‹ Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, maréchal de France, et de ses deux fils, les marquis de Montpouillan et de Castelnaut, suivis de documents curieux et de correspondances inédites de Jeanne d'Albret, Henri III (volume 4)Chapitre 16 sur 106 · LIVRE in, CHAPITRE XYTiî · texte numérisé non relu

LIVRE in, CHAPITRE XYTiî

D'abord qu'il arrive, il rësoiil les lieux où il vou- »634. loit placer les canons qu'il départit en trois endroits, de même des mortiers, et dès la deuxième nuit, fait travailler aux tranchées, gagne le pied du rocher, y fait attacher les mineurs, de sorte que. l'un ne cessant pas pour l'autre, de tous côtés la diligence fut si bonne, qu'en sept ou huit jours tout fut presque en état de faire son effet. La place est sur une haute montagne qui est en précipice de tous côtés, une couronne de rochers tout à l'entour, de vingt pieds de haut au moindre endroit, de sorte qu'il n'y avoit point moyen de faire tirer le canon en batterie pour faire brèche, et ne fut tiré qu'en ruine dans la place et aux défenses des montagnes voisines, bien que fort éloignées, qui fît néanmoins tel eflet ce jour-là, qu'avec l'appréhension des mines et des mortiers ' qui n'avoient encore tiré que deux coups, dés le lendemain au ma-

1 Le Président Hénault dit que ce fut au siège de la Mothe qu'on se servit pour la première fois en France de bombes, quoiqu'elles eussent été inventées dès l'an 1388 ; il ne s'est pas trompé de beaucoup, car le siège dcBitclie prèci'da |)resque immédiatement celui de la Mothe. Louis XIII fit venir de Hollande Maltiis, ingénieur anglais, pour jeter des bombes, ce qu'il fit avec succès à divers sièges, jusqu'à ce qu'il fiU tué à celui de Gravelines, en 1058. 11 est à remarquer qu'au chapitre suivant, M. de la Force, en parlant de bombes, ne les appelle pas encore de ce nom, mais de celui de grenades pour les mortiers.

iW4. tin, ils demandèrent à capituler, à quoi ils furent reçus, et le tout arrêté et signé trois heures après ; ils donnèrent des otages jusqu'au lendemain qu'ils itDti. remirent la place, laquelle étoit bien capable d'amuser encore cette armée deux mois.

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