‹ Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, maréchal de France, et de ses deux fils, les marquis de Montpouillan et de Castelnaut, suivis de documents curieux et de correspondances inédites de Jeanne d'Albret, Henri III (volume 4)Chapitre 26 sur 106 · LIVRE m, CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

LIVRE m, CHAPITRE XIX

la saison el la rigueur du temps par des gelées fort !«»• extraordinaires leur en ôtérent le moyen.

Lesdits Généraux se disposent à entreprendre dans le Wirtemberg que les Impériaux occupoient depuis la bataille qu'ils avoient gagnée à Nordlinguen, et n'y restoit que quelques forteresses situées en des lieux inaccessibles.

Comme ils préparoient le magasin de leurs vivres, qui sefaisoit à Philippsbourg, et qu'une partie étoit conduite par eau venant de Strasbourg, ils reçoivent la nouvelle du malheur arrivé audit Philipps- 2* iantier. bourg, que la négligence et mauvais devoir d'Arnauld \ qui en étoit Gouverneur, laissa surprendre aux ennemis, ce qui fut un mauvais coup et traversa fort les affaires.

Lesdits Généraux de l'armée du Roi et le Duc Bernard de Weimar, qui étoit dans le Bergstraat, depuis la rivière du Rhin jusqu'à celle du Necker, prennent résolution de se voir, ainsi que le grand Chancelier de Suède Oxenstiern qui étoit à Worms;

1 Richelieu dit en apprenant celte nouvelle : Ah ! voilà des soldats du père Joseph! Au lieu d'Arnauld-Corbevilie, on l'appela Arnauld-Philippsbourg. Il fut mis à la Bastille. Sa famille fit imprimer une petite apologie, où ils chargeoient M. de la Force de n'avoir pas voulu, par envie, envoyer les choses nécessaires dans la place; mais ils ne persuadèrent personne. [Tallemant des Réaux, tom. II, pageim.)

ils prennent jour de se trouver tous à Bensheim. En même temps, à la faveur des glaces, le Rhin étant pris, ils ont avis que les Impériaux avoient passé ladite rivière et s'étoient saisis de lia, ville de Spire^ et en même temps courent la campagne et défont quelque cavalerie écartée qui venoit du' côté de la France. L'alarme en est grande dans tout le pays, surtout à Franckenthalj à W omis et autres villes, lesquelles déjjêclient vers lesdits Généraux pour leur demander secours; soudain ils jettent un régiment à chacune de ces places, et prennent entre eux résolution qu'étant difficile de rien entreprendre du côté où ils étoient, qu'il falloit repasser le Rhm pour s'opposer aux ennemis et appuyer toutes les villes qui branloient.

En l'exécution, les difficultés arrivent du temps; les glaces avoient contraint de défaire le pont de Mannheim, et comme ils pensen t passer sur la glace, un dégel survient tout à coup si grand qu'ils ne le purent; deux jours après lesdites glaces se fortifièrent ; ils firent prendre ce temps-là au jMarquis de la Force, Maréchal de camp en ladite armée, pour passer avec vingt cornettes de cavalerie et rejoindre quelques régiments qui étoient de ce côtélà. Il apporta si bonne diligence à tout, que plusieurs villes qui étoient prêtes à ouvrir leurs portes

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