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ledit Duc vient le joindre, et se rendent ensemble à less. Lunéville. Comme il» sont là , ils apprennent que rarrière-ban de Normandie et Champagne ëtoient arrivés à Chàlons, qui faisoient environ trois mille gentilshommes conduits par monsieur de Longueville et le Vicomte d Arpajon, INIaréchal de camp, qui avoient ordre de les conduire à leur armée.
Étant à Lunéville, ils apprennent que le sieur de Laymon ^ étoit parti de Rambcrvillers, où étoit l'armée d u Duc de Lorraine, et avoit passé au Pont-Saint- Vincent avec quinze cents chevaux, et s'en alloit vers Saint-Mihiel pour rallier d'autres forces . En ce même temps, celte Noblesse de Normandie et de Champagne s'étoit avancée et se trouva assez près de là. Ledit sieur d'Arpajon en donne avis ; les Généraux d'Angoulème et de la Force ayant conféré ensemble, croient qu'il y auroit moyen d'entreprendre sur eux. Ledit Duc d'x\ngoulême désire d'y aller, avertit le sieur d'Arpajon, et part avec cinq cents chevaux de l'armée et autant de dragons , et va au rendez-vous qu'il avoit donné; mais cette Noblesse ne se trouva si prompte qu'il falloir, avec ce que Laymon, qui avoit tout le pays à sa dévotion, en fut averti, de sorte qu'il tira pays de bonne
» François de Savigny sieur de Leyniont; Richelieu dit qu'il était sergent de bataille du Duc de Lorraine.
1635. heure; il avoit fait assembler du pays mille ou douze cents hommes de pied qu'il jeta dans Saint- Mihiel, et lui avec la cavalerie s'avança dans le Luxembourg. Les nôtres les suivirent une journée seulement, défirent quelque infanterie qu'ils rencontrèrent et s'en revinrent; cela fit perdre huit ou dix jours de temps, ce qui nuisit beaucoup, de quoi le Maréchal de la Force passoit bien de la peine, car leur dessein étoit d'aller attaquer le Duc de Lorraine qui s'étoit placé avec son armée à Rambervillers et y faisoit fortifier son camp par de grands retranchements ; son avis eût bien été d'aller plutôt là.
Le Duc d'Angoulême s'en revint joindre l'armée à Lunéville, et donne quartier à toute cette Noblesse à Rozières, à deux petites lieues de Lunéville , et à deux mille dragons qui marchoient avec eux, dont il y en avoit douze cents de monsieur le Cardinal de Richelieu, avec des mandilles rouges c[u'il faisoit beau voir; l'on prend un jour pour donner du repos à tout cela.
Le second jour ces deux armées se joignent
au rendez-vous qui fut donné sur le chemin de
Gerbeviller, où ils allèrent loger, et le lendemain
aoseptembre. bou matin, ils partent pour se rendre à Magniére,
à deux petites lieues de Rambervillers, lieu que les
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ennemis occupoient. Étant avertis, ils délogent et tâchent de le brûler. Quelque cavalerie qu'ils avoient dedans, se met en campagne et se montre au-devant du village. Les coureurs de notre avantgarde les chargent, ils se retirent de bonne heure, non si vite qu'il n'en fut attrapé quelques-uns. Les ennemis avoient saisi un château nommé INIoyen, dépendant de l'Évéché de Metz, assez bon, quin'étoit qu'à demi-lieue du camp de Magniére; l'on prit résolution de l'attaquer. A cet effet, on mena deux canons, environ quinze cents hommes de pied et cinq cents chevaux conduits par le Marquis de Sourdis, l'un des INIai échaux de camp de l'armée ; il y fut fait bonne diligence et furent tellement pressés qu'ils se rendirent au bout de trois jours, pendant lesquels on fut obligé d'envoyer une forte escorte à Nancy pour le pain de munition. Il se faisoit souvent des parties de tous côtés, où l'on attrapoit toujours quelqu'un, mais il ne s'y passa rien de considérable.
Le temps et le loisir qu'on avoit donnés aux ennemis de faire leur travail, les avoient mis en si bon état que c'eut été grande témérité de les attaquer là et mettre l'armée en péril , outre que la leur étoit en plus grand nombre, tant de cavalerie que d'infanterie, et avoit vingt pièces de canon.
1635. La résolution fut prise de se loger avantageusement autour d'eux , qu'empêchant qu'ils ne pussent avoir des fourrages et vivres, on pût les ruiner. En ce même temps arrive un courrier de sa Majesté, laquelle sur les avis que messieurs de la Force et d'Angoulême lui avoient donnés, faisoit avancer six mille hommes de pied et cinq cents chevaux du côté de Remiremont, pour priver les ennemis de la communication qu'ils avoient avec ceux de la Franche-Comté, et leur couper les vivres qu'ils en tiroient; ce qui fit résoudre messieurs les Généraux de passer l'armée de l'autre côté de Baccarat, d'où ils tiroient aussi leur principale subsistance, y ayant là de bonnes vallées qui leur portoient force commodités, du côté de Raon et de Saint-Dié. Quand ils furent placés à Baccarat, les Généraux envoyèrent saisir Radonviller et Blamont, et alloient attaquer Raon et Saint-Dié que les ennemis tenoient; mais arrivèrent en ce temps-là nouvelles que le Galas qui commandoit l'armée de l'Empereur et qui étoit passé deçà le Rhin^ avoit saisi les places de Spire, Landau , Gemersheim , et quelques autres qui étoient sous la garde du Duc Bernard de Weimar, et ensuite pris Worms et bloqué Mayence; ledit Duc Bernard s'étoit retiré avec son armée qui se trouva foible, du côté de Metz à Sarbruck, et avoit
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jeté dans la ville de Kaiserslauter douze ou quinze i^ss. cents hommes de son infanterie que le Galas vint assiéger; ils se défendirent fort bien un mois ou cinq semaines, pendant lequel temps le Duc Bernard pressa fort l'assistance qu'il attendoit de la France.
Sa Majesté faisoit lever une armée qu'elle envoya en diligence sur la frontière, et en donna le commandement au Cardinal de la Yallette qui étoit Gouverneur du pays Messin , lequel s'avança pour joindre ledit Duc Bernard à Sarbruck; mais déjà Kaiserslauter avoit été emporté, et ceux qui étoient dedans taillés en pièces; et delà les ennemis étoient venus attaquer la ville et le château de Deux- Ponts.
L'armée dudit Cardinal de la Valette étant jointe avec celle du Duc Bernard , elles passent la Saire et vont à celle de Galas qui se retire et laisse quelques canons qu'il avoit placés à Deux-Ponts, et qui furent pris; ils poussent plus avant, donnent jusqu'à Mayence, contraignent Galas de démordre, rafraîchissent la garnison, jettent quantité de vivres et de munitions dans la place, et tachent d'entreprendre sur Galas; mais il avoit tout le pays à sa dévotion et se tenoit si bien dans ses avantages, qu'ils n'en eurent guère de moyen.
1635. Les occasions les obligèrent de passer delà le Rhin; mais comme le pays étoit fort ruiné et que le pain de munition leur venoit de loin, la nécessité les obligea de songer à la retraite et se rapprocher du côté de Metz; Galas, qui prévoyoit cela, dispose ses affaires pour empêcher leur retraite, et fait avancer sur quelques passages douze ou quinze cents chevaux , lesquels ne s'en trouvèrent pas bien. On les chargea si rudement que tout cela fut mis en déroute, et pris douze ou treize pièces qu'ils menoient. Galas continuant son dessein, détache après eux cinq ou six mille chevaux qui les harcèlent incessamment, leur étantetdejouretdenuit toujours en croupe ; il s'y fit plusieurs combats où sans la bonne conduite des chefset leur bon ordre, même du Duc Bernard qui se trouva toujours à la retraite comme Prince fort généreux , ils couroient grande fortune d'être défaits. Ils y reçurent du désavantage , car ils y perdirent la plupart du bagage de l'artillerie et plusieurs soldats malades ; et aux derniers jours de leur retraite, il y eut un combat' fort rude auquel les François furent merveilles,
1 Ce cdrabateulieu le 27 de septembre; en Lorraine, dans un défilé entre Vaudrevange et Boulay, où Galas avec neuf mille chevaux était venu dresser une embuscade au Cardinal de la Valette et au Duc Bernard ; le Vicomte de Turenne et le comte de Guébriant s'y distinguèrent ; l'infanterio française s'y couvrit de gloire.