‹ Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, maréchal de France, et de ses deux fils, les marquis de Montpouillan et de Castelnaut, suivis de documents curieux et de correspondances inédites de Jeanne d'Albret, Henri III ... et autres peronages marquants depuis la Saint-Barthélemy jusqu'à la Fronde; pour faire suite à toutes les collections de mémoires sur l'histoire de France; (volume 3)Chapitre 99 sur 114 · III · texte numérisé non relu

III

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*»• régiments de cavalerie de Vatômûot et IdgWQ* Pour le rét juillet gj roen t de Hums, voua le pourrez retenir près de vous, donnant ordre au* autres troupes que je viens de marquer, 4e s'en venir à Eperlecques, et là faire halte pour attendre, en cas que quelqu'un de- nos quartiets soit attaqué, Tordre que je lui enverrai de s'en venir en celui de M. du Hallier, et être puis après employés selon qu'il leur sera ordonné. La chose , Monsieur , est de telle importance, comme vous la jugez bien, que je laisse à cette seule considération de vous disposer à nous envoyer ce secours , et vous supplie , etc. Chatillon. Au camp devant Saint-Omer, ce 7 juillet, à quatre heures du soir.

P. S. Monsieur, depuis ma lettre écrite, M. de Gassion est arrivé, qui m'a fait rapport des propos que vous lui avez tenus, et de votre bonne affection à nous assister de tout ce que vous pourrez en cas que nous soyions attaqués. Si les ennemis aussi , feignant avoir- ce dessein, vouloient entreprendre sur votre camp, je tiendrai de la cavalerie prête, que M. de Gassion vous mènera au premier avis que vous me donnerez d'en avoir besoin.

Même sujet.

8 juillet. Monsieur, je viens de recevoir avis de M. du Hallier que les ennemis se sont saisis de la digue entre le quartier dudit sieur du Hallier et le Bac , qui y a envoyé des troupes pour les en chasser. Vous savez, Monsieur, comme nous sommes foibles, ce qui m'oblige à vous réitérer la prière que je vous fis hier par le sieur de Yalzergues que je vous dépêchai, qui est que si déjà les deux mHle hommes de pied et les régiments de cavalerie de Yattimont et Lignon, que je vous ai demandés , ne sont à Eperlecques , vous les y envoyiez promptement pour venir renforcer les quartiers de M. du Hallier; et je crois, Monsieur, qu'il est même, 4u tout important que vous quittiez votre camp pour venir avec toute votre armée prendre le logement dudit Eperlecques» afba qu'étant plus proches nous noua puissions mieux, entre-secourir; et cela presse plus que je ne vous saurois dire, car si nous laissions les ennemis s'affermir au lieu où ils sont, ils divi-

LOUIS Xm AUX MARÊG, DE LA FORCE ET DE CHATILLON. 45i

seroient nos quartiers et secourroient la ville. Au nom deDieu i«*jdonc, ne perdez point de temps à nous envoyer les deux mille *i" iaet hommes de pied et les deux régiments que je vous demande, et me faites 1'bonneur, etc. Chatillon. Ce 8 juillet, à dix heures du matin.

LE CARDINAL DE RICHELIEU AU MARÉCHAL DE LA FORCE

Il le félicite sur la victoire de Zoœfques.

Monsieur, espérant avoir le bien de vous voir dans peu de jours, et de vous témoigner de vive voix la joie que j'ai de l'avantage que vous remportâtes dernièrement sur les ennemis, au combat que vous eûtes avec eux, et de l'honneur que vous avez acquis en cette occasion , je ne vous dirai maintenant autre chose, sinon que comme il n'y a personne qui vous estime et affectionne plus que moi , il n'y en a point aussi qui vous souhaite plus de gloire que je Fais, vous conjurant de croire que je contribuerai avec un soin extraordinaire tout ce qui dépendra de moi pour vous donner lieu d'en acquérir une nouvelle, et pour vous faire connoître que je 6uis, etc. Le Cardinal de Richelieu. De Royaumont, ce 19 juillet.

19 juillet.

IiB ROI AUX MARÉCHAUX DE LA FORCE ET DE CHATILLON.

Repisésailtes à exercer contre l'ennemi.

Mes Cousins , voyant que de tous côtés les ennemis sont w i tti,ka devenus plus insolents depuis ce qui s'est passé à Saint- Omer, et qu'ils ne veulent plus de quartier, je vous fais cette lettre pour voua dire que vous en usiez de votre côté- de la même sorte, et que si vous rencontrez des paysans dans des forts qui tiennent contre apparence de raison, vous les châtiez selon que leur témérité méritera; et au surplus, fassiez tout le dégât et dommage que vou& verrez possibles dans le pays ennemi, à la réserve de» lieux sainte. Sus ce, je prie Dieu, etc. Ecrit à Abbevttle, le 28* juillet. Signé : Louis Et plm fa* ; SuR&Ea.

3Mfct.

Approches de Renty.

Sire, samedi à dix heures du soir, nous reçûmes par M. de Varennes le commandement que votre Majesté nous faisoit de nous en venir en ce lieu de Renty. Nous partîmes le lendemain pour cet effet, et nonobstant le mauvais temps qu'il fit et que nous avions quatre grandes lieues à faire, ne lassâmes d'y arriver le même jour. M. le Maréchal de Châtillon s'est logé au-dessous, à Fouquembergue, avec son armée, et moi au-dessus, à Fasques et sur la grande avenue par laquelle les ennemis pourroient venir plus facilement, et qui se rencontre entre nos deux armées. Nous y plaçons mille chevaux et deux mille hommes de pied avec quelque retranchement que nous y ferons, qui est une éminence où nous pourrions faire notre jonction. Notre infanterie s'est déjà logée à la portée du pistolet dudit Renty , et allons travailler puissamment à dresser nos batteries, pendant que les canons qui sont à Montreuil s'achemineront ici. Je ne doute point que votre Majesté ne sache en quoi consiste cette place. Elle est quarrée avec quatre bastions, un à chaque coin , le tout assez petit, mais à la vérité bien construit; ce qui est de meilleur sont les fossés, qui sont très-beaux et pleins d'eau, et ont force artillerie. Nous n'avons pas eu encore des nouvelles de M. de Villequier. Votre Majesté se peut assurer que nous userons de toute la diligence qui se pourra, et tâcherons de lui donner toute la satisfaction qu'elle s'en promet, comme je l'espère avec l'aide de Dieu , lequel je supplie, etc. Au camp devant ;Renty, ce 3 e août.

LE MARÉCHAL DE LA FORGE AU CARDINAL DE RICHELIEU

Il lui dépêche le Baron d'Eymet pour recevoir ses commandements.

s août. Monseigneur, il est certain que sur l'indisposition à laquelle je me trouvai lors du départ de M. d'Auxerre, craignant que je ne puisse satisfaire au service que Ton pouvoit attendre de moi, je le suppliai de représenter à votre Eminence l'état auquel j'étois. J'eus depuis la fièvre trois nuits durant, non

M. DES NOYERS AU MARÉCHAL DE LA FORGE. A5S

que j'aie laissé de sortir tous les jours, et rends très-humbles grâces à votre Eminence de l'honneur qu'il lui plaît me faire de prendre ce soin si particulier de moi. Je lui dépêche présentement mon fils d'Eymet, pour recevoir ses commandements sur ce que j'ai à faire, ne voulant pour chose du monde me rendre sujet à aucun blâme , si je puis. Il est certain qu'outre les maladies ordinaires auxquelles tous hommes sont sujets, j'ai celle de la vieillesse accompagnée de force défauts, ne doutant point que beaucoup ne se puissent mieux acquitter de cet emploi ; mais j'aimerois mieux aussi mourir mille fois, que S. M. et votre Emînence crussent que tant que Dieu me donnera de force, que je puisse jamais manquer d'affection. Il semble aussi par celle que votre Eminence me fait l'honneur de m'écrire, que S, M. ait quelque volonté que je l'aille trouver pour avoir quelques avis de moi. Ainsi, pour ne manquer à suivre ce qui me sera ordonné, je me tiendrai prêt à exécuter les commandements dont il plaira à votre Eminence de m'honorer , et demeurerai tant que je vivrai votre très-humble, etc. Au camp devant Renty, ce 5 e août

5 août.

M. DES NOYERS AU MARÉCHAL DE LA FORCE

Ordre au Maréchal de commander l'armée en l'absence du Maréchal de Châtillon. — Joie du Cardinal à la prise de Renty.

Monsieur, le Roi ayant su la reddition de Renty par l'ar- 9aoûl rivée du Marquis de Courtenvaut, que vous lui avez dépêché, S. M. m'a commandé de vous écrire qu'elle estime votre présence nécessaire pour maintenir l'afmée, M. le Maréchal de Châtillon venant près d'elle pour conférer de ce qui sera maintenant à faire, ainsi que je lui mande.

Je ne vous dirai point la joie que son Eminence a eue d'apprendre cette bonne nouvelle de la prise de Renty, puisque vous la pouvez bien juger. Je me contenterai donc, Monsieur, etc. des Noyers. D'Abbeville, ce 9 e août.

P. S. M. le Maréchal de Châtillon venant trouver le Roi, ce sera à vous à donner ordre au comblement de vos tranchées et réparations des brèches les plus importantes, M. du Hallier faisant le même de son eôté en l'absence de M. de

9 aoèt.

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ChàttHoD. Vous ferez aussi, s'il vous plaît, l'impossible pour tenir Tannée en bon état et en disposition de faire à F avenir quelque chose de plus important.

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