FORCE
Hommages de dévouement et de reconnoissance.
Monseigneur, si ceux qui n'ont eu le bien de contempler la majesté de votre face admirent avec étonnement votre grandeur et vos perfections, notre Eglise est bien plus obligée, à des respects et vénérations de votre gloire et de vos mérites, puisqu'elle a été si heureuse de reposer plusieurs années, qui ont été son siècle d'or, à l'ombre de votre doux gouvernement, et de vous chérir et honorer comme son nourrisson et père nourricier. C'est pourquoi, Monseigneur, elle voudroit se pouvoir joindre à la foule de ceux qui s'empressent pour vous rendre leurs hommages ; mais cette grâce lui étant interdite, elle a recours à la plume pour vous assurer. Monseigneur, qu'autant qu'il y a de personnes qui la composent, ce sont autant d'âmes consacrées avec une très-sincère affection à votre service, autant de trompettes de votre valeur, sagesse et piété exemplaire, qui vous publient le père des bons conseils, l'ouvrier des grandes actions et le parangon de la dévotion, l'épée et le bouclier et de l'Etat et de l'Eglise ; autant de cœurs animés de ferventes prières pour l'accroissement de cette éminente dignité, à laquelle Dieu vous a élevé comme un autre Joseph et Mardochée, l'amour et les délices de leurs Rois, et pour le couronnement de votre vénérable vieillesse, qui, par un miracle de nos jours, soutient sans plier le faix des plus importantes affaires, et parfournit la carrière d'une vie la plus active et la plus laborieuse qui se puisse voir. C'est, Monseigneur, ce que nous avons prié M. de Gassion, Ancien en cette Eglise, de vous exposer plus amplement de bouche, et de vous demander avec toutes sortes de soumissions la continuation de votre bienveillance, vos bons conseils
LE CARDINAL DE RICHELIEU AU MARÉCHAL DE LA FORCE. Û63 et vos assistances favorables es occasions qui s'offriront, que «639. nous tâcherons de reconnoître par une obéissance prompte *^ '""^' que nous rendrons à vos commandements, quand il vous plaira nous donner le moyen de vous faire voir par effet comme nous sommes de franche volonté , vous saluant en toute humilité. Les Pasteurs et Anciens de l'Eglise de Pau, et pour tous, DE Latite, Pasteur en ladite Eglise. A Pau, ce 16^ mars.
Piise d'Hesdin. — Heureux succès des armes de S. M.
Sire, il est bien juste que tout ainsi que tous vos très- juillet. humbles sujets jouissent des grâces et bénédictions que Dieu épand sur votre Majesté et sur la prospérité de ses armes, qu'ils en rendent à Dieu très-humbles grâces, et soyons tous reconnoissants envers votre Majesté de ce que nous lui devons. En mon particulier, je la supplie très-humblement de croire que je loue Dieu du meilleur de mon cœur, et suis ravi du bon succès qu'il lui a donné du siège de Hesdin, dont j'admire la prompte exécution et la bonne diligence qui y a été apportée, et du soin de votre Majesté à bien reconnoître ceux qui la servent dignement; et j'ose croire que ce grand coup rabattra fort la présomption de ses ennemis, lesquels maintenant n'oseroient rien entreprendre, voyant son armée sur pied et libre pour agir où il lui plaira. Je supplie le Tout-Puissant vouloir toujours favoriser ses desseins et augmenter de plus à votre IMajesté sa royale grandeur, et avec une parfaite santé, lui donner très-longue et très-heureuse vie.
LE CARDINAL DE RICHELIEU AU MARÉCHAL DE LA FORCE
Il le remercie de ses félicitalions à l'occasion de la prise d'Hesdin.
J'ai trop de connoissance et de la passion que vous avez 22 juillet. au bien des affaires du Roi et de votre affection pour ma personne et pour tout ce qui me touche, pour douter de la joie
22 juillet.
Ix^ll CORRESPONDANCES.
que vous me témoignez avoir ressentie de la prise de Hesdin et de l'honneur qu'il a plu à S. M. départir à mon cousin de laMeilleraye en suite d'un si heureux succès. Les termes de la lettre que vous m'avez fait la faveur de m'écrire sur ce sujet, sont si obligeants que je n'ai point de parole pour vous en remercier comme je le désirerois ; à ce défaut, je vous supplie de croire que je n'en perdrai jamais le souvenir, et que là où j'aurai lieu de vous en faire paroître mon ressentiment et vous donner des nouvelles preuves de l'estime que je fais de votre mérite, vous connoîtrez par efîet que je suis véritablement, etc. Le Cardinal de Richelieu. A Marie, ce 22« juillet