt à en manquer. Vous y joindrez, 's'il vous plaît, Monsieur, votre autorité et votre bonté pour m'aimer et me croire, etc. des Noyers. De Ruel, ce 25* mars.
LE CARDINAL DE RICHELIEU AU MARQUIS DE LA FORCE. Satisfaction du Roi de sa victoire sur les Impériaux.
Monsieur, je ne saurois assez vous témoigner ni la satis- * iWtt -
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9 tvrfl.
2 terrier.
faction que le Roi a reçue de Faction que vous ayez faite depuis peu, ni la joie que j'en ai ressentie en mon particulier pour l'honneur que vous y avez acquis, l'une et l'autre étant indicible. M. de Belsunce, qui s'en retourne vous trouver, saura mieux vous les représenter de vive voix que je né pourrais vous faire par cette lettre, laquelle je n'allongerai que pour vous assurer de la continuation de mon affection en votre endroit, qui est et sera toujours telle que vous k sauriez désirer d'une personne qui est véritablement comme je suis, etc. Le Cardinal de Richelieu. A Charonne, os 2 e avril.
Négociations avec Monsieur.
Mous sommes en cette ville depuis vendredi au soir, oà tout s'est passé en allées et venues vers Monsieur. MM. de Chavigny et de Bautru y sont allés deux fois de la part du Roi, et y sont retournés ce matin pour la troisième. Le .Comte de Brion est venu aussi ici deux fois de la part de Monsieur. Il y a apparence que tout s'accommodera et qu'oa n'ira .pas plus avant. La seule difficulté est la venue de Monsieur ici, à quoi il ne veut point entendre, et S. M. eût désiré qu'ils se fussent vus. A la vérité cela eût été de plus grand éclat, principalement parmi les étrangers. On parle .d'ici d'aller à Dourdan. Mandez-moi si vous me viendrez voir là ou si je vous irai voir à Paris. Si M. le Maréchal se trouvoit encore mal, dont Dieu l'en garde, il faudroitbien que ce fût le dernier. Le Seigneur vous tienne en sa garde. À. me Gaumont. A Orléans, ce S février lundi matin.
9férrier.
Entrevue du Roi et de Monsieur.
J'ai retenu un jour ce porteur pour vous mander l'entrevue du Roi et de Monsieur, qui se fit hier avec force témoignages d'affection et de contentement. Nous croyions qu'il suivroit le Roi, mais on dit qu'il s'en rêva à Blois. Pour noua.
BREVET DE MAR. DE CAMP P. IX MAUQ. DE CASTELNAUT. kbi
nous partout ce matin pour aller coucher à Toury, et de- *•*• main à Dourdan, s'il plaît à Dieu. Je ne sais s'il n'y avoit 9 **!**' point ce matin quelque chose que tout le monde n'entend pas» car le Roi devoit partir à huit heures et il ne part qu'à dix ou onze, et M. le Cardinal le doit voir au sortir de sa gnesse, là où il est. Je crois que nous serons trois ou quatre jours à Dourdan, de là on ira à Saint-Germain. Je vous verrai le plus tôt que je pourrai. Je loue Dieu de l'amendement de M. Le Maréchal, et le supplie, etc. A. de Caumont. Ce lundi matin, 9 février, à Orléans.
M. DE ROHAN AU MARÉCHAL DE LA FORCE
Félicitations sur sa Duché-Pairie.
Monsieur, les qualités que votre naissance vous a données 12 août. et qui vous sont acquises par votre valeur, méritoient, il y a longtemps, d'être accompagnées de celle dont il a plu au Roi honorer la grandeur des services que vous avez rendus à l'Etat. S. M. en cette occasion a fait paroître qu'elle sait dignement dispenser ses faveurs; et tout en même temps, elle a consolé ceux qui vous désignoient cet accroissement de gloire avant que vous l'eussiez reçu. En ce concours de conjouissance, bien que je ne me trouve pas des premiers, je sais néanmoins que vous tenez pour assuré qu'il n'y a personne qui en ressente plus de joie que moi; et sur la confiance certaine que j'en ai, je ne m'étendrai pas davantage sur ce sujet, sachant que les paroles sont surperflues où les . vrais sentiments du cœur sont connus. Dieu me fasse la grâce de vous les faire paroître avec autant de passion que je vous supplie de me croire à jamais, etc. Henry de Rohan. De Genève, ce 12 e août.
BREVET de maréchal de camp pour le marquis de
CASTELNAUT.
Aujourd'hui quinzième du mois de mars mil six cent ww « trente-huit, le Roi étant à Saint-Germain en Laye, désirant ISm *"
hhh CORRESPONDANCES,
reconnoltre les fidèles et agréables services qui lui ont été rendus par le sieur Henry de Caumont, Marquis de Castelnaut, en plusieurs occasions où il a donné preuve de son courage, expérience au fait des armes, vigilance et bonne conduite, et lui témoigner l'estime qu'elle fait de sa personne et la confiance qu'elle prend en sa fidélité et affection à son service, se promettant même qu'il y secondera dignement le sieur Duc delà Force, Pair et Maréchal de France, son père: Sa Majesté a retenu, ordonné et établi ledit sieur Marquis de Gastelnaut en la charge de Maréchal de ses camps et armées pour dores en avant en jouir et en faire les fonctions aux honneurs, autorités, prérogatives, prééminences et appointements qui y appartiennent, tels et semblables dont jouissent ceux qui sont reténus en pareilles charges. M'ayant sadite Majesté commandé lui en expédier le présent brevet, qu'elle a signé de sa main et fait contresigner par moi son Conseiller, Secrétaire d'Etat et de ses commandements et finances. 5tgné : Louis. Et plus bas ; Scblet.
LE CARDINAL DE RICHELIEU AU MARÉCHAL DE LA FORCE
Il lui dépêche on gentilhomme de sa Maison pour l'informer de la sitaatioo de l'armée.
5 mft! . Monsieur, j'envoie ce gentilhomme, qui est à moi, expressément pour savoir l'état auquel est votre armée ; quelles troupes sont déjà arrivées et celles qui vous manquent, et ensuite ce que vous estimez pouvoir entreprendre pour le service du Roi. Si je pouvois moi-même faciliter les desseins que vous pouvez avoir, je n'épargnerois pas ma personne, et m'offrirois* de vous aller servir de chasse-avant. Vous savez bien, Monsieur, que le service de S. M. m'est si cher, qu'il n'y a rien au monde que je ne voulusse faire pour l'avancer; comme aussi pour procurer votre contentement, et augmenter votre réputation qui ne m'est pas en petite cor*sidération. Ce gentilhomme ne va pas pour vous donner du feu , sachant bien que vous en avez assez , mais seulement pour savoir comme vous le voulez employer. En attendant que je puisse apprendre vos sentiments par son retour, je vous conjurerai de faire un état certain de mon affection et
M. DES NOYERS AU MARÉCHAL DE LA FORGE. &&5
de mon service, et de croire, etc. Le Cardinal de Riche- milieu. De Ruel, ce 5 e mai. ' mai
P. S. Si auparavant que Piccolomini ait joint le Cardinal Infant vous pouvez entreprendre et exécuter quelque chose, ce seroit un grand avantage aux affaires du Roi , et qui ne donneroit pas peu de réputation à ses armes.
LE ROI AU MARECHAL DE LA FORCE
Ordre de couvrir l'armée du Maréchal de ChâtUlon pendant le siège de Saint-
Omer.
Mon Cousin, désirant faciliter par tous moyens le succès 8 Juln du siège de Saint-Omer, comme la plus importante entreprise à laquelle mes armes puissent être attachées présentement, je vous dépêche ce courrier exprès pour vous dire que mon intention est que vous marchiez le plus diligemment que vous pourrez avec mon armée que vous commandez, vers ladite place de Saint-Omer , et vous avancer jusques à Thérouanne pour y agir de concert avec mon cousin le Maréchal de Châtillon, en tout ce qui pourra assurer l'effet dudit siège, et y entreprendre ce que vous estimerez tous deux être avantageux pour cette fin , et pour divertir les ennemis des desseins qu'ils pourroient avoir de l'empêcher. Et afin de soulager mes sujets, je désire qu'autant que vous pourrez, vous preniez votre chemin par le pays des ennemis , et que vous y établissiez les logements de madite armée , essayant de surprendre quelques places sur eux, et de prendre les avantages que les occasions vous pourront offrir. De quoi me remettant sur vous , je prie Dieu , etc. Ecrit à Saint- Germain en Laye, le 8 e jour de juin. Signé : Louis. Et plus bas : Sublet.
M. DES NOYERS AU MARECHAL DE LA FORCE
Ordre d'arrêter le sieur d'Hucourt.
Monsieur, le Roi m'a commandé de vous écrire qu'il vou- 13 juin Ioit que vous fissiez arrêter adroitement le sieur d'Hucourt ',
1 Sans doute M. de Hencourt , exécuté à Amiens en 1638 pour une entreprise contre la Picardie. (Vie de Richelieu, par le Clerc, tome IV, p . 464.)
its& beau-frère de M. de Feuquière , et un nommé Begas qui est 15 juin. avec j u j Lorsque vous les aurez, vous les enverrez sûrement à M. le Duc de Chaulnes, à Amiens. Il importe de ne les pas faillir , car ils machinent du mal contre la France, et des trahisons qui infâment notre nation. C'est, Monsieur, etc. des Noyers. A Ruel, ce 13 e juin.
21 juin-
LE ROI AU MARÉCHAL DE LA FORCE
II l'approuve d'avoir refusé de se joindre à Châtillon pour assiéger Saint-Omer.
Mon Cousin, ayant su comme vous avez différé de vous joindre au siège de Saint-Omer à mon cousin le Maréchal de Châtillon , et d'y entreprendre une attaque comme il vous avoit été proposé, je vous fais cette lettre pour vous témoigner que j'ai entièrement approuvé les raisons que vous avez eues de n'y pas donner les mains, et vous avez bien pu coanoltre par les lettres que je vous ai écrites pour vous ordonner de vous avancer vers ce siège, que je n'ai pas entendu cette jonction , ni que vous vous engageassiez aucunement avec mon armée que vous commandez, à cette entreprise. Au contraire j'ai toujours désiré , comme je fais à présent., que vous demeuriez libre de vous porter partout où il sera besoin, pour empêcher les ennemis de tenter de secourir Saint- Omer une seconde fois, et les combattre, et pour prendre sur eux les avantages que vous estimerez à propos , sans rien entreprendre qui puisse vous divertir ni empêcher d'aller à eux quand la nécessité s'en offrira ; mais je veux bien que pour assurer et avancer en toute manière ce siège, vous assistiez mondit cousin le Maréchal de Châtillon, de quelque infanterie pour achever les travaux de la circonvallation , entendant aussi que mondit cousin le Maréchal de Châtillon vous envoie telle partie de sa cavalerie dont il se pourra passer, aux occasions où vous aurez à combattre les ennemis , ou à exécuter quelque dessein contre eux. Surquoi lui écrivant, ainsi qu'à vous, tout ce qui est de ma volonté, je m'assure que vous ne manquerez pas d'agir sur ce fondement ; priant Dieu, etc. Ecrit à Saint-Germain en Laye, le 21 e juin. Signé : Louis. Et plus bas : Sublet.
US MAKÉG. DE CHATTIXON AU MARÉC. DE LA FORCE. Ut LE MAHÉCHAL DE CHATILLOIf AU MARECHAL DE LA FORCE.
Armée d'an courrier de S. M. — Travaux du si^ge de Saint-Omer. — Il prendra cette place si le Maréchal de la Force tient tête aux ennemis de son côté.
Monsieur, je reçus hier une dépêche du Roi par ce cour- lfl3fc lier qui tous en porte une sur même sujet; c'est la réponse * 4 J ttUI * du premier courrier que vous avez dépêché. Sa Majesté demeure dans l'intention que vous m'avez fait voir d'abord, et qui est que votre principal corps demeure détaché et séparé pour empêcher que les ennemis ne coupent nos vivres. Je me contente de l'infanterie que vous m'avez baillée, n'étant pas juste de vous affoiblir davantage. Il faut donc, s'il vous plaît, demeurer dans la résolution que nous primes hier , qui est de vous bien retrancher. Jusqu'à ce que vous le soyez , je vous laisserai ce que vous avez de cavalerie de cette armée-ci pour soulager vos gardes et favoriser nos convois. Lorsque vous serez retranché , vous m'en renverrez , s'il vous plaît, la moitié , dont j'ai nécessairement besoin pour l'ouverture de mes tranchées que je différerai jusques à lundi prochain, dans lequel temps la plus grande partie de ma circonvallation et lignes sera entièrement achevée.
Monsieur, pour le présent, je vous trouve assez fort pour vous opposer à ce que le Prince Thomas a de forces; mais si • celles que le Cardinal Infant a près de lui avec celles de Piccolomini, après qu'ils auront fait un effort contre l'armée de MM. des États, venoient à vous, il est nécessaire que le Roi vous renforce de cavalerie et d'infanterie pour être en état de leur résister. L'on vit l'année passée la hardiesse qu'ils eurent de venir attaquer une armée retranchée à la faveur d'une ville, à savoir Maubeuge, M. de Candale étant beaucoup plus fort que vous n'êtes, surtout en cavalerie. Voilà pourquoi il est bon de prévoir de bonne heure afin de pourvoir. Pour ce qui est de moi, je puis répondre absolument au Roi de ce siège ; quelque puissance qui me vienne sur les bras , je suis en. état de maintenir mes lignes et mes quartiers , et de continuer mes approches quand elles seront une fois commencées, ce que je ferai sans plus différer dans trois jours; pourvu aussi, Monsieur, que vous soyez assez puissant pour maintetenir le poste que vous avez maintenant, je ne doute que la
liUS CORRESPONDANCES.
taw. succès de ce siège ne soit tel que le Roi et son Eminence le ^ j*" n désirent. Il me semble qu'il est à propos que nous fassions une dépêche ensemble au Roi, qui se rapporte au sens des raisons que je vous marque pour obliger S. M. à vous renforcer de cavalerie et d'infanterie, s'il vous plaît de la faire par ce même courrier , et qu'il parte demain pour la porter en diligence ; car le plus tôt que le Roi pourra donner Tordre pour vous renforcer, sera le meilleur.
Je n'ai rien appris de nouveau de l'état des ennemis depuis que je vous vis hier. J'ai envoyé à la guerre du côté d'Ayre et de Renty. Lorsque ces partis seront de retour, je vous donnerai avis de ce qu'ils me rapporteront. Ce que vous apprendrez aussi, Monsieur, de votre côté, il est nécessaire que vous m'en fassiez part, s'il vous plaît , afin d'entretenir la correspondance qui doit être entre nous, dans laquelle je vous rendrai toujours la déférence et le respect que je vous dois, vous témoignant que je suis, etc. Chatillon. Au camp devant Saint-Omer, 24 e juin, à dix heures du matin.
M. DES NOYERS AU MARÉCHAL DE LA FORCE
Le Roi persiste dans sa résolution contre la jonction des deux armées. — Ordre d'envoyer du renfort à M. de Châlillon en cas de besoin.
27 juin. Monsieur, vous aurez su par tant de mes précédentes dépêches l'intention du Roi sur la proposition de la jonction des deux armées, que je vois peu à y ajouter. Toutefois, pour ne pas laisser retourner ce gentilhomme à vide, je vous dirai encore que le Roi persiste dans sa première résolution, et estime que ce seroit la ruine de deux armées de les faire agir toutes deux ensemble au siège de Saint-Omer, et croit qu'il est plus sûr pour le bien de ses affaires et pour M. de CM- , tillon aussi, que votre armée s'occupe à le garantir des efforts des ennemis au dehors, et lui donne moyen de continuer et achever son siège en repos, que si vous vous chargiez d'une attaque. Si toutefois M. de Chatillon juge que deux ou trois mille hommes d'augmentation doivent beaucoup avancer le temps de la prise de la ville, S. M. trouve bon que vous les lui bailliez.
LE MAHÉC. DE CHATELLON AU MARÊC. DE LA FORGE. U9
Je vous prierai de trouver bon que je vous dise que le Roi *f* attend de votre bonne conduite et valeur les bons effets 2Tiuîn ' Qu'elle a toujours produits, et qu'en mon particulier je vous souhaite toutes les occasions de gloire et tous les avantages que désire, etc. des Noyers. De Ruel, ce 27 e juin.
Artifice des ennemis déjoué par la conduite du Maréchal.
Monsieur, je ne puis que je n'estime infiniment la conduite 3 juillet que vous avez tenue dans l'artifice dont les ennemis ont voulu user pour semer de la division entre nos chefs; chacun Ta louée par deçà et vous en a donné bien de la louange. Ils verront bien, Dieu aidant, un de ces jours combien vous êtes étroitement uni avec M. le Maréchal de Chàtillon lorsqu'ils sentiront l'effort de vos troupes; et je vous dois dire qu'il est certain que je vous puis montrer une infinité de lettres de M. de Chàtillon, pleines d'honneur, d'estime et de singulière affection envers vous. Je prie Dieu qu'il vous conserve tous deux à la ruine des ennemis, et que par vos bons conseils et valeur , vous les réduisiez en état de nous demander une bonne paix. Ce sont les vœux, etc. des Noyers. De Ruel, ce 3 e juillet.
LE MARÉCHAL DE CHATILLON AU MARÉCHAL DE LA FORCE
Demande de troupes pour le secourir.
Monsieur, sur l'avis réitéré que vous m'avez donné que 7 juillet les ennemis repassent la rivière pour s'en venir à Watten, je juge qu'ils ont dessein d'attaquer le Bac 1 ou quelques-unes de nos redoutes dans le marais, à quoi je me mets en devoir, autant que je peux, de résister puissamment; mais comme mes quartiers sont fort divisés, et que les gardes qui s'y font, et aux tranchées, m'empêchent d'envoyer audit Bac tout le nombre d'hommes qui seroit bien nécessaire pour le renforcer comme il se devroit, je vous supplie, Monsieur, me vouloir assister de deux mille hommes de pied, et me renvoyer les
1 Fort que le Maréchal de Chàtillon a?ait établi.