‹ Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, maréchal de France, et de ses deux fils, les marquis de Montpouillan et de Castelnaut, suivis de documents curieux et de correspondances inédites de Jeanne d'Albret, Henri III (volume 4)Chapitre 30 sur 106 · LIVRE m, CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

LIVRE m, CHAPITRE XX

l'on voulut rompre un pont duquel ils se sei voient «ess sur cette petite rivière et que cela étoit flanqué de la ville et d'un faubourg, il s'y fit un grand combat, il y eut des assaillants de morts ou de blessés cent ou cent vingt; mais de condition, nul que le sieur Otty, capitaine au régiment de Piémont ; les ennemis y perdirent plus de cinq cents hommes. L'on se fortifie au fort qui avoit été gagné, car il étoit ouvert du côté de la ville; ledit Duc en fait de même à celui du canal, ce qui fut un grand avantage. L'on n'entreprend plus rien de ce côté, Ton prépare les batteries de l'autre part, du côté de la terre où l'on avoit déjà fort avancé les tranchées; les faubourgs embrassent tellement la ville qu'il falloitles attaquer; partout il y abonne muraille, fossé et fausse braye \ Les batteries étant prêtes de côté et d'autre, chacun, tant les François que ceux du Duc de Weimar, font à qui aura plus tôt fait brèche; comme les Généraux la jugent presque raisonnable pour donner l'assaut, ils envoient sommer ceux de dedans, et ce par un écrit porté par un tambour qui leur déclare qu'il aient à remettre la place et faire réponse dans une heure, ou de se bien défendre, car ils ne dévoient espérer que d'être traités à la

' C'est un chemin couvert qui règne tout au tour de l'escarpe, c'est-à-dire sur le bord du fossé du côté de la place.

110 MÊMOmES DU DUC DE LA FORCE.

rigueur de la guerre. On attendit leur réponse plus de trois heures, qui fut si ambiguë qu'ils jugèrent bien que ce n'étoit que pour gagner temps'; ils s'y trouvèrent trompés , car tout ëtoit si bien prépare que bientôt après l'on donna si vertement que ceux qui étoient ordonnés pour défendre la brèche , dès qu'ils eurent fait leur décharge, ils lâchèrent k pied, non si vite qu'il n'en fût tué plus de quatre cents et pris quelques-uns. Ce faubourg gagné, dès le même soir on fait ouverture de la porte qui avoit été terrassée et fit-on entrer les canons dès la nuit même. Le matin on reconnoît les endroits les plus propres pour battre la ville, on y travaille avec tant de diligence que, dés le même jour, avec la nuit suivante, on eut dressé trois batteries qui commencèrent dès le point du jour, et le Duc Bernard enfitdeux. Toutes tiroient incessamment, de sorte qu'à dix heures il y avoit deux ou trois brèches assez raisonnables. Ceux de dedans n'attendirent pas d'être sommés, ils firent leur chamade de bonne heure ; aussi étoieut-ils en tel état qu'ils ne pouvoient espérer aucune ressource, mais une désolation entière d'eux tous et de tous les habitants, que lesdits Généraux étoient bien aise d'éviter, et ne l'eussent pu s'ils eussent permis l'assaut et que les soldats eussent donné. Les chefs qui étoient dans

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