III
1634. trouver les Généraux qui ne perdent pas temps, donnent soudain les rendez-vous; le Duc Bernard s'y aclieminoit aussi; mais jugeant la diligence nécessaire, ils marchent sans l'attendre droit au pont de Mannheim, y arrivent au point du jour; étant à la campagne ils établissent leur ordre , arrivent à la vue de Heidelberg à une heure de soleil; quelques coureurs qui se trouvent à la campagne, furent pris. L'ordre de l'attaque fut que le Marquis de la Force, Maréchal de camp, donneroit à la main droite du côté de la montagne au château, avec les régiments de Piémont et de Tonneins; il ordonne ceux qui dévoient donner les premiers, qu'il compose des deux corps de Piémont et de Tonneins; Moussolens pour Piémont, et Tonneins pour son régiment, se mirent tous deux à la tête, et Belsunce, aide de camp, soutenus avec le reste par le Marquis de la Force. Ayant gagné le haut de la montagne, ils vont attaquer le corps de garde qui étoit à la batterie des ennemis; ils l'emportent, tuent et prennent plusieurs prisonniers, et poussent le reste jusque dans la ville où étoit leur grand corps d'armée, se saisissent de tous les canons qui étoient en deux batleries, vont au château, où ils remirent le Gouverneur Abelmodo qui n'y avoit pu rentrer. L'autre attaque fut commise au colonel Hebron,
LITRE m, CHAPITRE XIX. 99
aussi Maréchal de camp, qui devoit donner du côté «634. de la ville par un faubourg, où l'on trouva plus de difficulté qu'on n'avoit proposé , tant y a qu^'ils allèrent jusqu'au pied des murailles. L'effroi fut si grand parmi les ennemis, qu'ils quittèrent soudain le faubourg qui étoit fort bon, et mirent le feu partout, de sorte que ledit colonel Hebron s'y logea. **
Le Marquis de la Force, qui avoit gagné le château, eût donné dans la ville , sans la nuit obscure qu'il faisoit, et sans doute l'eût emportée ; mais ces coups de nuit sont bien dangereux. L'elTroi étoit tel, qu'ils demandèrent la même nuit à capituler ; ils y fureni reçus, et soudain accordés de sortir le lendemain ^ 25 décembre. vie et bagues sauves; l'artillerie et munitions demeurèrent aux Généraux. Cette action fut fortp-lorieuse, faite à la barbe du Duc Charles de Lorraine, de Galas et de Gronfeld , qui étoient logés à la vue dans le Bergstraat, et se retirèrent avec grand désordre.
Deux jours après, le Duc Bernard de ^^ eimailes vint joindre avec son armée; ils prennent tous leurs logements dans le Berfi;straat, d'où étoient partis les ennemis , lesquels firent leur retraite jusqu'à Heilbron et dans le Wirtemberg.
Ledit Duc Bernard va jusqu'à Francfort; sur m^.
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16» l'avis que le Comte de Mansfcld' avec quelques forces qu'il avoit ralliées du Pays-Bas et celles de la Ligue catholique de Cologne, faisant environ six à sept mille hommes de pied et trois ou quatre mille chevaux, avoit passé le Rhin à Andernach et s'en venoit vers la rivière du INIein , entre Francfort et Mayence, il se prépare à lui donner quelque attaque, et revient Y>rendre son armée avec un renfort de six mille hommes de pied de l'armée de sa Majesté, que les Maréchaux de la Force et de Brézé luihaillèrent, commandés par le sieur llehron, Maréchal de camp. L'armée de Mansfeld avoit coulé jusqu'à AschafFenhoiirg au long de la rivière du jMein. En même temps lui arriva un grand renfort de Piccoloniini ^ et de CoUoredo ^ de sorte que le Duc Bernard se trouva foihle et ne put rien faire que d'enlever quelques quartiers de cavalerie, ce qui lui réussit bien; mais il fut contraint de repasser deçà leMein. Les Généraux de l'armée du Roi s'étoient avancés jusqu'à trois lieues de Francfort , à Darmstadt, pour l'appuyer, et faisoicnt état d'entreprendre sur lesdilcs armées des Impériaux ; mais
• VVolfgang, Comte de Mansfeld , joua un rôle important dans la guerre de trente ans.
2 Octave Piccolomini, Prince de l'Empire, Duc d'Amalfi, le héros de Schiller, et l'un des plus grands Généraux de «on temps.
^ Jérôme, Comte de Colloredo.