‹ Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, maréchal de France, et de ses deux fils, les marquis de Montpouillan et de Castelnaut, suivis de documents curieux et de correspondances inédites de Jeanne d'Albret, Henri III (volume 4)Chapitre 55 sur 106 · LIVRE m, CHAPITRE XXIH · texte numérisé non relu

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tillerie, les munitions et tout le bagage des armées, less. ce qui étoit les faire périr, comme si on avoit perdu une bataille.

Ainsi, après avoir bien examiné toutes choses, il fut jugé de tous qu'il n'y avoit point d'apparence d'entreprendre cela; aussi ceux qui étoient dans ledit fort, que l'on appeloit le fort du Bac, se rendirent par capitulation dés le lendemain; dés lors il se fallut résoudre à la retraite, l'armée ne faisoit plus que se ruiner. Le Maréchal de Châtillon prie le Maréchal de la Force de vouloir que l'on s'assemblât avec les principaux Officiers de l'armée, afin de délibérer sur ce qui étoit à faire, à quoi il acquiesça volontiers. Ayant pris heure poi^f cela, le Conseil de guerre s'étant assemblé, ledit Maréchal de Châtillon représenta les malheurs qu'il avoit reçus en ce siége, dont le plus considérable étoit l'accident survenu par le dessein que le Prince d'Orange ' avoit sur Anvers, où il avoit fait perte de beaucoup d'hommes; que l'on avoit toujours fait état que ce dessein feroit une si puissante diversion de ce côté-là, qu'il pourroit avec facilité exécuter celui

» Frédéric-Henri de Nassau, troisième Stathouder et fils de Guillaume fondateur de la République des États de Hollande. Il avait commencé par s'emparer du fort de Calloo, mais après deux combats livrés les 18 et 21 juin, les Hollandais furent obligés de se retirer. III. li

1638. qu'il avoit sur Saint-Omer; qu'au siège qu'il avoit mis devant, les ennemis étoient venus si forts sur lui, et que cette grande enceinte de marais lui avoit ôté le moyen de bien assurer sa circonvallation ; que les ennemis s'étant rendus maîtres du côté de delà, ils avoient maintenant la communication libre dans la ville, et qu'ainsi il ne voyoit plus le moyen de faire réussir cette entreprise; désirant néanmoins de s'y conduire ainsi qu'il seroit jugé pour le mieux, il prioit le Maréchal de la Force de lui en donner son bon avis.

Le Maréchal de la Force répondit au Maréchal de Chàtillon, qu'il étoit là avec l'armée que sa Majesté lui avoit baillée pour appuyer son dessein et lui rendre* toute l'assistance qui lui seroit possible; qu'il savoit bien comme sa IMajesté lui avoit ordonné de ne point s'engager au siège; ainsi que pour ce regard, il s'en remettoit à lui ; néanmoins que puisque monsieur de Chàtillon en désiroit son avis, il lui disoit librement qu'il n'y avoit point a'apparence de continuer un siège contre une ville où une armée ennemie étoit arrivée, aussi forte que es leurs, ayant tout un côté à leur dévotion ; que puisque les choses étoient en cet état, qu'il étoit plus avantageux au service du Roi de ménager ses armées et de les ôter de là, où elles pàlissoient beau-

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