M. DE BARTHE A LA DUCHESSE DE LA FORCE
Derniers momenls du Maréchal Duc de la Force.
Madame, si mon indisposition fut la cause que je ne me 1652. donnai point l'honneur de vous écrire alors du décès de feu 9 i"'°- Mgr le Duc, j'ai cru que vous auriez assez de charité pour recevoir mes excuses en tout temps, puisque vous me faites cette grâce de croire que mes intentions sont sincères, et que je n'en aurai jamais d'autres que celles de rendre à votre Grandeur mes très-humbles obéissances. Si celle que Mgr le Duc * m'a fait l'honneur de m'écrire , me fait connoître d'un côté , que la perte qu'il a faite l'a jeté comme dans l'extrême, et que de l'autre, j'y voie une soumission et un parfait acquiescement sans murmure à la volonté de Dieu : j'ose croire. Madame, que n'étant pas moins régénérée ni moins instruite en l'exécution de cette volonté que lui, vous aurez fait agir la partie intellectuelle , pour dire à la partie sensitive que les regrets et les larmes sont injurieuses à Dieu , quand par quelque considération du monde on glose sur les actions du Tout-Puissant, qui ne fait rien que pour sa fin qui est sa gloire, faisant aboutir toutes les nôtres à la sienne. Ainsi, Madame, sachant combien grande est la mesure des dons que Dieu vous a concédés , et que les événements du ciel ne vous étonnent pas, mais augmentent votre piété et votre zèle, j'ose assurer qu'à la nouvelle d'une perte si sensible, au lieu de former un raisonnement humain, qui, pour des considérations prises du sujet , pourroit être trèsjuste et légitime, vous aurez dit qu'il n'y a homme vivant
' Armand de Caum^nl, Marquis de la Force, devenu Duc de la Force far la niorl de son père.