‹ Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, maréchal de France, et de ses deux fils, les marquis de Montpouillan et de Castelnaut, suivis de documents curieux et de correspondances inédites de Jeanne d'Albret, Henri III (volume 4)Chapitre 21 sur 106 · LIVRE m, CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

LIVRE m, CHAPITRE XIX

s'y mécomptérent, car la même nuit l'armée de «»* l'Infant Cardinal y ëtoit arrivée; de sorte que leur effort fut non-seulement soutenu, mais ils les renversèrent entièrement, et fut toute leur infanterie défaite et beaucoup de leur cavalerie. Cette victoire ' renforça encore le courage des Impériaux à poursuivre leurs progrés , de sorte que tout lâche le pied devant eux ; ils donnent dans le pays de Wirtemberg, où ils ne trouvent aucune résistance, vont attaquer la ville de Heilbron qu'ils prennent; un corps de ladite armée qui étoit venu à la vue de Strasbourg, rencontre quelques troupes du Comte Rhingrave* prés de la tète du pont, qu'ils menèrent mal. L'effroi est grand partout. Ceux de Strasbourg, le Duc de Wirtemberg, le Marquis de Dourlach ^ et le Rhingrave, envoient des députés vers le Maréchal de la Force , le prient d'approcher l'armée du Roi, ce qu'il fit avec telle diligence et si utilement que cela raffermit grandement les courages.

1 C'était la première qu'ils remportaient en Allemagne contre les troupes suédoises.

2 Othon-Louis, Général de la cavalerie suédoise, servit utilement la cause des Protestants en Alsace ; il mourut à Spire le 6 octobre 1634.

3 Georges-Frédéric Margrave de Durlach, chef de la branche cadette de la Maison de Bade, mis au ban de l'Empire et exclu de l'héritage de la branche aînée pour avoir fait partie de la ligue protestante.

jfEgi. Le sieur de Feuqiiières \ qui étoit Ambassade\ir pour sa Majesté vers les Suédois à l'Assemblée de Francfort, dépêcha le sieur Arnault^, son frère, vers ledit sieur Maréchal, au nom du grand Chancelier Oxenstiern, Di^'eçteur général de la Couronne 4e Suède, pour le prier d'avancer l'armée de s^ Majesté vers Philippsbourg, où il faisoit faire un pont à bateaux, et bien qu'il sût qu'il ne passeroit point del^ le Rhin sans permission, il jugeoit néanmoins que ladite armée s'approchant, apporteroit telle appréhension aux ennemis que cela les retiendroit fort et r.assureroit beaucoup les leurs.

Ledit Oxenstiern ne se tenant assuré audit Francfort, ni l'armée qu'avojt rcissembléeleDuc de Weimar, ils partent tous deux et s'en viennent à Mayence, où ils passent deçà le Rhin. Ledit sieur

1 Manassès de Pas Marquis de Feuquières ; envoyé en Allemagne après la mort de Gusta\e-Adolplie , il contribua par son habileté aux succès des Suédois et à cimenter leur alliance avec la France. II mourut en 1640, des suites d'une blessure qu'il avait reçue au siège de Thionville. C'|élait un brave officiçr et un négociateur habile. II a laissé des mémoires sur les affaires d'Allemagne.

2 Isaac Arnauld de Corljeville, colonel des carabins, beau-frère de Feuquières, qui avait épousé sa sœur; cousin germain du grand Arnauld de Port-Royal, amant de Marion de Lorme, et célébré par Ypitu^e etiparjRacajU : ,il ^st l'auteur du madrigal de la Tulipe dans la Çfjiirlande ^e Julje. Les ^instructions du. Roi au Maréchal de laFoi:çe lui prescrivaient de s'entendre avec Feuquières [Corres^ondanees , 23 septembre 1G34).

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