‹ Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, maréchal de France, et de ses deux fils, les marquis de Montpouillan et de Castelnaut, suivis de documents curieux et de correspondances inédites de Jeanne d'Albret, Henri III (volume 4)Chapitre 42 sur 106 · LIVRE m, CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

LIVRE m, CHAPITRE XXI

raine, avoient fait une partie vers Toul avec mille i^s. chevaux et autant de dragons. S'en revenant passer près de là, ceux du château leur donnent avis des gens de pied qui y étoient; ils font mettre pied à terre à leurs dragons , chargent lesdits gens de pied, qui furent fort surpris , bien qu'ils avoient fait des barricades, et en effet combattirent longtemps et tuèrent quantité des ennemis, lesquels leur offrirent quartier et qu'ils envoyassent le capitaine pour traiter. Comme il fut parmi eux, on les fait charger par le derrière, de sorte qu'ils défirent la plupart et en amenèrent trois officiers prisonniers. L'armée qui marchoit le même jour de ce côté-là, y arrive bientôt après; ceux du château quittent; nos soldats animés de cette action donnent et y mettent le feu. L'on rallie les soldats qui s'étoient sauvés et quelques blessés que l'on fait porter.

Le Maréchal delaForce auquel son âge de soixantedix-sept ans ne pouvoit qu'apporter des incommodités, jointes les afflictions qu'il avoit eues de la perte de sa femme, et ses deux enfants de Tonneins et de Castelmoron qu'il voyoit réduits en de grandes misères, le dernier d'une grande blessure qu'il avoit reçue au siège de la Motte, qui se tenoit au lit, il y avoit plus d'un an; l'autre, attaqué dune

1635. grande paralysie qu'il prit à Mannheim au delà du Rhin, où le Roi l'avoit mis Gouverneur et où il eut de grandes fatigues, et son petit-fils de Boisse, qu'il venoit de perdre, se trouva obligé de supplier humblement sa Majesté d'avoir égard à lui et d'avoir agréable qu'il pût aller prendre quelque repos chez lui. Sa Majesté lui témoigna la satisfaction qu'elle avoit de ses services, qu'elle trouvoit juste sa demande, mais qu'il importoit en ces occasions qu'il ne laissât pas encore son armée, et que bientôt elle enverroit le Duc d'Angouléme pour le soulager et commander son armée conjointement avec lui. Ledit Maréchal ayant avis que ledit Duc d'Angouléme étoit arrivé à Nancy ', se dispose de l'approcher pour assurer son passage; il se rend à Bayon , lui envoie de là le Marquis de Sourdis ^, Maréchal de camp, avec quatre cents chevaux et de l'infanterie, et lui s'avance jusqu'à Rozières, où

1 Voir ( correspondances, 7 septembre 1635 ) une lettre du Duc d'Angouléme au Maréchal.

2 Charles d'Escoubleau Marquis de Sourdis et d'Alluye, Maréchal de camp en 1632, Mestre de camp général de la cavalerie et Chevalier des Ordres en 1633, Lieutenant général en 1639, mort le 21 décembre 1666 ; il avait épousé Jeanne de Foix Princesse de Chabanais, Comtesse de Monlluc et de Carmain. Henri d'Escoubleau de Sourdis de Montluc, Prince de Chabanais, Comte de Montluc et de Carmain, leur fils, se maria en 1671 à Anne-Judith le Lièvre de la Grange, arrière-grande-tante de l'éditeur de ces Mémoireg.

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