‹ Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, maréchal de France, et de ses deux fils, les marquis de Montpouillan et de Castelnaut, suivis de documents curieux et de correspondances inédites de Jeanne d'Albret, Henri III (volume 4)Chapitre 15 sur 106 · FOURNIER · texte numérisé non relu

FOURNIER

Le sieur d'Iche refusa d'obéir et fut tué d'un coup de canon le 21 juin 1634, en défendant la Mothe, assiégéepar le Maréchal delà Force.

LIYRE m, CHAPITRE XVm. 73

torze ou quinze cornettes de cavalerie, lesquels i«34. allèrent loger lesdites troupes à tous les lieux les plus prés de ladite place, et pour la bien connoitre, allèrent faire le tour. Il leur fut tiré force coups de canon, mais sans effet. Sa Majesté mande audit sieur Maréchal qu'il fît faire des forts, ainsi qu'il jugeroit le plus à propos pour la bloquer, ne voulant qu'elle fût attaquée de vive force, et qu'après cela lesdits forts étant garnis, son armée pût être libre pour marcher là où l'occasion se présenteroit. Ledit sieur Maréchal s'y en va lui-même et mène encore quelques régiments et quelques cornettes de cavalerie^ fait le tour de la place avec le Marquis son fils, qui lui montre les lieux qu'il avoit choisis pour faire les forts, et le premier qu'il avoit entrepris fort avancé, ce qu'il approuva entièrement.

Le Vicomte d'Arpajon , l'un des Maréchaux de camp, étoit allé à Paris sur le commandement quil avoit eu d'y escorter la Duchesse de Lorraine avec quelques cornettes de cavalerie; il pensoit que le Cardinal de Lorraine seroit aussi dé la partie et feroit le voyage, ensemble la Princesse Claude qu'il avoit épousée clandestinement depuis quelques jours; mais l'uu et l'autre ayant pris une autre résolution, sortirent de Nancy dé- idjin

lu MÉMOIRES DU DUC DE LA FORCE.

giiisés ', et trouvant assez près de là un caiTosse qu'ils y avoient fait mener, se firent conduire dili- (^emment à la Franche-Comté, de sorte qu'il n'y eut que la Duchesse qui allât en France. Elle fut honorablement reçue et accueillie de leurs Majestés.

Le Maréchal de la Force ayant résolu l'ordre qu'il falloit tenir povir le travail des forts, laisse le colonel Hebron ^, aussi Maréchal de camp, audit la Molhe pour la conduite de tout et pour commander les troupes qui étoient là, et s'en va avec le Marquis de la Force et le reste de l'armée pour attaquer Bitche, qui étoit la seule autre place forte de la Lorraine qui résisloit, y mène six canons, deux mortiers et un capitaine de mine avec ses ouvriers.

Il y avoit plus d'un mois qu'il avoit fait jeter un régiment dans la ville qui est au pied de la place, et encore un autre dans un village aussi fort près.

1 Ils se déguisèrent en pages pour sortir du palais, et franchirent les portes de la ville travestis en vignerons.

2 Jeau llepburne, écossais ; on avait francisé son nom en en faisant Hebron ; mais un grand nombre de lettres qu'il écrivit au Maréchal de la Force sont signées Ilrp-burnc. 11 était entré au service de France en 1633, avec un régiment qu'il avait levé ; on le fit peu après Maréchal de camp : c'était un brave officier. Il fut tué au siège de Saverne, le 6 juillet 1C36, dune mousquetade dans le col.

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