‹ Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, maréchal de France, et de ses deux fils, les marquis de Montpouillan et de Castelnaut, suivis de documents curieux et de correspondances inédites de Jeanne d'Albret, Henri III (volume 4)Chapitre 22 sur 106 · LIVRE m, CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

LIVRE m, CHAPITRE XIX

Maréchal qui s'étoit avancé jusqu'à Landau, ville »6-*» impériale, s'y trouve d'autant plus à propos que les Confédérés avoient consenti ' que la place de Philippsbourg serait mise entre les mains du Roi, et à cela s'opposoit l'armée de Bavière, commandée par le Duc de Lorraine, qui s'étoit présentée pour l'investir; même elle étoit déjà placée en quelques vieux retranchements et se vouloit saisir du fort situé sur le bord de la rivière, que le Gouverneur de la place '^j par manque de soldats, avoit aban-r donné. Ledit sieiu' INIaréchal envoya un régimçnsL si bien à temps, qu'il se saisit le premier dudit fort, dont les Impériaux se voyant frustrés, et les avis leur étant donnés que toute l'armée de sa Majesté marchoit, ils se retirèrent soudain. Le sieur de Feuquiéres y mit la garnison pour le Roi, assisté looctohr*. du Rhingrave Otto, qui devoit faire délivrer cet,te place, et fut peçu par le Duc de Wirtemberg.

Le lendemain ledit sieur Maréchal fut à Spire,, le sienr de Feuquiéres avec tous ces messieurs lui vinrent au devant, et n'est pas croyable le contentement q.ue reçut âe sa venue tout le pays, qui étoit grandement ébranlé, craignant que les In? pénaux passassent deçà le Rhin. Ledit sieur Maréchal

1 Par le traité du 26 août 1634.

^ Schmidberg, qui y commandait pour les Suédois.

1634. s'en alla le lendemain avec tous ces messieurs visiter Philippsbourg et reconuoître les magasins, afm de pourvoir la place de tout ce qu'il seroit nécessaire de vivres et munitions de guerre, ce qui fut fait promptement, et s'en revint à Landau, remédiant à tout ce qu'il falloit pour la sûreté du pays, principalement à empêcher le dessein que les Impériaux avoient de faire un pont sur le Rhin pour avoir le passage libre de deçà, ce qu'il fit; quelques jours après il reçut plusieurs dépêches de sa Majesté témoignant le gré qu'elle lui savoit de ses bonnes diligences et comme il s'étoit bien conduit en toutes occasions.

Ledit Maréchal juge qu'il étoit du tout important de faire construire un pont à Philippsbourg, afin qu'il eût moyen de secourir la place en cas de besoin, et que ce seroit aussi le moyen de rendre les armes de sa Majesté plus redoutables et de pouvoir donner plus d'assistance aux Confédérés; il fait ses diligences à recouvrer des bateaux, envoie en haut et en bas du Rhin, à Strasbourg, à Worms, à Mannheim, et en assemble quantité que l'on fit arrêter prés de Mannheim. L'Administration du Palatinat lui mande qu'elle a avis que les ennemis avoient dessein sur lesdits bateaux, qu'il y falloit mettre garde et les tenir en lieu de sûreté, qu'elle

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