‹ Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, maréchal de France, et de ses deux fils, les marquis de Montpouillan et de Castelnaut, suivis de documents curieux et de correspondances inédites de Jeanne d'Albret, Henri III (volume 4)Chapitre 44 sur 106 · UVRE III, CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

UVRE III, CHAPITRE XXI

battirent les ennemis, emportèrent quatre ou cinq less. cornettes; mais par malheur il y fut tué trois François de mérite, le sieur de Mouy, lieutenant de la compagnie de gendarmes de monseigneur le Cardinal de Richelieu, le sieur de Queysac*, lieutenant de ses chevau-légers , et Londigny, cornette.

Cette retraite^ dura plusieurs jours, car les ennemis la poursuivirent jusque auprès de Metz , ce qui à la vérité apporta de l'effroi ; car l'on tenoit que Galas suivoit avec toute son armée, que l'on faisoit de quarante mille hommes, et qu'il donneroit jusque dans la France.

Cette affaire survint au même temps que le Duc d'Angoulême et le Maréchal de la Force étoient à Baccarat^ avec l'armée qu'ils commandoient ; ils s'étoient disposés à bien accommoder celle du

1 On trouve dans quelques historiens le sieur de Cahusac. On lit dans le Mercure François : « Le 10 octobre, le sieur de Biscarras, » Mestre de carap d'un régiment d'infanterie, frère du feu sieur de » Cahusac, étant allé saluer le Cardinal-Duc à Ruel, pour témoi- » gner l'affection qu'il portoit à son frère, il lui donna la charge qu'il » avoit de lieutenant de sa compagnie de chevau-légers. » {Mercure François, année 1633, tome XXI, page 37.)

2 Voir ( correspondatices, 30 septembre 163o ) une lettre du Cardinal de la Valette au Maréchal sur sa retraite et sur le succès qu'il obtint contre Gallas.

3 Voir [correspondances, 31 septembre 1635) une lettre du Maréchal à la Marquise de la Force.

1635 Duc de Lorraine, lequel étoit encore dans ses retranchements à Rambervillers, et ne faisoient point de dilTiculté qu'ils ne la fissent périr, car outre l'armée que le Roi faisoit marcher vers Remiremont, sa IMajesté s'éloit avancée elle-même jusqu'à Bar , et elle avoit encore une gaillarde armée que commandoit le Comte de Soissons , qui eut ordre d'aller attaquer Saint-Mihiel', où Laymon avoit mis huit ou neuf cents soldats; ils furent si vivement pressés que dans peu de jours ils se rendirent.

«octobre Lesdits Duc d'Anp;ouléme et IMaréchal de la Force, qui virent bien que ce changement survenu aux affaires par la retraite du Cardinal de la Valette et du Duc Bernard, ôteroit le moyen à sa Majesté de faire avancer vers Remiremont les

^ Le Mercure François, tome XXI, page 2i, dit que le Roi commanda au Maréchal de la Force d'aller assiéger cette place; Bury, dans son Ilisloire de Louis XIII, tome III, page 200, dit que le Maréchal de Force conduisit à ce siège les troupes qu'il commandoit ; Ray de Saint-Geniés, dans Vllistoire militaire de Louis XIII, tome II, page 28, affirme que la Force y fit deux grandes brèches qui obligèrent Lenoncourt à se rendre. Voilà comme on écrit l'histoire et comme les erreurs se propagent en se grossissant! Il est certain que le Maréchal de la Force, pendant que le Comte de Soissons assiégeait Saint-Mihiel, demeura à observer le Duc Charles dans son camp retranché de Rambervillers. Voir {correspondances, 22 et 29 septembre 1633) deux lettres de Bouthillier dans lesquelles il donne à M. de la Force des nouvelles du siège.

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troupes qu'elle leur avoit mandées; d'ailleurs que isss. sa Majesté étant elle-même si avancée vers la Moselle, il étoit raisonnable de s'approcher d'elle pour appuyer ce qui seroit de ses desseins et recevoir ses commandements; en cette occurrence, ils s'en vinrent reprendre leur campement à Lunéville, où étant, sa !Majesté qui avoit mandé le Cardinal de la Valette , lequel s'étoit retiré à Metz, le renvoya avec un renfort de deux mille hommes de pied, François, de cinq mille Suisses et deux mille chevaux. Et auxdits Duc d'Angouléme et Maréchal de la Force elle leur envoya trois mille chevaux, dont il y en avoit de la Noblesse de l'arriére-ban , bien douze cents conduits par monsieur de la Meilleraye ', grand Maître de l'artillerie ; monsieur le Duc de Saint-Simon ^ y vint aussi ; outre ce, deux mille chevaux de compagnies réglées, quatre mille hom-

1 Charles de la Porte sieur de la Meilleraye, petit-fils d'un apothicaire deParthenay, brave officier, habile surtout aux sièges. Il fut nommé Jlaréchal de France sur la brèche d'Hesdin : la faveur de Richelieu , dont il était cousin germain , le fit nommer Duc et Pair.

2 Claude le Borgne de Rouvroy Duc de Saint-Simon, succéda à Barradas dans la faveur de Louis XIII ; c'est le père de l'auteur des Mémoires. On retrouve dans plusieurs des lettres qu'il écrivit au Maréchal de la Force l'esprit piquant de son fils. Éloigné de la Cour, il se retira dans son Gouvernement de Blaye, où il employa utilement son temps à dessécher et à fertiliser les vastes marais qui portent encore aujourd'hui son nom.

J635. mes de pied, dont il y en avoit douze cents des Gardes de sa Majesté. Ce fut un grand renfort à ces deux armées; les chefs prirent résolution de conférer ensemble, et pour cet effet se rendirent tous à Nancy, où fut là d('?libéré de joindre les deux armées; aussi avoient-ils avis que celle du Duc de Lorraine marchoit vers celle de Galas pour se joindre.

Chacun retourne à son quartier pour préparer toutes choses et pourvoir à leur subsistance afin de marcher vers les ennemis, ce qui se fit deux jours après. L'armée du Duc d'Angouléme et du Maréchal de la Force s'avança d'une journée plus tôt. A leur second logement, ils eurent avis que les deux armées ennemies étoient jointes et venoient droit à eux, n'en étant pas éloignés d'une lieue; ils avertirent tous leurs quartiers qui étoient proches ; le Duc Bernard s'étoit aussi avancé avec sa cavalerie; ils prennent tous leur champ de bataille, se mettent en bon ordre , placent l'artillerie comme il falloit. L'armée demeura bien deux ou trois heures en cet état, qu'il faisoit très-bon voir; les partis qu'ils avoient envoyés à la guerre pour prendre langue des ennemis, leur font rapport que ce n'étoit que quelques partis de douze ou quinze cents chevaux que les ennemis avoient fait avancer, ce

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